Personnalité de la semaine : Buichi Terasawa

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L’info a fait le tour du monde en un éclair : les aventures de Cobra reprennent ! C’est l’occasion pour nous de revenir sur le parcours de son auteur, qui ne se limite pas au pirate de l’espace…

Après une enfance passée dans la froide préfecture de Hokkaido, au nord du Japon, Buichi Terasawa échoue à ses concours d’entrée à l’université. L’adolescent est passionné par le cinéma, mais n’a pas les moyens de s’offrir le matériel encore onéreux à l’époque. Qu’importe, il se tourne vers le manga… d’autant plus que le domaine peut s’avérer lucratif, puisqu’il remporte le premier prix à un concours. Professionnel débutant, il tâtonne dans le shôjo malgré une influence déjà décelable de la science-fiction. La révélation vient à 20 ans, en 1976 : Buichi Terasawa devient assistant pour le Dieu du manga, Osamu Tezuka. Fort de cette expérience, il se lance en indépendant l’an suivant, en créant le studio Black Sheep (il porte toujours du noir, et est né sous le signe du mouton, le 30 mars 1955).

Débuté en 1978 dans le Shônen Jump, le manga Cobra est un succès instantané dans un Japon friand de science-fiction depuis Star Wars. Buichi Terasawa y insuffle ses références dans le domaine, notamment les œuvres de Philip K. Dick (Souvenirs à vendre, qui inspirera Total Recall), mais également sa cinéphilie : le personnage gouailleur, charmeur et acrobate de Cobra renvoie directement à Jean-Paul Belmondo. Après y avoir mis un point final en 1984, au bout de 18 volumes, et pendant que la série animée cartonne à travers le monde, Terasawa tente un nouveau pari : la colorisation par ordinateur ! En 1985, cinq ans avant l’apparition de Photoshop, il lance ainsi The black knight BAT, suivi de Midnight Eye Goku (1986) et Kabuto (1987).

Ce nouvel élan est brusquement coupé en 1989, suite au décès de Tezuka : effondré de chagrin, Terasawa ne publie rien pendant un an. Pour marquer son retour en 1992, il frappe un grand coup : Takeru est le premier manga de l’histoire créé 100% numériquement ! Deux ans plus tard, il met ces nouvelles technologies au service de son premier héros, Cobra, qui revient tout en couleurs. L’aura du pirate spatial picaresque est telle qu’avec le nouveau millénaire se multiplient les projets de nouvelles séries animées, voire de film live. Alors que certains de ces derniers peinent à se concrétiser, Buichi Terasawa a pris le taureau par les cornes. Après une longue période d’affaiblissement qui l’a contraint, notamment, à annuler sa venue à Japan Expo en 2018, le mangaka vient d’annoncer qu’il travaillait sur un nouveau cycle de Cobra !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon

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