Personnalité de la semaine : Susumu Yamaguchi

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Après des années à grimper les échelons de l’animation japonaise, Susumu Yamaguchi a réalisé le film de Doraemon qui truste le box-office nippon actuellement. Retour sur une carrière discrète.

Susumu Yamaguchi n’est pas du genre à s’épancher sur sa vie privée. On ignore ainsi où et quand il est né. Néanmoins, on peut supposer qu’il a vu le jour au début des années 70, puisqu’il a découvert enfant les premiers numéros du magazine Corocoro Comic, un mensuel apparu en 1977 au Japon. La mascotte de ce dernier n’était nulle autre que le chat-robot bleu créé par Fujiko Fujio, Doraemon. Durant des années, Yamaguchi recopie les mangas, et utilise le personnage au design tout en rondeur pour s’entraîner à ses premières animations. Car, dès son enfance, Yamaguchi sait que c’est dans cette voie qu’il compte faire carrière. Une carrière qui débute au studio Dub, société sous-traitante fondée par d’anciens animateurs de Sunrise.

On retrouve donc son nom au poste d’animateur-clef sur des titres comme City Hunter : Complot à un million de dollars en 1990 ou Rajin-Oh et Gundam 0083 l’an suivant. Il faudra attendre le milieu des années 90 pour qu’il devienne assistant réalisateur, sur des licences mythiques comme Lupin III avec le film Dead or Alive (1996) ou des séries TV récentes telles que Saber Marionette J (1996) et Outlaw Star (1998). Au tournant des années 2000, Susumu Yamaguchi se retrouve à tous les postes essentiels de séries aux ambitions modestes, comme Angel Links, dont il supervise l’animation globale, et plus particulièrement le 13e et dernier épisode où il gère le storyboard, ou encore Gear Fighter Dendou qui le voit s’occuper du mecha-design. Mais le premier vrai tournant de sa carrière sera Sergent Keroro ! Certes, il ne réalise que deux épisodes de la série fleuve de Sunrise (le 21 et le 102), mais il se retrouve aux commandes des longs métrages tirés de la franchise à partir du deuxième en 2007 – soit quatre films en tout, au rythme d’un par an. Cette expérience lui permet alors de fonder le studio Asadoya, minuscule structure assimilable à un espace de coworking pour animateurs freelances.

Ayant fait ses preuves, Susumu Yamaguchi obtient enfin l’objectif d’une vie : la réalisation d’une série d’animation. Et pas n’importe laquelle, puisqu’elle s’inscrit dans un mythe qu’il connaît depuis son enfance, Gundam AGE ! Comme un bonheur ne vient jamais seul, il s’embarque également dans une autre aventure directement liée à son enfance, les longs métrages de Doraemon. À partir de 2011, soit simultanément aux 52 épisodes de Gundam AGE, il se retrouve animateur clef sur les longs métrages, tous réalisés par Shinnosuke Yakuwa. Quand ce dernier quitte la franchise, c’est Susumu Yamaguchi qui hérite de son poste ! Résultat, Doraemon : Nobita no Little Star Wars 2021 a directement atteint le sommet du box-office à son lancement le 4 mars, une place qu’il a conservé le weekend suivant. Le réalisateur devrait ensuite embrayer à son tour sur une demi-douzaine de films avant d’explorer d’autres pistes, peut-être plus connues à l’international. Quand ce sera le cas, rappelez-vous que c’est d’abord ici que vous aurez entendu son nom !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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