[Test Jeu Vidéo] Dragon Quest VII Reimagined : le remake ambitieux du jeu culte de la saga

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Dragon Quest VII Reimagined est le deuxième remake du titre Dragon Quest VII : La quête des vestiges du monde, titre PlayStation sorti au Japon et en Amérique du Nord en 2000. Une version 3DS paraît en 2016, cette fois-ci disponible en Europe. Présentée comme LA saga de légende du JRPG au tour par tour depuis son premier opus en 1986, Dragon Quest s’est écoulée à plus de 91 millions d’exemplaires dans le monde. À désormais 40 ans, la licence marque le coup en offrant à ses fans et aux curieux la version ultime de Dragon Quest VII : plus courte (ce qui n’est pas forcément une qualité), plus belle et plus aboutie que le soft d’origine. Après avoir passé plus de 50 heures dessus (et avoir accédé au post-game), l’équipe d’AnimeLand peut enfin livrer son verdict sur le soft développé par HexaDrive et publié par Square Enix sur Switch, Switch 2, PlayStation 5, Xbox Series X/S et PC depuis le 5 février.

Bien que le jeu original fut développé par l’équipe aux commandes de Dragon Quest depuis ses débuts (Yûji Horii au game design, Akira Toriyama pour le chara-design et Koichi Sugiyama au sound design notamment), Dragon Quest VII Reimagined est produit par Takeshi Ichikawa, celui-ci ayant déjà collaboré sur d’autres opus précédent de la franchise Dragon Quest en étant crédité au staff de Dragon Quest III 2D-HD Remake, Dragon Quest XI S et Dragon Quest Builders 2. Dragon Quest VII Reimagined prend place à Melyor, une petite île perdue au milieu de l’océan. C’est là qu’on y incarne le Héros, fils d’un pêcheur ayant pour vocation de suivre cette voie. Il est accompagné de Maribel, son amie d’enfance, fille du maire de la baie d’Alevin et Killyan, le prince héritier du royaume de Melyor. Ces 3 personnages ont soif d’aventures, c’est pourquoi leur destin et celui de leur monde va être bouleversé lorsque Killyan découvre le Sanctuaire des Mystères. Ces ruines abritent des piédestaux prêts à tenir des fragments de tablettes, permettant de voyager vers un monde disparu en en allant dans le passé. Chaque voyage est le théâtre de tragédie locales et de conflits personnels qu’il faudra résoudre pour restaurer ce monde dans le présent. Une fois les problématiques d’un monde résolues, celui-ci réintègre le monde au présent et les différentes îles (et royaumes) ont désormais connaissance de l’existence d’un monde plus vaste. Chaque voyage nécessite donc de récupérer les fragments de tablette qu’il faudra assembler afin de migrer plus tard dans un nouveau monde et une nouvelle époque. Si, au départ, le trio ne fait pas l’éloge de leurs aventures, leur quête devient rapidement connue des différents royaumes et la responsabilité du monde pèse désormais sur leurs épaules.

Au cours de l’aventure, l’équipe intégrera Raph, un garçon autrefois loup; Zora, la danseuse élue du camp des Pérégrins dans le présent, et Sieur Gauvain, un chevalier vétéran légendaire ayant déjà combattu auprès du Tout-Puissant. Bien que les intrigues n’aient pas nécessairement de corrélations les unes envers les autres, celles-ci se ficellent petit à petit autour d’un antagoniste commun. Si via toutes ces histoires Dragon Quest VII original voyait se quête principale se dérouler sur plus d’une centaine d’heures, ce qui en fait l’un des JRPG mainstream les plus long à finir, Dragon Quest VII Reimagined voit bon nombre de ses chapitres être coupés ou raccourcis, tandis que des éléments scénaristiques nouveaux font leur apparition. Finalement, l’histoire ne souffre pas de ces modifications, il est même plus facile de suivre l’évolution du scénario ainsi.

