Personnalité de la semaine : Ayumu Watanabe

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La sortie française au cinéma de La chance sourit à Mme Nikuko semble l’occasion parfaite pour parler de son réalisateur, Ayumu Watanabe… qui fait également l’actualité de Netflix et Disney+ !

Né trois ans après le lancement d’Astro le petit robot, en 1966, Ayumu Watanabe a connu, enfant, l’ascension des séries animées sur le petit écran. Avant de les revoir à nouveau, avec un œil adolescent plus critique, et de réaliser le travail humain responsable de cet émerveillement. Très tôt, donc, le jeune Tokyoïte souhaite s’orienter vers l’animation, et s’inscrit dans le tout jeune établissement spécialisé Yoyogi Animation Gakuin (alias Yoani pour les intimes), fondé en 1978. À peine diplômé, il intègre en 1986 le studio Mates, où il fait ses premières armes sur Doraemon. Pendant plus de vingt ans, Watanabe se fait la main sur la licence la plus lucrative de l’animation : animateur, directeur de l’animation, storyboardeur et enfin réalisateur d’épisodes. Il franchit un cap en 1998 en dirigeant le long métrage annuel de Doraemon, poste qu’il assure jusqu’en 2009. Son investissement lui permet d’assurer un rôle crucial quand la série TV redémarre en 2005 : concevoir le chara-design de cette nouvelle mouture qui sera repris pour les années à venir.

Ayumu Watanabe entame ensuite une carrière freelance, qui lui permet d’apporter son expérience sur des projets aux ambiances plus variées. On le retrouve ainsi en 2012 aux commandes de la comédie romantique Mysterious Girlfriend X, de la série mêlant conquête spatiale et liens familiaux Space Brothers entre 2012 et 2014, de l’adaptation du seinen tranche-de-vie à l’humour absurde, mais ô combien représentatif du Japon des années 2010, Danchi Tomô ou du harem If her flag breaks. Malgré la diversité de ces styles, on reconnaît sa patte unique, notamment dans le dynamisme de l’animation, et surtout dans sa capacité à parler à tous les publics – deux héritages de son travail sur Doraemon. S’imposant comme un réalisateur polyvalent, Ayumu Watanabe est donc encore réclamé sur des projets n’ayant jamais rien à voir avec ses précédentes réalisations ! Citons ainsi Ace Attorney, adaptation de la saga vidéoludique Phoenix Wright en 2016, ou encore l’émouvante romance Après la pluie en 2018, tirée du manga de Jun Mayuzuki. Même quand il parle de baseball, c’est différemment selon qu’il réalise Major, à l’esprit shôjo centré sur les matches, ou le seinen Gurazeni qui se focalise sur les statistiques et l’argent liés à ce sport.

C’est en 2019 que son talent est révélé au monde entier, et notamment à un public de cinéphiles jusqu’ici peu connaisseur des séries télévisées animées avec son adaptation du manga Les enfants de la mer, véritable claque esthétique sur grand écran. Assumant cette nouvelle casquette de réalisateur auteurisant, Ayumu Watanabe n’en oublie pas pour autant ses racines premières, et continue de varier son parcours sur le petit écran. Il dirige ainsi la touchante comédie Komi cherche ses mots, joli succès pour la plateforme Netflix, mais se frotte également au polar mâtiné de fantastique avec Summer time rendering, adaptation du manga Times Shadows diffusée au Japon (et prochainement en France) sur Disney +. Néanmoins, en parallèle de ces deux séries, Watanabe creuse un peu plus son sillon de réalisateur de prestige avec La chance sourit à Mme Nikuko, film bouleversant qui ose un pari inouï dans l’animation japonaise : avoir pour personnage principal une femme quadragénaire enrobée ! Sur petit comme sur grand écran, vous n’avez donc aucune excuse pour passer à côté de son talent !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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