Octopath Traveler 0 est le 3ème jeu de la saga développé et édité par Square Enix, débarqué en fin d’année 2025. Le temps pour AnimeLand de passer plus de 70 heures de jeu sur ce dernier né afin de tranquillement le digérer ! Le premier titre, sorti dans le monde entier en 2018, est un succès phénoménal, la franchise entière est vendue à 6 millions d’exemplaires. Le jeu se distingue par un style HD-2D qui le présente comme étant le pionnier avec ce genre d’approche. Ce style reprend les caractéristiques des JRPG, avec des personnages en pixel art façon années 1990 couplé à un environnement modélisé en 3D, ajoutant de la profondeur au jeu pour le rendre extrêmement beau. Fort de ce succès, une suite appelée sobrement Octopath Traveler 2 sort en 2023, mais n’a pas le succès de son prédécesseur. Cet opus reprend un bon nombre des mécaniques du premier en y ajoutant des actions réalisables de jour comme de nuit, et un système de “Limit Break” rappelant la saga Final Fantasy. Octopath Traveler 0 est donc un préquel de la saga, qui s’avère être un portage de Octopath Traveler Champions of the Continent, un jeu mobile gacha sorti en 2020 puis mondialement en 2022. Le jeu se fera pourtant rapidement oublier, chose malheureusement commune pour les adaptations mobiles de JRPG. Square Enix retente le coup en sortant le jeu complet sur Switch, Switch 2, PS4, PS5 et PC, dont la localisation en Europe est curieusement absente. À ce titre, et malgré notre demande, aucune justification n’est avancée pour tenter d’expliquer ce drôle de choix…

Premier jeu dirigé par Yasuhiro Kidera (déjà concerné par les précédentes itérations de la saga) Octopath Traveler 0 se veut vraiment beaucoup plus sombre que les autres opus. Tout commence dans le paisible village de Wishvale, dans le pays d’Orsterra. Là, vous créez votre personnage, avec des options que l’on a trouvé malheureusement plutôt limitées, malgré le choix des voix et de votre plat préféré ! Quoiqu’il en soit, votre personnage est un nouveau membre de surveillance de la ville et passe des jours heureux avec ses amis d’enfance Stia et Phenn. Tous ensemble ils aident leur amie prêtresse Laurana afin de lui procurer la “pierre de flamme azur” (la traduction est faite maison dû à l’absence de langue française). Le village abrite une bague mystérieuse, convoitée par les 3 premiers antagonistes du jeu : Herminia, Tytos et Auguste.

L’histoire d’une vengeance et le souhait de se reconstruire
Ce trio organise l’attaque du village, les “ailes écarlates” – l’armée de Tytos – et mettent le village à feu et à sang. De nombreux villageois meurent et certains parviennent à s’enfuir, mais la cité est en ruine. Le protagoniste et Stia parviennent à s’échapper ensemble et sont pris sous l’aile d’un étrange érudit nommé Nomos. Quelques années plus tard, et après un entraînement où on choisit le premier job du protagoniste (ce choix est modifiable à partir d’un certain niveau et il est donc possible d’effectuer tous les jobs), le protagoniste et Stia décident chacun de se venger des auteurs du massacre et de reconstruire Wishvale, en retrouvant les villageois qui ont réussis à s’enfuir. C’est donc le premier chapitre de l’histoire, il faut abattre Herminia, la “Maîtresse de la Richesse”, Tytos, le “Maître du Pouvoir” et Auguste, le “Maître de la Renommée” (les traductions sont toujours faites par nos soins). Ces missions ne seront pas sans risque, de nombreux personnages qui aideront à parvenir à ces buts perdront la vie ! Mais une fois cela terminé, sachez que le jeu n’est absolument pas fini, d’autres antagonistes avec des desseins encore plus terribles croiseront votre route.
Aussi, en parallèle de tout ça, on aide notre amie Stia à rebâtir Wishvale, en reconstruisant brique par brique les bâtiments en ruine. Ce management façon Sim est plutôt minimaliste, on y replace des maisons, des lieux d’espace commun, de la décoration, et il est possible de changer les façades des bâtiments en fonction des différents lieux qui ont été visités. Malheureusement, cela est assez peu élaboré tant il y avait la possibilité de faire un city building conséquent mais ce chapitre ne développe que très peu les interactions entre les personnages, laissant paraître que la construction passe au second plan contrairement à la vengeance du protagoniste. Aussi, on déplore l’absence de romance dans cet opus, chose qui aurait pu être totalement possible avec la création d’un personnage sur mesure et les multiples compagnons avec qui on partage l’aventure.
Le gameplay : 8 personnages et des capacités unique
Contrairement aux autres opus, l’équipe est composée de 8 personnages, 4 en première ligne et 4 en arrière qui eux ne subissent aucun dégât, qu’il est possible d’intervertir à chaque tour. L’équipe peut être organisée à sa guise parmi les 36 personnages jouables. Certains arrivent au cours de l’histoire principale, d’autres par le biais de quêtes annexes, et ils possèdent la capacité de manier 2 armes et parfois quelques sorts tels que le feu, la glace etc. Les combats se font au tour par tour. L’intégralité des personnages ont des niveaux spécifiques à leur job et chaque progression leur fera apprendre des nouvelles compétences.


