Personnalité de la semaine : Hayao Miyazaki

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Ambassadeur malgré lui de l’animation japonaise à l’international, Hayao Miyazaki fête ce mardi ses 80 ans. Cet anniversaire est l’opportunité rêvée de dresser son portrait !

L’enfance de Hayao Miyazaki n’a pas été facile. Né le 5 janvier 1941, il doit fréquemment déménager durant la deuxième guerre mondiale, qui permet néanmoins à son père, ingénieur en aéronautique, de faire vivre sa famille. Quelques années plus tard, sa mère est frappée par la tuberculose et doit rester longtemps alitée. Passionné par Tezuka, il lui faudra attendre le visionnage du Serpent Blanc, premier long métrage d’animation en couleur japonais pour décider de travailler dans le domaine de l’animation ! C’est en 1963, à 22 ans, qu’il intègre en tant qu’intervalliste les studios ayant produit ce film, Toei. Série après série (Ken l’enfant-loup, Sally la petite sorcière…), film après film (Horus, prince du soleil, Le Chat botté), il grimpe l’échelle professionnelle (animateur, directeur de l’animation…) et crée des amitiés fortes, notamment au sein du syndicat où ce farouche marxiste est particulièrement actif.

Il quitte ainsi Toei avec Yôichi Kotabe et Isao Takahata, pour les studios A Production, puis Nippon Animation. Il y soutient son ami Takahata qui réalise Heidi en 1974 (série révolutionnaire dans l’industrie de l’animation) avant d’obtenir à son tour la réalisation de sa première série, Conan le fils du futur en 1978. C’est chez TMS qu’il dirige son premier film, Le château de Cagliostro, tiré de la série Lupin III dont il a auparavant réalisé quelques épisodes. Après avoir travaillé sur le début de la série Sherlock Holmes, il s’attaque à l’adaptation en long métrage de son manga Nausicaä de la vallée du vent, qui sort dans les salles en 1984. Suite à ce succès, il peut fonder le studio Ghibli avec Isao Takahata : dans cette structure, les deux réalisateurs pourront se focaliser uniquement sur leurs œuvres, la partie administrative revenant à Toshio Suzuki, journaliste qui croit en lui depuis Le château de Cagliostro !

Depuis, la filmographie du réalisateur enchaîne les succès ! Le Château dans le ciel (1986) est devenu un classique de Noël à la télé japonaise (chaque diffusion fait péter le Twitter nippon), Mon voisin Totoro (1988) est devenu la mascotte de Ghibli et Kiki la petite sorcière (1989) le consacre définitivement au Japon. Le reste du monde est plus lent à le reconnaître, comme le prouvera la sortie confidentielle de Porco Rosso (1992) en France, malgré une excellente VF. C’est Princesse Mononoké (1997) qui le consacrera auprès du public, et Le voyage de Chihiro (2001) auprès de la critique avec un Oscar et un Ours d’Or ! S’ensuivront Le Château Ambulant (2004), Ponyo sur la falaise (2008) et son film-testament Le vent se lève (2013), après lequel il annonce pour la énième fois son départ à la retraite. Une promesse qu’il finira à nouveau par briser : adepte de l’animation traditionnelle, Miyazaki veut se frotter aux nouvelles technologies informatiques qu’il a longtemps décriées dans un court métrage (Boro la chenille, 2018) et offrir un ultime cadeau à son petit-fils avec son dernier long métrage encore en production, Comment vivez-vous ? Espérons que ce dernier ait pu souffler les 80 bougies sur le gâteau du réalisateur malgré la résurgence du covid-19 au Japon !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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