#TBT : J’aime ce que j’aime

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Au faîte de sa gloire, le collectif CLAMP n’en restait pas moins imprévisible. En parallèle de Card Captor Sakura et Trèfle, elles ont ainsi sorti il y a vingt ans une bluette ancrée dans le réel, J’aime ce que j’aime.

Cette année 1999 est symbolique pour CLAMP, puisqu’elle célèbre le dixième anniversaire des débuts du collectif. Créé au milieu des années 80 par onze camarades dans le même cours de dessin, il s’est peu à peu étiolé au fil des années et des conventions, où leurs travaux amateur leur ont attiré l’attention d’éditeurs professionnels, jusqu’à la publication de RG Veda en 1990. Désormais, les quatre mangaka restantes occupent chacune une position apparemment bien établie pour leur lectorat, qui classifie Tsubaki Nekoi comme dessinatrice des séquences SD et des bonus. En dehors des douze histoires courtes compilées en 1995 dans Celui que j’aime, la leader Nanase Ohkawa a en effet jusqu’ici privilégié des univers fantastiques plus adaptés au trait de Mokona.

Avec J’aime ce que j’aime, la scénariste offre donc une histoire sur mesure à Tsubaki Nekoi pour sa première série. Il ne s’agit plus de quelques pages, mais de trois volumes pour raconter l’histoire de Hinata Asahi, fille unique d’un richissime magnat qui, à 16 ans, a déjà été neuf fois victime de kidnapping. Pour éviter à son père de régler une dixième rançon faramineuse, la lycéenne ignorant tout des choses de la vie décide de vivre seule… mais s’ennuie bien vite dans son appartement. Jusqu’à ce qu’emménage son voisin, un professeur aussi timide que charmant. Une relation ambiguë s’installe rapidement avec cet adorable Shirô Asô, qui éveille la méfiance des meilleures amies de Hinata…

Certes, on retrouve dans J’aime ce que j’aime quelques leitmotivs de Nanase Ohkawa dans les blockbusters de CLAMP : l’élève amoureuse de l’enseignant (Card Captor Sakura), le brun à lunettes dissimulant un lourd passé (X)… Mais la scénariste insuffle à sa comédie romantique une candeur en phase avec le dessin naïf de Tsubaki Nekoi (l’héroïne vit non seulement avec deux ours en peluche, mais aussi un chat pour encore plus de kawaii ! ), agrémenté de l’humour burlesque qu’elle adore restituer en SD – sérieusement, neuf kidnappings d’affilée !? Publiés dès 2001 en France grâce à Pika, les trois tomes de J’aime ce que j’aime sont aujourd’hui des bulles d’air frais bienvenues au milieu de la bibliographie ténébreuse de CLAMP où le destin est impitoyable avec les personnages.

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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