Je sors du cinéma, et j’en sors plutôt ravi ! 😀
Attention chérie, ça NE va PAS spoiler !!
Donc, j’ai vu Suicide Squad, un film que j’attendais comme ce qu’il promettait d’être, un blockuster estival drôle et bourré d’action, avec ce qu’il faut de dose de sérieux, et le tout lancé au bon moment, avec le bon tempo (le contraire d’un Age of Ultron, en gros). Et le résultat est… exactement ce qu’il promettait !
L’histoire est plutôt simple, comme le résume Rick Flagg dans le film (et les bandes-annonces) : il s’agit d’utiliser des super-vilains dans une brigade spéciale, la Task Force X, ou Suicide Squad, comme l’évoque Deadshot, pour affronter des menaces surnaturelles, le cas échéant ils seront facilement remplaçables.
Je n’irai pas plus loin pour l’histoire, parce que même les bandes-annonces ne dévoilent jamais qui est vraiment le big bad du film, et c’est même difficile de parler du film sans aller jusqu’à gâcher les révélations offertes ici.
Parlons alors des personnages. Tous les membres (ou presque) de l’Escadron Suicide sont présentés brièvement par Amanda Waller dans la première partie du film, au cours de scènes assez réussies. Mention spéciale à Deadshot et Harley Quinn, évidemment plus mis en avant que leurs collègues. Tous ne s’excusent jamais d’être des enflures mais ils gardent en eux quelque chose de brisé, auquel on se raccroche. Deadshot est un père, Harley une amoureuse transi, Captain Boomerang est un alcoolo plutôt débonnaire, Killer Croc une bête de foire forcée de vivre dans les égouts et El Diablo un chef de gang dévasté, sur la voie de la rédemption.
Rajoutez à cette équipe un Rick Flagg qui n’apprécie pas ces rebuts et n’hésiterait pas à leur faire exploser la tête au moindre faux-pas, ainsi qu’une Katana à la lame facile, et vous avez le tableau.
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Un tableau chapeauté de main de maître par Amanda Waller, campée par une Viola Davis plus que convaincante ! Une fois que vous aurez vu le film, impossible de la dissocier de “the Wall” ! Elle est l’une des plus grosses réussites, et il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas voir qu’elle semble tout droit sortie des comics !
Will Smith et Margot Robbie sont aussi très crédibles dans leurs rôles respectifs, encore que, on sent l’empreinte du Fresh Prince sur Floyd Lawton, ce qui n’est pas non plus un défaut, mais on peut quand même regretter l’absence de ce côté suicidaire qui le caractérise, quoique, à certains moments, il se place en première ligne. Par contre, Margot Robbie est époustouflante, et elle tient pour une bonne partie le film sur ses épaules, apportant à la folie et l’exubérance de Harley un charme et parfois une indéniable plus-ou-moins-fausse naïveté. Difficile de la cerner totalement, tant elle est différente une fois qu’on la voit près du Joker.
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Deux personnages jouent plus ou moins les électrons libres dans le film, le Joker et l’Enchanteresse, une sorcière six fois millénaire ayant pris possession du corps de June Moone, jouée par Cara Delevingne. Une véritable beauté vénéneuse ! A un moment donné du film, certaines scènes lui donnent un côté à la fois animal et une grâce divine jouissive.
Quant au Joker, il n’apparaît pas aussi souvent qu’on aimerait, mais les fois où il est à l’écran, il instille une sensation de mal-être à tous les autres personnages. Il est clair qu’il n’a rien de commun au Joker de Jack Nicholson ou à celui de Heath Ledger. Il s’agit ici plus d’un caïd du crime, dont le seul nom inspire à la fois crainte et respect à ses adversaires. L’autre différence fondamentale avec les précédentes incarnations, c’est évidemment sa relation (inédite à l’écran) avec Harley Quinn. Les deux amants ont de faux airs de Bonnie & Clyde une fois réunis, et gare à celui qui chercherait à les séparer !
