#TBT : Key the metal idol

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Une machine peut-elle réussir dans le marché de la pop-music? Il y a un quart de siècle, Key the metal idol abordait la question… bien avant l’apparition de Hatsune Miku !

Dans la campagne japonaise, dans la vallée de Mamio, la jeune Tokiko Mima est persuadée de ne pas être humaine. A cause de sa peau pâle, à cause de ses camarades de classe qui la harcèlent en la surnommant « Robot Key », et à cause du métier de son grand-père, expert renommé en androïdes. Quand ce dernier décède, il lui laisse un testament sur une K7 audio : si Key parvient à se créer 30 000 amis, elle deviendra humaine ! Puisqu’il est impossible de relever le défi dans son petit village, elle part alors pour Tokyo. Avec l’aide de son amie d’enfance Sakura, Kei fait ses premiers pas dans l’industrie musicale des idols, le moyen le plus rapide de conquérir le cœur de milliers de personnes. Le plus rapide, mais pas forcément le plus facile, d’autant plus que Jinsaku Ajo, magnat de la robotique militaire et des chanteuses en culotte courte, va tout faire pour l’en empêcher…

Ce résumé, pourtant dense, ne couvre à peine que les deux premiers épisodes de Key, the metal idol ! Alors que son intrigue se complexifie et que de nouveaux personnages apparaissent, la série d’OAV multiplie les problématiques liées à son époque (les années 90, qui marquent le boom des idols au Japon), notamment la domination masculine sur des chanteuses jetables pressées comme des citrons, ainsi que des questionnements philosophiques métaphoriques qui résonnent en écho avec le Ghost in the Shell de Mamoru Oshii. On retiendra ainsi la symétrie entre Key, androïde (mais l’est-elle vraiment ?) cherchant à devenir humaine et Jinsaku Ajo, humain rêvant de se transformer en robot….

Débutée le 16 décembre 1994, la série de 13 OAV produite au Studio Pierrot se distingue rapidement par son ton nihiliste et mélancolique, son rythme lent et contemplatif, et son héroïne inexpressive et morne qui préfigure Serial Experiments Lain. Rattrapée par la densité de ses thématiques, Key the metal idol se conclut par deux épisodes au format film (90 minutes chacun), confiés au réalisateur Shigeru Ueda (Tales of Eternia, Elemental Gerad), qui aura porté le projet aux côtés de Hiroaki Sato (Yoshimune). Vingt-cinq ans plus tard, bien que Key the metal idol accuse parfois son âge et souffre de sa lenteur face à notre époque frénétique, la série reste d’une pertinence rare quant aux thématiques qu’elle aborde. On se prend même à rêver d’un reboot ou remake, qui intégrerait les évolutions technologiques et notamment le poids des réseaux sociaux sur notre société, le parcours de Key présageant dès 1994 la course aux like sur Instagram.

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon

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