Personnalité de la semaine : Ai Morinaga

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L’annonce de son décès a attristé toute la rédaction d’AnimeLand, hommes et femmes confondus. Car l’humour d’Ai Morinaga touchait tous les lecteurs, par-delà les clichés qui collent au shôjo.

Ses premières armes, la dessinatrice les forge pendant ses études, publiant à la fin des années 80 des fanzines sous le pseudonyme Glico Morinaga. Deux ans après son diplôme, en 1993, c’est de son vrai nom qu’Ai Morinaga signe sa première parution professionnelle. Le temps d’une pige (l’adaptation de Junkers, come here !, histoire qui donnera également naissance à un film d’animation) et la jeune femme attaque en 1995 sa première série originale, Le fabuleux destin de Taro Yamada, où elle détourne avec malice l’archétype du prince charmant ! Son héros, élève modèle, sportif accompli et beau gosse ultime doit cacher à sa horde de prétendantes son statut de pouilleux : c’est sur lui que peuvent compter ses six petits frères et sœurs pour manger, pas leur irresponsable de mère !

Le succès du manga (14 tomes étalés entre 1996 et 2000) se déclinera en deux dramas, un sur la TV taïwanaise en 2001, un sur la TV japonaise en 2007. Entre temps, la mangaka embraye sur une nouvelle comédie se jouant encore des clichés du shôjo ! Dans Le vilain petit canard, le nabot bigleux Rei-ichi se réincarne en superbe apollon. L’occasion est-elle venue pour le lycéen d’enfin conquérir la belle Yumiko, qui ne s’intéressait auparavant à lui que parce qu’il lui rappelait son chien ? Pas sûr : dès qu’il s’approche un peu trop d’elle, Rei-ichi retrouve son physique ingrat d’autrefois… En six volumes, Ai Morinaga s’impose comme la reine de la comédie romantique farfelue.

Elle persiste dans cette voie avec My lovely hockey club, titre cette fois mené par une héroïne. Toujours en quête d’un moment pour une sieste express, Hana Suzuki se retrouve bien malgré elle à devoir intégrer un club de hockey sur gazon ! Avec sa galerie de beaux gosses, My lovely hockey club rappelle les otome game, qui atteignent un premier pic de popularité en 2005, année de début du manga en 14 volumes. Ai Morinaga s’adapte en effet comme personne aux nouvelles tendances, comme en témoigne le pitch de sa série suivante : ayant hérité d’une petite agence artistique, une lycéenne doit dénicher de nouveaux talents parmi de splendides candidats. Terminée en 2015, Kirara no Hoshi sera la dernière œuvre de la dessinatrice, qui poussera le 2 août 2019 son dernier soupir. Porté au firmament par les milliers de fous rires qu’Ai Morinaga aura provoqués durant vingt ans.

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon

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