Le protagoniste, qui est également le “Porteur de l’Anneau”, un pouvoir très spécifique que les antagonistes méprisent, peut utiliser des capacités qui sont extrêmement puissantes et qu’on collecte au long de l’aventure. Les autres personnages jouables possèdent également leur propre capacité lorsqu’ils montent en compétences. Les personnages peuvent aussi apprendre des capacités qu’on leur donne, et apprendre celles d’autres personnages. Voilà de quoi constituer des équipes avec un build très complet et très complexe !
En plus de tout cela, à chaque tour, des points de boost sont accordés à chaque personnage, permettant de réaliser de multiples attaques et venir à bout des ennemis. Ces derniers possèdent des “boucliers” à briser en touchant leurs points faibles (la foudre, la glace etc). Une fois ces boucliers brisés, l’ennemi est assommé pendant un tour et les dégâts infligés sont plus importants. Il faut donc en profiter pour savamment placer ces moments de “break” et asséner vos attaques les plus dévastatrices.
En dehors des combats, le continent n’est pas extraordinairement grand contrairement aux autres opus. Les villes sont néanmoins plus grandes et abritent des lieux où les combats sont possibles. Il est possible d’interagir de plusieurs façons avec les habitants : on peut leur demander d’en savoir plus sur leur identité, de leur demander de donner des objets qu’ils possèdent, de leur acheter en négociant le prix, de leur proposer d’aider en combat temporairement en les payant ou les combattant ou même de les inviter à rejoindre Wishvale ! Les habitants possèdent des niveaux également et donc les tâches précédentes peuvent être effectuées avec plus ou moins de difficulté en fonction de leur niveau. Les compétences de Richesse, Pouvoir et Renommé du protagoniste sont également pris en compte, ceux-ci augmentant en fonction de l’aventure.

On déplore toutefois l’absence d’interaction entre les personnages jouables. Il est coutume dans les JPRG d’avoir une cohésion dans l’équipe qui permettent d’avoir la sensation de faire partie du groupe, dans Octopath Traveler 0 c’est extrêmement sommaire. En dehors de quelques dialogues à la taverne de Wishvale, les personnages n’ont rien à partager. Octopath Traveler 0 est un JRPG avec un gameplay toutefois grisant et qui ravira les amateurs de ce type de jeu, mais quelqu’un découvrant les JRPG avec cet opus risque rapidement d’être perdu.
Le graphisme et les OST : la cerise sur le gâteau
Comme dit précédemment dans ce test, Octopath Traveler 0 a un style en HD-2D absolument magnifique. Les différents témoignages du staff dégagent une information importante : l’idée centrale des graphismes est de jouer entre la nostalgie et la modernité. Si les sprites des personnages et certaines textures sont en pixel art, les décors, les effets de lumière, les ombres, la profondeur de champ sont quant à eux produits par Unreal Engine 4 pour intégrer ces éléments 3D dans un espace cohérent. Que l’on apprécie ou non ce style, il est honnête de reconnaître que le travail abouti est de grande qualité.
Autre point fort du jeu, il est presque entièrement doublé (seuls les PNJ des villes ne le sont pas), et le doublage japonais est excellent ! Notez plutôt le casting : Shoko Sagata (Aki dans Chainsaw Man), Yohei Azakami (Ron Kamonohashi dans la série éponyme), Ken’ichi Suzumura (Mikoshiba Momotarô dans Free!), Kana Ichinose (Fern dans Frieren), Fairouz Ai (Jolyne dans JoJo’s Bizarre Adventure) ou encore Tomori Kusunoki (Makima dans Chainsaw Man). Le protagoniste ne parle pas particulièrement lors des dialogues avec d’autres personnages, et il n’y a pas de bulle de dialogue, cela est probablement dû au fait que le personnage est censé nous représenter, mais on l’entend toutefois lorsqu’il lance des sorts. Enfin, le jeu propose encore de très belles illustrations signées Kenta Kamada, l’artiste principal derrière Octopath Traveler 0.