« Je suis Takeshi Ichikawa, producteur de DRAGON QUEST VII Reimagined. Merci de prendre le temps d’y jouer ! Ce jeu est une refonte intégrale du titre original, sorti en 2000, repensé pour l’ère moderne. Nous avons tout repris de zéro en nous focalisant sur la présentation visuelle, le scénario et les systèmes de combat. Nous avons conçu un jeu capable de satisfaire à la fois ceux qui découvriront la série DRAGON QUEST et ceux ayant déjà joué à DRAGON QUEST VII. Nous espérons que vos tests présenteront les qualités de ce jeu à de nombreuses personnes. Nous vous remercions pour votre soutien. »

 

Le gameplay : fragments du passé, stratégie du présent

Les combats  se font comme à l’accoutumé dans la saga Dragon Quest au tour par tour, avec 4 personnages jouables (et visibles). Parfois, un personnage se joint à vous en soutien en combat (il est dirigé par IA), le temps d’une quête. Tous les personnages ont la capacité d’apprendre deux Vocations simultanément (telles que Guerrier, Prêtre, Mage, etc.) de manière interchangeable. Une fois certaines Vocations acquises, il est possible d’évoluer avec des vocations Intermédiaires et ensuite Avancées. L’objectif ultime pour le Héros est d’acquérir la compétence la plus avancée afin d’avoir un équilibre efficace entre attaque, défense et magie. Ce système arrive toutefois assez tard dans l’histoire principale ; c’est une récompense tardive qui empêche un peu de profiter rapidement des combats dynamiques et tactiques possible en combinant à sa guise les vocations. Elles évoluent avec le système d’expériences des combats. Il y a également de manière aléatoire le moment où un des personnages “sort de ses gonds” : il s’agit d’utiliser une capacité sous forme de “transe” lier à la vocation qui permet d’utiliser différents buff ou attaque (Bouclier pour tous, Attaque qui augmente, possibilité de jouer deux tours d’affilé) Dans le Dragon Quest VII original, les joueurs pouvaient collecter des Cœurs de Monstres et les utiliser pour transformer leurs personnages en monstres, débloquant ainsi des arbres de compétences uniques. Dragon Quest VII Reimagined remplace entièrement ce système : Les Cœurs de Monstres fonctionnent désormais comme des accessoires “équipables”, obtenus en vainquant de puissants monstres. Ces cœurs confèrent des capacités passives, des bonus de statistiques et des effets spéciaux, au lieu de constituer de véritables vocations.

Le baromètre de difficulté est grandement paramétrable, mais le jeu en mode normal risque rapidement de décevoir les joueurs aguerris ou en quête de challenge; hormis la dernière ligne droite et le post-game, la difficulté n’en est pas vraiment une et le jeu peut devenir assez monotone. Durant les phases d’exploration, le scénario est découpé en plusieurs petites histoires indépendantes les unes des autres. Alternant entre passé et présent, il faut chercher des fragments de tablettes afin de reconstituer une tablette entière, puis voyager dans ce monde à son époque, résoudre la problématique que rencontrent les habitants de ce monde, revenir au présent afin de voir ce monde émergé et recommencer. Si les histoires sont très différentes à chaque fois et plutôt agréables à suivre, le mécanisme est systématiquement le même et peut parfois être redondant. Les déplacements se font par bateau entre les différentes îles ou par autres objets volants (sans oublier la téléportation) afin de faciliter les déplacements, heureusement ! Les ennemis se voient sur la carte et si l’un est moins puissant que l’équipe, celui-ci n’engagera pas le combat (il va même fuir !). Il est possible de récupérer des points d’XP en lui donnant un simple coup d’épée hors combat.

Sans contestation possible, la version Reimagined apporte des éléments de confort et de visibilité : les menus sont modernisés, des raccourcis sont disponibles pour se soigner ou accéder à l’équipement, et la map affiche régulièrement où est ce que le joueur doit se rendre (indiquant même à qui parler) pour avancer dans l’intrigue. Ainsi, le joueur n’est jamais perdu ! Cela retire un peu de piment à l’exploration mais cela évite de tourner en rond. Par ce confort et cette accessibilité claire, Dragon Quest VII Reimagined se présente comme une portée d’entrée idéale à Dragon Quest ou au genre du JRPG.

Univers en diorama et symphonie

Dragon Quest VII Reimagined transforme l’univers du jeu en véritable diorama où chaque paysage semble miniature mais incroyablement détaillée, soulignés par des jeux de lumières chaleureux qui évoque parfois ce qui a pu être fait sur le long-métrage Dragon Quest : Your Story. Les témoignages du producteur Takeshi Ichikawa soulignent l’importance donnée aux textures, couleurs et animations. La vue aérienne permet une sensation de profondeur et de volume dans un espace décoré avec soin. Les design des personnages et de monstre sont signés comme à l’origine par Akira Toriyama, toutefois, pour cet opus, les équipes en charge des chara design ont dans un premier temps créés des statuettes en bois qu’ils ont photographiés et modélisés pour obtenir ce rendu si unique tout en gardant le côté cartoon symbolique à Dragon Quest.. Ce soucis du détail apporté aux graphismes constitue selon nous l’un des points forts de ce jeu et une bonne raison de s’essayer au remake.