On notera au passage un superbe clin d’oeil à l’illustrateur Alex Ross au travers d’une courte scène (à peine une seconde ou deux) réunissant les deux personnages dans une scène très très iconique ! 😀
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Evidemment, un film Suicide Squad digne de ce nom ne peut pas se terminer sans quelques morts au compteur, chez les “héros” !
Et c’est le cas ici. Le film a même un arrière-goût de nihilisme pas dégueu. La mort est une option, les perso vivent littéralement avec tout le long du métrage, et la fin ne les épargne pas tous. On pourra aussi noter un certain cynisme dans le propos (après tout, les monstres qu’ils affrontent sont des humains à la base, et jamais on ne parle de leur rendre leur forme initiale) comme dans les comportements de quelques-uns d’entre eux, à commencer par Amanda Waller, pas tendre pour un sou et absolument jusqu’au-boutiste, mais aussi de Deadshot, réaliste quant aux chances de sortir en un seul morceau de leur mission. Et enfin, le final du film apporte une véritable atmosphère de danger, de fin du monde et de mort imminente.
Il y a aussi des défauts. Le manque de développement de certains personnages et la rapidité de leur camaraderie peut dérouter, à juste titre. Cela dit, les quelques info qui sont données sur chaque personnage sont suffisantes pour les cerner, sans alourdir la narration.
Ensuite, le film peut aussi décevoir, selon les attentes que vous en aviez. Comme je l’ai dit au début, c’est un film d’action d’été, pas non plus un no-brainer. Mais si vous vous attendiez à une oeuvre mettant au premier plan le Joker ou Batman, passez votre chemin, l’ami !
C’est un film de pure action, le développement scénaristique est au second plan, et ce qui prime avant tout, c’est de l’action qui tabasse, des moments mêlant humour et passages badass, mais sans en faire des caisses.
Là encore, Harley Quinn se distingue, notamment lors d’une scène géniale où elle attrape la corde d’un hélico, suivie d’une fausse mise en scène (du genre “NaNaNaNaNaNère !”) ! C’est une scène courte mais qui m’a véritablement enthousiasmé ! Du pur Harley Quinn !
Pour autant, le film sait être sérieux quand il le faut, et heureusement, je n’aurais pas supporté que la fin nous fasse un truc à la Gardians of the Galaxy (avis perso bien sûr), du genre “la chaîne de l’amitié” (avec un ex-catcheur qui se croyait dans un tag-team match) ou “je danse devant toi pour te distraire”… -_-
Non, la fin est véritablement dantesque, avec du dramatique comme y faut, un personnage très poignant, voire deux même (le big bad reste digne jusqu’au bout, pas comme dans Age… j’arrête, promis), et une toute dernière scène qui annonce du beau pour la prochaine, ou pour un Batman, va savoir ! 😆
C’est l’un des plaisirs de ce film, les quelques petites scènes avec des guest stars (si vous avez vu les bandes-annonces, vous connaissez l’une d’entre elles) qui font plaisir, et qui ne vampirisent pas le film (oui, n’attendez pas qu’ils soient là tout le long du film).
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En bref, Suicide Squad est un film du DCEU avec sa propre personnalité. Il n’a pas du tout le ton de BvS ou MoS, mais il appose son empreinte sur l’univers partagé, comme j’espérais qu’il le ferait. Ce n’est pas un film prise de tête, et il n’y a pas de message, morale ou sous-texte. Il profite évidemment de son statut de film d’univers partagé, mais n’oublie pas que le comic dont il est tiré est très souvent un bon gros délire digne d’une série B. Oui, c’est violent, et oui, ça jure pas mal dans le film (ce qui le rend diablement vivant, et ce ne sont pas des blagues de fesses, comme dans… non j’ai dit que j’arrêtais), mais ça reste dans l’ensemble très familial, en fait ! Familial mais pas politiquement correct pour autant.
Un bon gros blockbuster estival qui fait diablement plaisir !
"With the first link, the chain is forged. The first speech censured, the first thought forbidden, the first freedom denied, chains us all irrevocably." -Jean-Luc Picard
Star Trek - The Next Generation / The Drumhead