#TBT : Gatchaman

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Non seulement la série Gatchaman a influencé à jamais l’industrie de l’animation au Japon, mais elle a aussi conquis l’Occident et ouvert la voie aux anime… il y a un demi-siècle !

Expédiée par une entité supérieure extraterrestre, le Leader X, la légion terroriste Galactor profite de sa technologie surdéveloppée pour prendre possession des ressources naturelles de la Terre (eau,  pétrole, uranium…). Sous les ordres de l’hermaphrodite Berg Katse, des mechas au design animal sont envoyés dans ce but sur notre planète. Heureusement, le docteur moustachu Kozaburo Nanbu veille à la tête de l’International Science Organization, et fait appel à son escadron de combat, constitué de cinq jeunes ninjas, les Gatchaman ! Vêtus d’un costume d’oiseau quand ils partent à l’assaut (l’aigle pour Ken le leader, le condor pour Jun le ténébreux, le cygne pour la jolie Jun, l’hirondelle pour le junior Jinpei et le hibou pour Ryû le baraqué ), ils disposent de véhicules transformables pour leur mission garés dans la soute d’un avion capable d’aller dans l’espace comme sous les océans, le God Phoenix

En 1971, le gouvernement japonais reconnaît les premiers cas d’empoisonnement dus à des rejets toxiques survenus dans la ville de Minamata. Après vingt-cinq ans de reconstruction aux dépens de Mère Nature, une prise de conscience écologique souffle sur le pays et ses productions pop-culturelles, comme Kamen Rider de Shôtarô Ishinomori. Dans cette foulée, le studio Tatsunoko développe une série autour de cette thématique, où s’entremêlent des références au Japon traditionnel (symbiose avec la nature, ninjas…) et une science-fiction inspirée par les USA (groupe de super-héros, équipement technologique rappelant les X-Men). Diffusée à partir du 1er octobre 1972, Gatchaman passionne les enfants, malgré un schéma répétitif avec le « monstre de la semaine ». En effet, la série développe tout au long de ses 105 épisodes la personnalité de ses héros, multiplie les révélations et propose une véritable fin. Les produits dérivés (poupées, véhicules…) s’arrachent, mais c’est via son héritage que Gatchaman confirme son statut de phénomène de société.

Sa structure (cinq héros unis contre les aliens, changeant de costumes, avec des véhicules futuristes) aura une influence considérable sur le développement des séries sentai (Go Ranger, première du genre, débute en 1975, un an après la fin de Gatchaman). On peut même trouver en 1991 dans Jetman un hommage direct à la série de Tatsunoko ! Gatchaman a également conquis l’Occident en 1978 sous sa version américanisée La bataille des planètes. Certes, le remontage ne conservant que 85 épisodes originaux transforme l’atmosphère initiale en space-opera et la société Sandy Frank Entertainment ajoute des plans avec un robot, 7-Zark-7, afin de surfer sur le succès de Star Wars. Il n’empêche que cette version remaniée sera pionnière dans la diffusion de l’animation japonaise à l’international. Sur le sol nippon, la série de 1972 aura initié deux suites en 1978 et 1979, un remake diffusé en OAV en 1994, un reboot en 2013 (Gatchaman Crowds), année d’une adaptation en film live, ainsi qu’une flopée de productions dérivées (jeu vidéo, manga…). Elle aura surtout marqué toute une génération d’artistes qui se sont lancés dans l’animation par passion, comme Akemi Takada. Sans Gatchaman, l’animation japonaise ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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