#TBT : Les Moomin

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La première adaptation animée des Moomin, en 1969, avait déclenché la colère de sa créatrice, Tove Jansson… Mais c’était sans compter sur une seconde chance inopinée, il y a un demi-siècle… sous quelques conditions !

Dans la vallée des Moomins vit la famille Moomin, avec Papa Moomin (reconnaissable à son haut de forme), Maman Moomin (et son tablier) et leur fils Moomin. Ce dernier vit de nombreuses aventures avec ses amis : Joliemi, petite chipie et boule d’énergie qui n’a pas sa langue dans sa poche ; Pipo, vagabond avisé et joueur d’harmonica émérite ; et Sniff, sorte de kangourou froussard obsédé par l’idée de devenir riche. Ils vont ainsi découvrir le chapeau d’un magicien, voyager sur les mers, ou suivre l’approche d’une comète – c’est d’ailleurs au cours de cette histoire que Moomin fera la connaissance de sa petite amie, Shuka, grande amatrice de fleurs.

C’est à partir de 1945 que Tove Jansson commence la publication des livres pour enfants, Les Moomins – elle en rédigera neuf jusqu’en 1970, et cinq livres illustrés jusqu’en 1993. Très vite, l’ambiance poétique et charmante de son univers franchit les frontières de la Finlande pour conquérir le monde… y compris le Japon. En toute logique, une première adaptation animée est alors produite en 1969 chez Tokyo Movie Shinsha. Mais, pour les scénarios, le romancier reconnu Hisashi Inoue déforme le matériau originel pour correspondre aux standards de l’époque, faisant de Moomin un petit garçon dynamique prêt à se battre, ou confiant des véhicules à Sniff. Tove Jansson entre dans une rage noire en découvrant le résultat et, au bout de 26 épisodes seulement, le contrat de TMS est purement et simplement révoqué. Mushi Production, qui récupère la licence, fait tout pour être plus fidèle à l’œuvre de Tove Jansson mais l’autrice ne décolère pas et au bout de son 65e épisode, cette première adaptation est stoppée.

Les équipes de Mushi Production, conscientes du potentiel de cette licence, s’attaquent alors à un remake plus fidèle sous la direction de Rintarô. Hélas, même si Tove Jansson est plus satisfaite du résultat, elle n’a toujours pas digéré la première version et exige que la diffusion de cette adaptation, qui débute le 9 janvier 1972, soit limitée au Japon ! Seules la Pologne et l’Autriche (1977) et la Russie (1978) seront autorisées à travailler sur Les Moomin en stop motion. Il faudra attendre une coproduction entre le Japon et l’Europe (la Finlande, bien entendu, mais également les Pays-Bas), supervisée par le frère de l’autrice Lars, s’effectue en 1990 pour qu’enfin une adaptation animée nippone puisse être diffusée à l’international. Elle tombe à point nommé pour détendre le monde, en pleine crise de la guerre du Golfe : TV Tokyo atteint des pics allant jusqu’à 20% d’audience ! Débute alors le « boom Moomin », qui engendrera de nombreux produits dérivés, des parcs d’attraction (un en Finlande en 1993, un au Japon en 2020)… et d’autres productions animées. Après le long métrage nippon de 1992 Les Moomins et la comète, la licence revient dans son pays natal pour être adaptée en long métrage en 2014, Les Moomins sur la Riviera. Viendra ensuite, en 2019, une série en 3D, La vallée des Moomins, également déclinée en longs métrages. Un demi-siècle après son faux départ, la saga a encore de beaux jours devant elle, en animation ou en version papier, disponible aux éditions Le Lézard Noir !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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