#TBT : Green Legend Ran

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Alors que la COP 27 vient de se terminer, l’angoisse environnementale est toujours plus importante. C’est donc le moment idéal pour revenir sur un anime qui parlait de réchauffement climatique… il y a trente ans !

L’humanité avait déjà pollué la Terre, l’arrivée d’aliens a fini l’apocalypse planétaire. Le crash de six monolithes a provoqué un dérèglement climatique qui a fait disparaître toute trace d’eau (océans comme pluie), ainsi que la faune et la flore. Beaucoup de survivants s’agglutinent dans les « Zones vertes » autour des monolithes aliens, les Rodos, seuls endroits où l’on peut espérer trouver de l’eau ou de la nourriture. Une secte de fanatiques, les Rodoïstes, fait régner une tyrannie hydraulique d’autant plus facilitée que les voyages sont quasiment impossibles : l’environnement est tellement dégradé que par endroits, l’air est devenu irrespirable. Mais certains humains ont choisi de se rebeller contre cette dictature ! Ran va rejoindre les rangs de ces « Hazard », afin de venger sa mère qui a été assassinée par un homme portant une cicatrice sur son torse. Durant son périple, il rencontre une jeune fille aux cheveux gris, Aira, qui semble convoitée par les Rodoïstes…

Au début des années 90, le marché de l’OAV est en pleine explosion. L’industrie de l’animation y trouve de nombreuses possibilités d’innovation. Économique tout d’abord, avec un système de diffusion dans les vidéo-clubs changeant du circuit cinématographique et de la diffusion TV. Artistique ensuite, puisque les scénaristes peuvent travailler sur des formats à mi-chemin entre les deux heures d’un film et les treize heures d’une série, tandis que les animateurs peuvent se livrer à des expérimentations que sauront apprécier les otakus. Et technologique enfin, puisque le Japon inaugure une nouvelle technologie numérique supposée remplacer la VHS : le LaserDisc. On doit ce support rappelant le format des 33 tours, ancêtre du DVD, à Pionneer qui, afin de l’alimenter, produit des OAV en pagaille. Green Legend Ran est le premier titre, qui sera bientôt suivi par la comédie délurée Tenchi Muyô !.

Pourtant, l’ambiance n’est clairement pas à la rigolade dans Green Legend Ran ! Yû Yamamoto, vieux briscard de l’animation depuis 1972 (il est crédité aux scripts de Gatchaman, Time Bokan ou encore des films Gundam), signe un scénario post-apocalyptique délétère, en phase avec les préoccupations écologiques secouant le Japon depuis les années 80, dans la veine de Nausicaä de la vallée du vent. Animateur talentueux repéré sur Venus Wars ou Roujin Z, Satoshi Saga signe sa première réalisation avec ces trois OAV, dont le premier épisode sort le 25 novembre 1992 – on le retrouvera dix ans plus tard sur les OAV de Hunter x Hunter. La direction artistique de ce titre pionnier, notamment le chara-design de Yoshimitsu Obashi (futur réalisateur d’Aquarian Age et de Witchblade), inspirera plusieurs productions dans les années à suivre, telles que Final Fantasy en 1994. Disparu des mémoires depuis trente ans, Green Legend Ran redevient tristement d’actualité avec la situation écologique actuelle : et si c’était l’occasion de ressortir ce classique méconnu ?

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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