Personnalité de la semaine : Nobuhiro Watsuki

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La mise en ligne du trailer de la nouvelle adaptation animée de Kenshin le vagabond affole les fans à travers le monde : c’est le moment rêvé pour revenir sur la carrière de son auteur !

Né le 26 mai 1970, Nobuhiro Watsuki a grandi en lisant Doraemon et Perman de Fujiko Fujio, Touch de Misturu Adachi et Black Jack d’Osamu Tezuka, son manga favori. Dès son plus jeune âge, il passe son temps libre à dessiner des mangas et à s’entraîner au kendo. Mais, comme il ne remporte pas le moindre match, il finit par abandonner ce sport pour se consacrer uniquement à la bande dessinée ! Il parvient ainsi à remporter une mention au Prix Tezuka en 1987, alors qu’il n’est encore qu’un lycéen de 17 ans. Une fois diplômé, le jeune homme s’installe à Tokyo où il apprend le métier en assistant Yôichi Takahashi et son idole, Takeshi Obata. Durant cette période de formation, il dessine trois one-shots historiques mettant en scène des samouraïs, qui servent de matrice à Kenshin le vagabond.

Lancé en 1994 dans le Shônen Jump, le manga remporte un succès instantané, et écoule plus de 70 millions d’exemplaires de ses 28 volumes. Parmi les raisons de ce triomphe, l’adhésion du public féminin, bouleversé par le passé du samouraï déchu et l’aspect romantique de sa liaison avec Kaoru – un lecteur sur trois est une lectrice, chose encore exceptionnelle pour le Shônen Jump des années 90. Un autre facteur expliquant le succès de Kenshin le vagabond tient dans la passion de Watsuki pour les comics, un style de BD encore marginal et original au Japon. Quand il s’inspire de super-héros ou de super-vilains américains pour certains personnages, ou pour son encrage, il fait souffler un vent d’originalité sur le Shônen Jump ! Kenshin le vagabond tient même la dragée haute aux locomotives de l’hebdomadaire de Shûeisha jusqu’à sa conclusion en 1999. Durant ces cinq années, Watsuki se retrouve à son tour à former des apprentis mangakas comme, excusez du peu, Hiroyuki Takei ou Eiichirô Oda !

Une fois sa saga historique terminée, Nobuhiro Watsuki change totalement d’univers en 2001 avec Gun Blaze West, un western qui ne trouve pas son public et doit s’interrompre au bout de trois volumes. Malgré un accueil assez tiède sur son intrigue fantasy-action et ses personnages peu originaux, Buso Renkin s’en tire un peu mieux, écoulant à trois millions d’exemplaires ses dix volumes entre 2003 et 2005, grâce au dessin affiné du mangaka. Watsuki se tourne alors vers un public plus adulte et un rythme de parution mensuel avec le Jump SQ où il publie de 2005 à 2015 une relecture de Frankenstein, Embalming. En parallèle, il reprend sa saga Kenshin avec de nouveaux arcs comme Restauration (2 tomes en 2012 et 2013),  Master of Flame (1 tome en 2014) et l’arc Hokkaido entamé en 2017. Celui-ci doit cependant être interrompu peu après son lancement, quand Watsuki est arrêté pour possession de vidéos pédopornographiques. Après une amende de 200 000 yens et quelques mois sous silence, il reprend ce titre en 2018, toujours en cours actuellement. Car, presque trente ans après ses débuts, Kenshin est toujours aussi populaire, comme le prouve le nombre de vues du trailer du reboot animé prévu en 2023, quelques jours à peine après sa mise en ligne !

 

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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