Personnalité de la semaine : Dai Satô

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Tombé par hasard dans le monde de l’animation, Dai Satô y est rapidement devenu un scénariste incontournable. Concepteur de nouvelles franchises, il s’attaque aujourd’hui à un mythe historique, Doraemon !

Pour Dai Satô, tout a commencé à l’âge de 19 ans. Pour ce jeune homme né en 1969, les media en plein boom durant les années 80 sont une véritable passion. Après un petit job durant ses années lycée au service postal d’une radio locale de Shimane, sa région natale à l’extrême ouest du Japon, il s’inscrit dans une école supérieure consacrée à la télévision, avec comme travaux pratiques la rédaction de fiches pour les présentateurs d’émissions de divertissement, puis de questions pour les quiz culturels. Parmi ses professeurs, il entretient une relation privilégiée avec un certain Yasushi Akimoto. Rien d’étonnant, puisque l’étudiant est un passionné de musique et, rapidement, le futur producteur des AKB48 engage Dai Satô dans sa société de compositeurs et de paroliers – il y écrit notamment les paroles de plusieurs chansons pour la saga Dragon Ball Z, dont le générique de fin du quatrième film.

En parallèle, le jeune homme se passionne pour un jeu vidéo indépendant, Mendel Palace, au point de chercher à rencontrer son créateur, Satoshi Tajiri. Il quitte alors la société d’Akimoto pour intégrer Game Freaks, où il participera au développement d’un futur phénomène de société, Pokémon ! Il est alors recontacté par Shin’ichirô Watanabe, avec qui il avait collaboré en 1994 en écrivant des paroles pour certains morceaux de Macross Plus. Le courant était instantanément passé entre les deux fans hardcore de musique, capables de discuter toute une nuit de leurs dernières découvertes comme des artistes de leur jeunesse comme YMO. Le réalisateur lui propose de rédiger des scripts pour une série où la musique tiendrait justement une part prépondérante, Cowboy Bebop. Cette première incursion plonge Dai Satô dans l’univers de l’animation, qu’il ne quittera plus pendant les  deux décennies à suivre.

Outre sa relation privilégiée avec Watanabe, qui trouve sa consécration dans Samurai Champloo mais aussi dans Space Dandy, Dai Satô développe des liens très forts avec l’équipe de production de Cowboy Bebop, qui fait scission d’avec Sunrise pour prendre son indépendance en tant que studio Bones – il développera pour eux, notamment, Eureka Seven. Le scénariste devient également un créateur important dans l’univers de Masamune Shirow, en participant aux séries comme aux jeux vidéo Ghost in the shell : Stand Alone Complex. Enfin, comment ne pas voir son appétence pour la musique dans le générique de fin, signé Radiohead, d’Ergo Proxy ? Désormais à la tête d’un bureau de scénaristes, StoryRiders, Dai Satô cultive en effet une curiosité pour toute forme d’art qui ne touche pas à l’animation, et en particulier occidentale, afin d’insuffler une dose d’originalité à ses scripts. Il part ainsi enseigner cette méthode à d’apprentis scénaristes à New York, et ouvre une galerie d’art à Amsterdam ! Mais c’est toujours la musique qui prédomine, comme le prouve sa dernière série en date, Listeners, au studio MAPPA. On espère donc un moment musical d’anthologie dans le prochain film Doraemon, dont il vient d’annoncer sur Twitter qu’il rédigeait le script !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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