#TBT : Spriggan

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A l’approche du 21e siècle, l’animation japonaise entre dans une lente mais irrémédiable mutation technique, économique et artistique. Sorti en 1998, Spriggan apparaît, vingt ans plus tard, comme le dernier témoin des productions « à l’ancienne ».

Jadis, une civilisation mystérieuse dominait le monde grâce à sa technologie avancée… qui lui a également valu sa perte. Aujourd’hui disparue, elle n’a laissé comme vestiges que de puissants artefacts, qui font l’objet d’une lutte incessante entre plusieurs groupuscules rebelles issus de l’ONU ou de l’armée américaine et le conglomérat ARCAM Corporation. La gigantesque société emploie d’ailleurs plusieurs mercenaires d’élite, les Spriggan, pour protéger leurs recherches. L’un d’entre eux, Yu Ominae, doit d’ailleurs se rendre au mont Ararat où résiderait l’Arche de Noé…

Publié entre 1988 et 1996, le manga en onze volumes de Hiroshi Takashige (scénario) et Ryôji Minagawa (dessins) condensait toutes les thématiques en vogue durant la décennie : groupuscules terroristes, références bibliques, émergence des réseaux, mecha design réaliste… En cherchant à toutes les cumuler en 91 petites minutes, le long métrage produit chez 4°C atteint une densité rare, pour ne pas dire indigeste ! Heureusement, si l’intrigue baignée de mysticisme peut échapper aux moins attentifs, les scènes d’action à l’animation léchée le replongent immédiatement dans le bain.

Spriggan se perd entre ses ambitions scénaristiques et techniques et se vautrera au box-office nippon, une nouvelle claque pour Otomo, qui a supervisé le film, dix ans après Akira. Rétrospectivement, pourtant, le long métrage de Hirotsugu Kawasaki a bien vieilli ! Sans atteindre (ni prétendre à) la perfection d’Akira, il réussit à rendre cohérent un mix a priori disparate grâce à son rythme et son animation irréprochables. Un ride d’une heure trente qui se conclut par l’un des thèmes les plus originaux de la japanimation !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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