Personnalité de la semaine : Ryuichi Sakamoto

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Pionnier de l’électro, compositeur oscarisé, la légende musicale Ryuichi Sakamoto revient sur le devant de la scène avec… un dessin animé particulièrement attendu en Asie !

Durant ses études à l’Université des Arts de Tokyo, Ryuichi Sakamoto a un pied dans la musique électronique, domaine encore balbutiant, l’autre dans la musique ethnique du Japon (Okinawa notamment) et du reste du monde, et la tête dans la musique classique – il idolâtre Claude Debussy. Cet éclectisme se retrouve dans le trio qu’il forme avec Haruomi Hosono (basse) et Yukihiro Takahashi (batterie) en 1978 : pionnier de la musique électro influencé par Kraftwerk, Yellow Magic Orchestra devient une référence à échelle mondiale. La même année, le pianiste de 23 ans entame sa carrière solo, qu’il mènera en parallèle de ses activités, avec son premier album Thousand Knives – il en a sorti plus de vingt à l’heure actuelle.

Un virage est pris en 1983, quand Ryuichi Sakamoto compose à la demande du réalisateur Nagisa Oshima la musique de Furyo, qui lui vaut un BAFTA. Outre David Bowie, rencontré grâce au film, il multiplie les collaborations avec les artistes internationaux (Youssou N’Dour, David Sylvian) dans la veine expérimentale qu’il développe depuis son premier album. Ce qui ne l’empêche pas de s’investir dans la composition de musiques de films pour le marché local (Chatran, Tokyo Decadence) mais surtout international. On citera ainsi sa participation au Dernier Empereur de Bertolucci qui lui vaudra l’Oscar de la meilleure bande originale en 1988, mais aussi Snake Eyes de De Palma, Babel et The Revenant d’Iñarritu ou encore un épisode de Black Mirror.

Personnalité médiatique reconnue, Ryuichi Sakamoto monte au créneau après le scandale de Fukushima en mars 2011. Farouche activiste anti-nucléaire, il contribue à la lutte aussi bien en tête des cortèges qu’en participant à des projets artistiques (notamment la B.O. de Nagasaki : Mémoires de mon fils). L’artiste sexagénaire s’inscrit également dans une démarche pédagogique auprès de la plus jeune génération, un public qu’il n’avait jusqu’ici jamais abordé. Pour preuve, les seuls dessins animés dont il a signé la musique, Les Ailes de Honneamise, Appleseed et sa suite Appleseed : Ex Machina, ne sont pas destinés aux enfants. Sakamoto se frotte donc à un nouveau challenge en composant la B.O. de Sayonara Tyranno, co-production nippo-sino-coréenne adaptée de livres illustrés pour la jeunesse attendue de pied ferme en Asie. Si on se fie à la bande-10annonce, le pari semble réussi !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon