Personnalité de la semaine : Akira Toriyama

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L’annonce d’un prochain film tiré de la licence Dragon Ball vient d’enflammer les fans à travers le monde ! L’occasion de dresser le portrait du créateur de la saga culte, Akira Toriyama !

Les Japonais passent souvent pour des personnes timides manquant de confiance en elles. Ce n’est pas le cas d’Akira Toriyama ! Une fois sorti du lycée, le jeune homme choisit de ne pas faire d’études supérieures, persuadé d’être déjà assez compétent en dessin pour entrer dans la  vie active. Il se retrouve ainsi embauché dans une agence publicitaire mais son arrogance finit par lui jouer des tours : à ne pas respecter les horaires ou le dressing code de l’entreprise, il est renvoyé sans sommation après deux ans de bons services. Akira Toriyama se retrouve chômeur à 20 ans, hébergé par ses parents qui lui reprochent son choix de vie. C’est donc uniquement par appât du gain qu’il postule auprès des différentes maisons d’édition en envoyant ses planches dans l’espoir de remporter un concours… et la prime qui va avec.

En 1977, sa participation influencée par Star Wars n’est pas retenue par Shûeisha, mais attire l’œil du responsable éditorial Kazuhiko Torishima. Pendant deux ans, il forme le jeune dessinateur et l’oblige à mettre de l’eau dans son vin. Ainsi, après de nombreux échecs, Torishima voit en Dr Slump, le nouveau projet de son poulain, un futur succès à condition de faire du petit robot Aralé l’héroïne. Toriyama s’exécute, de mauvais gré… et constate que son mentor avait raison ! Lancée en 1981, alors que le mangaka n’a que 25 ans, Dr Slump se termine en 1984 en étant devenu un phénomène de société porté par son adaptation animée. Le titre fait de Toriyama une nouvelle icône de l’humour absurde et pas toujours très fin (pour ne pas dire scatologique) auprès du grand public, les connaisseurs appréciant en supplément son talent pour le mecha-design. Il prend donc son lectorat à contrepied en lançant en 1984 sa nouvelle série, sous le sceau de l’aventure et du kung-fu (il est fan de Jackie Chan), une relecture du conte classique Le voyage vers l’Occident intitulée… Dragon Ball.

Le manga devient un triomphe international, qui franchit un cap quand l’intrigue encore teintée d’humour se focalise avant tout sur des bastons entre super-héros rivalisant de biscottos (la seconde moitié, alias Dragon Ball Z). Cette surenchère est plus du fait de l’éditeur qui refuse de sacrifier sa poule aux œufs d’or que de l’auteur qui supplie pour arrêter la saga et diversifier sa production professionnelle. Il faut dire qu’en 1986, sa contribution au succès des jeux vidéo Dragon Quest dont il signe le chara-design l’a incité à varier ses travaux. Quand il abandonne en 1995 Dragon Ball, qui s’est écoulé à plus de 250 millions d’exemplaires entretemps, Toriyama ne signe plus que des one-shots, où il privilégie avant tout l’humour de ses débuts, quitte à aller contre l’attente de ses admirateurs réclamant toujours plus de bastons viriles (Jaco en sera le meilleur exemple en 2013). Il satisfait cependant leurs désirs en supervisant la suite officielle de sa saga, dont il confie le dessin à un fan de la première heure, Toyotaro. Dragon Ball Super devient également une série TV, avant d’être adapté au cinéma en 2018 avec Broly. Trois ans plus tard, un nouveau film est annoncé pour 2022 et prouve, que, presque quarante ans après son lancement, Dragon Ball a pris une telle ampleur qu’elle occulte trop souvent le reste de l’œuvre d’Akira Toriyama.

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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