#TBT : Ayashi no Ceres

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Auréolée du succès de Fushigi Yuugi, Yuu Watase a su varier de genre pour rester au sommet du shôjo avec Ayashi no Ceres, manga qui s’est terminé il y a vingt ans tout juste.

Il y a fort longtemps, raconte une légende, une nymphe avait quitté son manteau de plumes célestes pour se baigner. Le précieux vêtement ayant été dérobé, elle n’a eu d’autre choix que rester sur Terre, où elle épousa le fermier qui l’avait recueillie. Inachevée, la fable ne dit pas comment elle a réagi en apprenant que son mari était également le voleur du manteau sacré…. A leur seizième anniversaire, Aya Mikage et son frère jumeau Aki sont mis à l’épreuve par leurs grands-parents : Aya découvre alors être une réincarnation de la nymphe céleste, Ceres. Dès qu’elle perd contrôle, la divinité prend contrôle de son corps avec des pouvoirs surnaturels. De quoi inciter la famille Mikage à l’exécuter, à commencer par Aki, réincarnation du fermier…

Quelle surprise pour les lectrices du magazine Shôjo Comic de Shôgakukan en 1996 ! Pour sa nouvelle série, Yuu Watase change en effet radicalement d’atmosphère après sa fable féérique Fushigi Yuugi. Dès ses premières pages, Ayashi no Ceres se présente en effet comme un manga sombre et délétère, en phase avec la mode gothique de cette fin de siècle. La mangaka a conscience que les collégiennes qui l’ont découverte en 1992 avec Fushigi Yuugi sont aujourd’hui lycéennes, et leur offre une série plus mature. Sur le fond, en incorporant des thèmes litigieux dans son histoire, notamment le désir incestueux d’Aki envers sa jumelle quand il est possédé ; et sur la forme, en représentant graphiquement des scènes sanglantes ou de nudité jusqu’ici absentes de sa bibliographie, même s’il n’y a pas de quoi s’offusquer.

Yuu Watase n’en reste pas moins fidèle à la ligne éditoriale de Shôjo Comic, en incorporant plusieurs romances passionnées qui transcenderont ses personnages désespérés – l’affection qu’Aya porte pour Toya viendra-t-elle à bout du lavage de cerveau que le jeune homme a subi des Mikage ? Le suspense trouvera sa conclusion en mars 2000, au bout de quatorze tomes (disponibles chez Delcourt/Tonkam). Déjà en charge des 52 épisodes de Fushigi Yuugi au studio Pierrot, le réalisateur Hajime Kamegaki adapte la nouvelle œuvre de la mangaka dans une série en 24 épisodes qui débute un mois plus tard. Trop sombre ? A contre-courant des attentes des Japonaises ? Ayashi no Ceres ne trouvera pas son public sur le sol nippon… mais ravira toute une génération de fangirls à travers le monde !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon

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