Jour 2 : Arigato la Lufthansa !

La faim les tenaille

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Après 10 heures de vol, trois films, et peu de sommeil, nous espérions atterrir au Japon sans problème. Il faut dire qu’à cause des problèmes d’avion, nous n’avions pas déjeunés et que sur notre vol, ils n’ont prévu qu’un dîner et un petit-déjeuner. Gloups. Pour calmer nos ventres affamés, nous nous sommes ruées sur les onigiri (boule de riz fourrée au saumon, entourée d’une pellicule d’algue). Les hôtesses les proposent aux estomacs voraces durant le vol tant que le stock n’est pas écoulé. Croyez-moi, nous y avons grandement contribué. Comme nous étions dans une classe économique (donc peu d’espace) et que notre voisine de derrière avait décidé de lire durant tout le trajet alors que toutes les lumières étaient éteintes, nous avons péniblement somnolé dans des positions plus ou moins tarabiscotées. Le pied n’était pas derrière l’oreille mais presque.

Malgré ces désagréments, nous étions bien contentes d’être en route pour Nagoya. Arrivées au Japon, le mitraillage photographique peut reprendre sans tarder, sauf dans les douanes où nous montrons nos jolis passeports français. Sourire aux lèvres nous allons chercher nos valises quand, ben, hum, rien. Rien ! Que dalle ! Nada ! Pas de bagages en vue ! Arghhhhh ! Deux cosplayeuses sans costume à une compétition internationale ! Nous harponnons au passage une hôtesse pour lui expliquer dans un anglais approximatif nos problèmes. Très calme, elle nous aide à remplir les formulaires de perte. Les valises peuvent être n’importe où : à Frankfort, à Tôkyô ou même à Paris. Dans tous les cas, le problème est qu’ils ne sont pas là, que nous n’avons aucun vêtement de rechange et que nous n’avons pas pris de douche depuis un bout de temps !

Pour se faire pardonner, la Lutfhansa nous offre 10 000 yens chacune. Mais le problème des cosplay reste entier. Pire : nous n’avons aucun moyen de contacter les officiels de la WCS car aucun de nos téléphones ne capte de réseau. C’était bien la peine d’avoir un forfait international et un soi-disant appareil performant tri-bande. Comme nous ne perdons pas le nord et que nos estomacs non plus, nous nous dirigeons vers le premier magasin venu pour faire de la monnaie à partir des billets de la Lufthansa. Ce n’est pas de notre faute
s’il s’agissait d’une pâtisserie. Avec la petite monnaie nous prenons d’assaut un téléphone public et appelons la responsable qui nous annonce qu’elle avait envoyé quelqu’un nous pour nous accueillir. Visiblement, nous l’avons lui aussi égaré. Mais la panique ne dure pas. Le guide vient à notre secours. Son portable sonnait occupé car il était en train d’essayer de nous joindre. Nous lui racontons notre mésaventure et là c’est parti pour plus d’une demi-heure de coups de fil divers pour essayer d’arranger les choses. Les cosplayeuses sont plus ou moins affalées sur les sièges de la salle d’attente sauf quand on essaie de les prendre en photo. Après bien des palabres en japonais, le guide nous emmène au studio de la télévision où il nous présente la responsable. Comme il est l’heure de manger (non, nous ne pensons pas qu’à ça), nous allons dans un petit restaurant traditionnel pour y manger des nouilles. La politesse veut que l’on aspire bruyamment les nouilles. Chacune s’y essaie avec plus ou moins de réussite et de fous rires. Nous retournons prendre nos affaires pour prendre le shinkansen (TGV à la japonaise) : direction Tôkyô ! Les sièges étant confortables et spacieux nous ne tardons pas à sombrer dans les bras de Morphée.

Au réveil : TÔKYÔ ! S’il ne nous savait pas invitées par la télévision, notre guide nous prendrait certainement pour des folles. L’une passe son temps à photographier les publicités et les gens ordinaires, l’autre pousse des cris plus ou moins bizarres à chaque coin de rue. Ils sont fous ces étrangers. Comme nous n’avons pas de valises et que la Lufthansa nous indique que nous ne les aurons au mieux que dans deux jours, nous sommes obligées de faire du shopping. Oui, il est de notre devoir de parcourir les boutiques de Shibuya en vue de trouver une tenue décente pour les jours à venir. Grâce à l’argent de la Lufthansa, les cosplayeuses ont ainsi été obligées de s’habiller à la dernière mode. Merci la Lufthansa ! La seule difficulté réside dans la recherche de vêtement adapté à nos morphologies occidentales. Anne-Cécile à bien du mal à entrer dans les petits-hauts destinées aux Japonaises. Il y a même une vendeuse qui lui a tâté les seins pour vérifier qu’ils étaient vrais… Pour ma part, j’ai été bien vexée de devoir prendre une taille L alors que je prends du XS en France. Comme quoi, par rapport aux Japonaises, on a très vite l’impression d’avoir un physique de déménageur. Afin de régler l’autre gros problème (le cosplay), on nous présente les cosplayeuses allemandes et on les invite à nous prêter un costume pour la conférence de presse du lendemain. Après la séance de shopping de Shibuya, on nous réunit dans un restaurant avec les équipes chinoise, allemande et brésilienne afin de préparer la journée du lendemain. Au programme conférence de presse, promenade dans le quartier et rendez-vous avec l’adjoint du ministre des Affaires étrangères ? le tout en costume ! À nouveau, les organisateurs prient les autres équipes de bien vouloir nous prêter un costume. Mais finalement, ils décident d’attribuer aux Françaises le costume le moins sexy de la terre : la joueuse de tennis gay avec sa coach, euh, pardon, Prince(sses) of tennis ! Moins glamour, tu meurs. Mais le moral reste bon tout de même. À défaut d’avoir de beaux habits, nous avons deux show girls qui assurent.

 

 

 

Ganbare France team !

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