L’intégralité des personnages sont doublés lors des combats, des scènes clés et des cinématiques. Les dialogues paraissent plus réalistes que dans les 2 précédentes versions avec des intonations naturelles et des voix distinctes pour chaque personnage, dont le doublage japonais est exceptionnel : Mamoru Miyano (Light Yagami), Aoi Yuuki (Diane dans Seven Deadly Sins), Mutsuri Tamura (Mizu dans Blue eyes Samurai), Shigeru Chiba (Kuwabara dans YuYu Hakusho) et Asami Imai (Kurisu Makise dans Steins;Gate). L’équipe de localisation a également profité de cette occasion pour donner aux personnages des accents régionaux plus marqués grâce à leur doublage. Par exemple, certains personnages ont des accents italiens ou allemands selon l’île sur laquelle ils vivent. Cette localisation poussée peut toutefois créer des décalages avec le travail d’origine. Côté OST, la musique, signée par l’inévitable Koichi Sugiyama, a été entièrement réorchestrée. Les thèmes classiques de la saga retrouvent leur force mélodique et s’adaptent à chaque environnement : ambiances légères et contemplatives sur les îles, tension dans les donjons ou les affrontements. L’alternance entre passé et présent est également mise en valeur par des variations subtiles dans les arrangements.

Une aventure culte (beaucoup) plus accessible

S’il s’agit du 2ème remake de Dragon Quest VII (vendu près d’un demi-million d’exemplaire en première semaine), celui-ci est totalement remis au goût du jour afin d’être moderne et de permettre à plus de joueurs de découvrir la saga. Les changements scénaristiques permettent de prendre en main un jeu avec des plots twist inattendus, même pour les fans les plus aguerris. Les découpages de scénario permettent de courtes comme de longues sessions de jeux, idéales pour la Nintendo Switch ou Nintendo Switch 2, support sur lequel nous avons effectué le jeu pour le test. Ainsi, Dragon Quest VII Reimagined est le jeu idéal pour faire découvrir la saga ou le genre de JRPG, mais la simplicité des mécanismes peut rendre le jeu plutôt répétitif aux yeux de certains. Il s’agit toutefois d’un remake très réussi et soigné pour l’un des titres les plus mélancoliques et les plus appréciés d’une saga désormais vieille de 40 ans !

Les plus :

+ Une aventure modernisée accessibles à tout type de joueurs
+ L’exploration à travers le monde et les époques
+ Un univers immersif et détaillé dans un style diorama
+ Histoire et personnages touchants

Les moins :

– Difficulté mal dosée
– Système de vocation tardif
– Redondance des mécaniques

Graphismes : ★★★★★
Jouabilité : ★★★★★
Durée de vie : ★★★☆☆
Gameplay : ★★★★☆
Note globale : ★★★☆☆

Verdict 

S’il s’agit du 2ème remake de Dragon Quest VII (vendu près d’un demi-million d’exemplaire en première semaine), celui-ci est totalement remis au goût du jour afin d’être moderne et de permettre à plus de joueurs de découvrir la saga. Les changements scénaristiques permettent de prendre en main un jeu avec des plots twist inattendus, même pour les fans les plus aguerris de la saga. Les découpages de scénario permettent de courtes comme de longues sessions de jeux, idéales pour la Nintendo Switch ou Nintendo Switch 2, support sur lequel nous avons effectué le jeu pour le test. Dragon Quest VII Reimagined est le jeu idéal pour faire découvrir la saga ou le genre de JRPG, mais la simplicité notamment liée à la difficulté des combats peut rendre le jeu plutôt répétitif aux yeux de certains. Il s’agit toutefois d’un remake très réussi pour l’un des titres les plus mélancoliques et les plus appréciés de la saga désormais vieille de 40 ans !

Test et rédaction par Sariapika via l’agence Lu61

Ⓒ ARMOR PROJECT/BIRD STUDIO/SQUARE ENIX
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A propos de l'auteur

Bruno

Défendre les couleurs d'AnimeLand était un rêve. Il ne me reste plus qu'à rencontrer Hiroaki Samura et je pourrai partir tranquille.