#TBT : Dororo & Hyakkimaru

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Attention, série mythique ! Diffusée il y a un demi-siècle au Japon, Dororo & Hyakkimaru confirmait l’hégémonie d’Osamu Tezuka… et initiait la collection World Masterpiece Theater de Nippon Animation.

Le domaine de Kagemitsu Daigô a beau être épargné par les conflits qui agitent la période Sengoku (1450-1600), il semble naturellement maudit, frappé par des catastrophes naturelles. Afin d’assurer la survie de ses sujets, paysans comme militaires, le notable décide de sacrifier son enfant à venir aux démons. À sa naissance, Hyakkimaru est un nourrisson infirme, amputé de 48 membres et organes – autant d’offrandes aux créatures infernales. Abandonné sur une barque, le bambin est recueilli par un médecin-alchimiste qui lui offre des prothèses magiques conçues d’après les cadavres des enfants jonchant les champs de bataille. Grâce aux lames dissimulées dans ses faux bras, Hyakkimaru, désormais adolescent, part occire les démons responsables de son sort. A chaque mort, il récupère l’organe qui lui manquait ! Pour accomplir sa quête et sa vengeance, le sabreur éclopé est accompagné de Dororo, un orphelin de guerre débrouillard au secret bien caché…

Publié à partir de la fin août 1967 dans le Shônen Sunday, le manga Dororo est purement et simplement annulé par l’éditeur Shôgakukan un an plus tard, en juillet 1968. Qu’à cela ne tienne : Osamu Tezuka conclura son histoire grâce à l’animation ! Il confie donc à l’un de ses fidèles disciples, Gusaburô Sugii (le futur réalisateur de Touch vient tout juste de faire ses preuves sur Goku no Daibôken) l’adaptation des chapitres existants… et la création d’une fin conçue pour l’occasion. Diffusée à partir du 6 avril 1969, Dororo est rapidement renommée Dororo & Hyakkimaru, les spectateurs considérant le sabreur comme le personnage principal.

Grâce au succès de la série animée, Tezuka peut reprendre son manga en parallèle des 26 épisodes, entre mai et octobre 1969, pour lui offrir une fin certes précipitée, mais définitive, chez Akita Shoten. Pendant ce temps, Dororo & Hyakkimaru marque le début de la case World Masterpiece Theater sur Fuji TV, qui sera bientôt monopolisée par les adaptations des romans jeunesse occidentaux de Nippon Animation. L’impact de la série animée est telle dans l’inconscient collectif nippon que personne n’osera y toucher pendant presque quarante ans, jusqu’à l’adaptation en film live d’Akihiko Shiota, en 2007. Il faudra attendre exactement cinquante ans pour que Masao Maruyama, lui aussi ancien disciple de Tezuka, ne produise chez MAPPA un remake qui, non content de rendre hommage à ce titre mythique, le repopularise auprès des jeunes générations.

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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