Personnalité de la semaine : Haruhiko Mikimoto

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Après des décennies de gel, les droits internationaux de la saga Macross sont enfin débloqués ! L’occasion de revenir sur un artisan majeur de sa création, le designer Haruhiko Mikimoto.

Né en août 1959 à Tokyo, Haruhiko Sato se passionne très rapidement pour le manga via les œuvres de Shotaro Ishinomori. Cependant, en découvrant le trait élégant de Yoko Tadatsu, il oriente également son style vers le shojo. La réticence de ses parents, pour qui mangaka n’est pas un métier convenable, ne fait que renforcer son envie de se consacrer au dessin. Tout bascule en 1979 avec le succès de Gundam ! Marqué par le trait de Yoshikazu Yasuhiko, le jeune homme de 20 ans produit un fanzine dédié à la saga de science-fiction avec l’aide d’un camarade de sa faculté, un certain Shoji Kawamori. Ils ne sont pas les seuls étudiants de l’université Keio à se passionner pour la série qui marque le renouveau de l’animation japonaise, on compte également le futur scénariste Hiroshi Oonogi ou le dessinateur Fujihiko Hosono… que Haruhiko assiste sur ses premières œuvres professionnelles, telles que Crusher Joe.

Ces forces vives rejoignent le jeune studio Nue, fondé en 1972, où elles vont développer une série qui bouleverse l’industrie de l’animation, Macross. Propulsé chara-designer, Haruhiko prend le nom de plume Mikimoto, qu’il va chercher dans le manga Une vie nouvelle de Mitsuru Adachi (oscillant comme lui entre shôjo et shônen). Il développe également un style plus épais pour se distinguer des traits raffinés « à la Yasuhiko », mais livre des personnages trop détaillés et difficiles à animer pour le reste de l’équipe, à commencer par l’emblématique Lynn Minmay ! Le triomphe de Macross au Japon en 1982 (puis dans le reste du monde via Robotech, qui fusionne Macross, Southern Cross et Mospeada sous l’égide de l’éditeur américain Harmony Gold) imposera à Haruhiko Mikimoto de travailler sur toutes ses suites, ou presque : seul Macross Plus manquera à l’appel, pour incompatibilité d’agenda. Cette prérogative n’est pas sans avantage, puisqu’il peut enfin dessiner de A à Z son propre manga en parallèle d’une des séries, Macross 7 Trash !

Néanmoins, l’artiste a besoin d’aller voir ailleurs pour alimenter sa créativité. Passons rapidement sur Gundam 0080 (1989) et Gundam 0087 (2001), qui lui permettent avant tout de contribuer à la série dont il était fan à 20 ans ! On retiendra plutôt Gunbuster (1989), fusion entre les anime de mecha et le mythe du shôjo Jeu, set et match, qui lui permet de concilier ses deux influences majeures sous la direction de Hideaki Anno. Bien qu’anecdotique dans sa filmographie, le long métrage Tottoi (1992) offre à Mikimoto un changement radical d’atmosphère avec son histoire d’amitié entre une jeune fille et un phoque produite par Nippon Animation ! Plus récemment, une nouvelle génération a découvert son style inimitable à travers les personnages de Kanaberi of the iron fortress produit au studio WIT. Alors qu’il participe à la nouvelle itération de la saga Gundam, la trilogie cinématographique Senkou no Hathaway, Haruhiko Mikimoto pourrait revenir sous le feu des projecteurs via sa première œuvre, Macross, dont les droits à l’international viennent d’être débloqués ! Une actualité entre modernité et tradition, donc !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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