C’est une bien triste histoire qui touche l’industrie du manga. La maison d’édition Shôgakukan est en pleine tempête après que la presse ait dévoilé qu’un éditeur de son service Manga ONE soit impliqué dans une tentative présumée de faire taire une victime d’abus sexuels perpétrés par un auteur sous contrat.
Shoichi Yamamoto est l’auteur en question. D’après les premières informations données (et une action civile), le mangaka aurait manipulé et abusé sexuellement une étudiante pendant plusieurs années, à partir de 2016, alors qu’elle avait 15 ans. Au moment des faits, Kazuaki Kurita était un professeur de dessin au lycée mais aussi un auteur du manga Daten Sakusen (sous le nom de Shoiichi Yamamoto) alors en cours de parution sur Manga ONE.
Ce n’était pas le premier démêlé judiciaire de l’auteur de son vrai nom Kazuaki Kurita. En février 2020, il avait été condamné à une amende de 300 000 yens pour création et possession de matériel pédopornographique. La publication de Daten Sakusen a ensuite été interrompue par Shôgakukan en 2022, en raison de « problèmes personnels » impliquant l’auteur.
Mais le problème serait encore plus grave (si cela peut l’être), car il est révélé qu’un éditeur de MangaONE, vraisemblablement Takuya Narita si l’on en croit les premières fuites, aurait servi de médiateur entre Kurita et sa victime en mai 2021. Selon les médias japonais, le rédacteur en chef a rejoint une conversation de groupe LINE avec les deux parties et a proposé la création d’un accord notarié : « Le document proposé prévoyait le versement à la victime de 1,5 million de yens en échange de son engagement à ne pas divulguer publiquement l’agression et à retirer son recours contre la reprise de la publication du manga de Kurita. La victime a refusé l’offre et a poursuivi sa procédure civile. » MangaONE a ensuite commencé à publier une nouvelle série, Jojin Kamen (visuel d’ouverture), de Yamamoto mais sous le pseudonyme d’Ichiro Hajime.

Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire.