Personnalité de la semaine : Sui Ishida

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Tokyo Ghoul a beau être terminée, la série fascine toujours autant le Japon. À l’occasion de l’exposition qui lui est dédiée au Sunshine d’Ikebukuro, revenons sur son auteur.

Sui Ishida est un homme discret. Il aura fallu attendre l’ultime tome de Tokyo Ghoul pour que son auteur se dévoile un peu dans les notes inscrites sur les rabats de la jaquette ! Il faut dire que le mangaka a eu une enfance assez particulière. Né à la toute fin de l’année 1986 (le 28 décembre), le petit garçon connaît de nombreux déménagements en raison de la profession de ses parents. Il est donc difficile pour lui de lier des amitiés… d’autant plus que sa famille est chrétienne, une religion minoritaire et mal comprise dans l’archipel ! Particulièrement conservateurs, ses parents s’opposent d’ailleurs fermement à l’idée que leur enfant se tourne vers le métier de mangaka, pas assez stable à leurs yeux.

Pourtant, le petit garçon se tourne très tôt vers le dessin, tout d’abord pour imiter sa grande sœur, puis par véritable passion. Celle-ci se retrouve néanmoins contrariée quand, par mégarde, Sui Ishida renverse de l’encre sur un tatami familial : culpabilisant sur cette maladresse, il passera dix ans sans toucher une plume à nouveau ! Ce qui ne l’empêchera pas d’orienter ses études supérieures vers le manga et, en 2009, de s’installer à Tokyo pour espérer y faire carrière. Il y fait ses premières armes en tant qu’assistant de Yasuhisa Hara sur Kingdom (avec sa modestie habituelle, il prétend avoir été inutile durant sa formation !), avant de remporter un des concours organisés par Shueisha en 2010 dans la version mensuelle du Shônen Jump. Le titre de son histoire courte ? Tokyo Ghoul Rize !

Dès l’année suivante, Sui Ishida transforme son prototype en série au long cours dans les pages du Shônen Jump. On y retrouve une bonne part de sa personnalité assez réservée dans le héros Kaneki, qui ménage la chèvre et le chou comme lui quand il était enfant, mais également dans l’attachement qu’il porte aux minorités, réminiscence de son passé dans une famille chrétienne. Particulièrement drivé par son responsable éditorial sur les premiers chapitres, le mangaka prend peu à peu de l’assurance au point d’exiger travailler en solo sur la première scène d’amour de son héros, particulièrement émouvante de son point de vue, sans intervention de son responsable ou de ses assistants, quitte à y passer deux semaines. Au final, les onze tomes de Tokyo Ghoul (2011-2014), et les seize de sa suite Tokyo Ghoul :re (2014-2018), disponibles en VF chez Glénat, auront dépassé les 40 millions d’exemplaires vendus ! Alors que l’artiste particulièrement actif sur Twitter se prépare à dévoiler sa nouvelle œuvre, le jeu vidéo de Broccoli Jack Jeanne pour lequel il a signé les designs, Sui Ishida est à nouveau mis à l’honneur pour sa saga horrifique avec une exposition dans le centre commercial Sunshine d’Ikebukuro, à Tokyo !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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