Personnalité de la semaine : Tohru Fujisawa

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GTO : Paradise Lost sera l’ultime volet des aventures d’Onizuka, qui a accompagné de son créateur sur plusieurs décennies. Mais la carrière Tohru Fujisawa ne se limite pas à ça !

Le 12 janvier 1967 est un jour faste pour le manga : outre Takehiko Inoue, il a vu la naissance de Tohru Fujisawa ! L’enfant qui grandit sur l’île de Hokkaido se passionne pour les séries tokusatsu, et ne brille pas particulièrement par ses performances scolaires… en dehors des arts plastiques, où il impression avec son coup de crayon. En toute logique, une fois au lycée, des camarades le recrutent pour réaliser un dôjinshi. C’est la révélation pour Fujisawa, qui décide alors de devenir mangaka professionnel. À 20 ans, il quitte donc son île natale pour descendre à Tokyo, où il devient assistant de l’auteur de Golden Boy, Tetsuya Egawa. Grâce à cette expérience formatrice, il publie rapidement ses premières œuvres en solo,  dès 1989 : une première nouvelle dans le magazine Fresh, puis Adesugata Junjô Boy, comédie en quatre tomes sur le thème du travestissement pour Kôdansha, qui va devenir son éditeur privilégié.

Quand il crée pour le Weekly Shônen Magazine Shônan Jun’ai Gumi en 1990, Tohru Fujisawa est loin d’imaginer qu’il développera cet univers pendant trois décennies ! Entre bastons victorieuses et drague calamiteuse, les tribulations d’un duo de loubards attachants, charismatiques bien que parfois pathétiques enthousiasment la jeunesse nipponne pendant 31 tomes entre 1991 et 1996. Après un prequel en un tome, Bad Company, narrant comment Ryuji Danma a formé l’Onibaku Combi avec Eikichi Onizuka, le mangaka fait de ce dernier le héros de sa nouvelle série, GTO, qui exploite l’univers du lycée pour mieux critiquer les travers de la société japonaise. Son adaptation en drama consacre le manga en 25 tomes au Japon, celle en série animée le propulse à l’international, où Fujisawa devient désormais une star – à tel point que les œuvres précédentes seront estampillées GTO pour le public occidental ! Mais, à la fin de cette série en 2002, Fujisawa a envie de changer d’univers et multiplie les tentatives.

Il se tourne ainsi vers le fantastique (Tokko), l’action « girls with guns » (Rose Hip Rose), le sport (Wild Baseballers)… mais rien n’y fait : le public réclame toujours plus d’Onizuka ! Fujisawa continue donc d’alimenter l’univers de l’Onibaku Combi pour Kôdansha avec GTO : Shonan 14 Days ou GTR : Great Transporter Ryuji… et toque chez les autres éditeurs pour diversifier les genres. Il renoue notamment avec le sentai qu’il affectionnait tant, enfant, à travers Kamen Teacher ou un manga-hommage à X-Or, et s’aventure dans le « gourmet manga » avec un soupçon d’érotisme et de surnaturel dans Oishi Kamisama. Outre ces envies de nouveauté, Fujisawa redonne une chance à divers projets qui n’avaient pas rencontré le succès attendu, comme Tokko avec Tokko Zero, dont il confie le dessin à Yukai Asada. Depuis 2019, c’est vers la science-fiction que le mangaka se tourne avec Red Data Planet… alors qu’il s’apprête à faire ses adieux définitifs à Onizuka et Danma ! Il l’a en effet annoncé officiellement : entamée en 2013, GTO Paradise Lost qui voit Onizuka en prison, sera la dernière incursion auprès de l’Onibaku Combi !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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