Concernant l’OST, le compositeur, Yasunori Nishiki (Granblue Fantasy The Animation) explique dans un mini-documentaire diffusé par Square Enix qu’il ne compose pas seulement des musiques d’ambiance, mais des morceaux qui racontent l’histoire émotionnelle du jeu. Celle-ci doit accompagner les moments forts : l’exploration, les combats, la progression, le climax narratif, etc. L’OST comporte 105 pistes, et sont presque parfaitement orchestrées. Il se trouve qu’il a travaillé avec les équipes gérant le scénario afin que les musiques soient cohérentes avec l’histoire. Le souhait de Nishiki est de marquer le joueur, pour renforcer l’impact des scènes clés du jeu. L’OST d’Octopath Traveler est déjà reconnue comme étant un formidable travail de composition et Octopath Traveler 0 n’échappe pas à cette règle. Selon notre équipe, l’OST est véritablement l’un des points forts du jeu.

Le verdict : Une histoire passionnante, mais peut être trop longue ?
Les tournants tragiques que prennent l’aventure laissent sous le choc de par sa cruauté, la saga Octopath Traveler n’avait jamais été aussi loin. À force, on s’attends à ce qu’un personnage meurt, ou qu’un désastre arrive. Cela peut rebuter certains joueurs, mais toute la mise en scène accompagnée de la musique en fait un voyage que l’on n’oublie pas. Les différentes quêtes principales sont toutefois très longues, il faut s’armer de patience pour avancer. Nous déplorons également l’absence de localisation européenne, Square Enix étant le développeur et éditeur du jeu, la saga Octopath Traveler n’ayant plus ses preuves à faire, il est difficile de justifier ou d’excuser l’absence de VF. Malgré cela, toutes les qualités de ce titre en font un des meilleurs JRPG de l’année 2025, un titre qui a clôturé l’année en beauté.
Les plus :
- La variété du gameplay
- Une histoire singulière
- Le doublage et les OST
- Les graphismes en HD-2D encore très réussis
Les moins :
- Le jeu est finissable en une centaine d’heures, c’est plutôt long
- Le manque d’interactions entre les personnages jouables
- Formule JRPG très spécifique donc il faut être adepte du genre
- L’absence de version française
Graphismes : ★★★★★
Jouabilité : ★★★★☆
Durée de vie : ★★★★☆
Gameplay : ★★★★★
Note globale : ★★★★☆
Verdict :
Les tournants tragiques que prennent l’aventure laissent sous le choc de par sa cruauté, la saga Octopath Traveler n’avait jamais été aussi loin. À force, on s’attends à ce qu’un personnage meurt, ou qu’un désastre arrive. Cela peut rebuter certains joueurs, mais toute la mise en scène accompagnée de la musique en fait un voyage que l’on n’oublie pas. Les différentes quêtes principales sont toutefois très longues, il faut s’armer de patience pour avancer. Nous déplorons également l’absence de localisation européenne, Square Enix étant le développeur et éditeur du jeu, la saga Octopath Traveler n’ayant plus ses preuves à faire, il est difficile de justifier ou d’excuser l’absence de VF. Malgré cela, toutes les qualités de ce titre en font un des meilleurs JRPG de l’année 2025, un titre qui a clôturé l’année en beauté.
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