Personnalité de la semaine : Katsuya Kondô

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L’annonce de la sortie du manga de Katsuya Kondô sur la vie de Jeanne d’Arc est l’occasion rêvée de revenir sur la carrière d’un animateur aussi talentueux que discret.

Est-ce un signe du destin ? Katsuya Kondô naît en 1963, année charnière au Japon qui voit la naissance de la première série animée hebdomadaire, Astro Boy. Passionné par l’animation, le jeune homme originaire du nord de l’île de Shikoku n’a donc qu’une idée en tête une fois diplômé de la faculté de Niihama : intégrer un studio de production ! Après de menus travaux chez Tokyo Movie Shinsha (notamment, sur le film Golgo 13 et la série Cat’s Eye en tant qu’intervalliste en 1983), il n’est finalement pas embauché. Cet échec lui permet en contrepartie d’entrer au studio Annapuru, structure fondée par Osamu Dezaki et Akio Sugino, excusez du peu, où il fait ses premières armes sur Mighty Orbots, série produite pour le marché américain.

Durant ses débuts en tant que freelance, il prolongera cette expérience à un cahier des charges occidental en tant qu’animateur clef sur Rainbow Brite en 1984 et Les Gummies en 1985. Par la suite, Katsuya Kondô participe surtout à des productions nippones telles que Maison Ikkoku, Devilman ou Les ailes d’Honneamise mais aussi aux premières productions du studio Ghibli, à savoir Le château dans le ciel en 1986 (animateur clef), Mon voisin Totoro en 1988 (designs) et Kiki, la petite sorcière en 1989 où il obtient pour la première fois le poste de directeur de l’animation et de character designer. Après une dernière participation en indépendant sur le téléfilm produit au studio Pierrot en 1990, Like the clouds, like the wind, Kondô intègre le studio Ghibli et voit son nom aux génériques de toutes leurs productions durant les nineties : Souvenirs goutte à goutte, Porco Rosso, Je peux entendre l’océan, Pompoko, Princesse Mononoké ou Mes voisins les Yamada.

Durant cette même décennie, l’animateur se frotte à d’autres moyens d’expression artistiques, comme le jeu vidéo : il contribue ainsi au chara-design et à l’animation de Jade Cocoon en 1998, ainsi que sa suite trois ans plus tard. Mais il couche également son talent sur papier, en collaborant avec Ken’ichi Sakemi sur le manga D’arc : Histoire de Jeanne d’Arc. En passant le cap de la quarantaine, Katsuya Kondô continue d’expérimenter et de sortir de sa zone de confort. Certes, il participe toujours activement aux productions Ghibli, en particulier Ponyo sur la falaise dont il conçoit les personnages, supervise l’animation et… écrit les paroles de la ritournelle, tube en puissance de l’année 2008 au Japon et à travers le monde. Mais Kondô s’aventure surtout sur le terrain des images en synthèse, en contribuant au chara-design d’Umi no Aurora en 2000, et à l’animation de Dennou Coil, qui mêle 2D et 3D, en 2007. Grâce à cette expérience, il permet au studio Ghibli de prendre une nouvelle direction avec Ronja, fille de brigand en 2014 puis Aya et la sorcière en 2020 dont il signe le chara-design. Alors qu’il soufflera ses 60 bougies le 2 juin prochain, Kondô reste toujours tourné vers les nouvelles technologies… et les nouvelles générations d’animateurs, qu’il aime à former dès le plus jeune âge !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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