Personnalité de la semaine : Masami Kurumada

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Il a créé une œuvre mythique, dont l’adaptation en prises de vues réelles à venir provoque des réactions outrées à travers la toile. Mais qui est Masami Kurumada ?

Baby-boomer né en 1953, Masami Kurumada passe son enfance dans les bas-quartiers de Tokyo à castagner – un passé de petite frappe qui inspirera ses premiers mangas. Ce domaine, il l’aborde très jeune, sans rien y connaître : il encre ainsi ses premiers travaux avec de l’encre bleue et non noire ! S’il est facile de comprendre pourquoi Shûeisha rejette l’histoire qu’il envoie en dernière année de lycée à un concours, l’adolescent au sang chaud exige des explications. Il se rend donc aux bureaux de l’éditeur… une initiative qui lui vaut d’obtenir un poste d’assistant auprès de Koo Inoue, dessinateur du manga de baseball Samourai Giants. À 21 ans, le jeune homme se lance enfin en solo avec une histoire de racailles (tiens, tiens), Sukeban Arashi… qui s’arrête au bout de deux tomes.

Le succès arrive avec son titre suivant, Ring ni kakero, manga de boxe qui intègre les thèmes qu’on retrouvera dans ses œuvres futures, notamment l’utilisation des mythes anciens (si les 25 tomes sont inédits en VF, l’anime est disponible sur ADN). Dans la même veine, Fuma no Kojirô s’inspire en 1982 des mythes ninja, mais ne dure que dix volumes. S’ensuivent quelques œuvres passables, souvent axées sur les bagarres de rue… jusqu’à Saint Seiya en 1986. Cette fois-ci, le cocktail est parfaitement dosé entre ses ingrédients de prédilection : la mythologie, les frères d’arme, l’esprit de sacrifice, l’énergie cosmique… Vendu à plus de 50 millions d’exemplaires, le manga en 28 tomes (disponible aux éditions Kana) entraîne une adaptation animée chez Toei Animation, 114 épisodes (disponibles sur ADN) qui propulseront l’œuvre de Kurumada à travers le monde.

Depuis, le mangaka peine à se renouveler. Certes, les 16 tomes de B’t X (1994-2000) proposent des robots biologiques géants, mais la recette du manga reste trop proche de Saint Seiya. Kurumada préfère alors prolonger ses œuvres précédentes, en dessinant lui-même des suites (Ring ni kakero 2 entre 2001 et 2008, Saint Seiya : Next Dimension depuis 2006) ou en confiant des spin-off à une nouvelle génération, fan de la première heure. Citons ainsi Shiori Teshirogi avec The Lost Canvas (2006-2011, 25 tomes) puis The Lost Canvas Chronicles (2011-2016, 16 tomes), Chimaki Kuori avec Saintia Shô (2013-2021, 19 tomes) ou encore Shinshû Ueda et Dark Wing (3 tomes depuis 2020, en cours), tous disponibles aux éditions Kurokawa. Plus ou moins appréciées des fans, ces séries dérivées sont loin d’avoir déclenché la même colère que les adaptations audiovisuelles plus récentes : après le long métrage en images de synthèse de 2011, la série animée en 3D diffusée sur Netflix reçoit une volée de bois vert depuis 2019 ! Les fans sont donc particulièrement circonspects à l’idée d’une version live action made in Hollywood et crient déjà à la trahison… alors que Kurumada rêvait de cette adaptation en dessinant les planches dans les années 1980. Attendons donc sa sortie dans nos salles le 24 mai pour nous faire une idée !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon