Personnalité de la semaine : Tetsuo Hara

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Pour célébrer l’un des ultimes singles du groupe Junretsu dans sa formation actuelle, Tetsuo Hara leur a offert une jaquette aux couleurs de Hokuto no Ken. Un joli cadeau de la part d’un pilier du manga.

Son style unique, il le doit à des influences variées qu’il a réussi à combiner. Enfant, Tetsuo Hara vénère Osamu Tezuka (il recopie assidûment les personnages d’Astro Boy et du Roi Léo), mais se passionne également pour les histoires âpres et le trait rugueux de Tiger Mask… tout en admirant les guerriers musculeux dessinés par Frank Frazetta et l’encrage de Neal Adams. Un temps attiré par l’animation, il réalise devant Tensai Bakabon de Fujio Akatsuka à quel point des images fixes peuvent transmettre une sensation de dynamisme. Alors qu’il n’a même pas dix ans, il se décide à embrasser la carrière de mangaka : il se documente, s’entraîne au yonkoma, participe aux clubs de gekiga de son collège et de son lycée, et s’inscrit dans l’école de Kazuo Koike, dont il sort diplômé en 1981, à l’âge de 20 ans.

L’année suivante, il fait ses débuts dans le Shônen Jump. Mais sa première série, une compétition sans foi ni loi entre motards, Tetsu no Don Quixote, sombre dans les sondages de popularité. Certes, Tetsuo Hara a réussi à s’imposer comme l’un des dessinateurs réalistes les plus doués de son époque malgré son handicap (souffrant d’une cornée conique, il doit fermer un œil pour dessiner, biaisant ainsi sa perspective qu’il doit corriger à de multiples reprises), mais c’est un bien piètre scénariste. Shûeisha lui adjoint donc le scénariste Buronson pour concevoir Hokuto no Ken. La fresque post-apocalyptique aux relents de Mad Max passionne au-delà du lectorat du Jump par sa dimension « over the top », son cocktail de violence exagérée à en devenir grotesque et son romantisme exacerbé. Une fois Hokuto no Ken terminé en 1988, Hara se tourne vers l’auteur Keiichiro Ryû, spécialisé dans les grandes figures du Japon. Keiji, en 1990, inaugure une collaboration qui s’étendra sur trois séries historiques.

À leur conclusion en 2000, Tetsuo Hara est lassé par le système du Shônen Jump, qui impose aux auteurs un succès instantané sous peine de suppression de leur série. Pire encore, la nouvelle équipe éditoriale n’a aucun respect pour des mangakas avec vingt ans de carrière, comme lui ou Tsukasa Hôjo. Les deux compères font sécession pour créer le magazine Comic Bunch, dont les ventes décollent grâce à un prequel de Hokuto no Ken, Fist of the blue sky. Hara peut ensuite y développer les fictions historiques, son autre marotte, tout en supervisant les adaptations de la saga qui a fait sa fortune. Depuis, il peut laisser libre cours à ses envies artistiques, comme scénariser un livre jeunesse, Bonolon, qu’il peut montrer à ses enfants… ou répondre à la demande de fans de longue date comme le groupe Junretsu, à qui il offre une illustration inspirée de Hokuto no Ken pour leur dernier single en date !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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