Personnalité de la semaine : Aya Kanno

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Suite à l’adaptation animée du Requiem du roi des roses, une nouvelle génération découvre le travail d’Aya Kanno. Retour sur le parcours de l’inventrice du terme otomen, entré dans le langage courant !

Née en 1980 à Tokyo, Aya Kanno se découvre très tôt un attrait particulier pour le dessin. Comme tous les enfants de sa génération, elle se passionne pour Dragon Ball, titre qui lui donne envie de devenir, elle aussi, mangaka professionnelle. Elle oriente donc très vite ses études dans ce but, et s’inscrit après le lycée dans un établissement spécialisé dans le manga. Une fois diplômée, elle peaufine sa formation en assistant Masashi Asaki, auteur de Psychometer Eiji, pendant dix-huit mois. L’expérience est marquante pour l’apprentie mangaka, éberluée par les compétences des assistants du sensei : elle se remonte donc les manches et travaille d’arrache-pied pour se hisser à leur niveau. Les efforts portent leurs fruits puisqu’à 20 ans, en 2001, elle se fait repérer par les éditions Hakusensha en participant à un de leurs concours.

Prévu pour être un one-shot, le titre qu’elle propose, Soul Rescue, durera deux tomes. Après cette histoire d’ange devant sauver 1000 âmes pour être autorisé à revenir au Paradis, la mangaka se penche sur un mythe historique, le Shinsengumi, en 2003. Elle développe par la suite de nombreux autres projets mêlant action et suspense (citons ainsi L’empreinte du mal disponible aux éditions Delcourt), mais c’est en se tournant vers l’humour en 2006 qu’elle rencontre le succès… pour ne pas dire un triomphe ! Décrivant les difficultés au quotidien d’un jeune homme tiraillé entre sa passion pour des loisirs féminins (shojo manga, accessoires de mode kawaii…) et la virilité qu’on lui demande d’incarner (il pratique le kendo), Otomen devient un phénomène de société ! Le manga en 18 tomes (disponible aux éditions Delcourt) donne ainsi naissance en 2009 à un drama qui cartonne à la télévision, au point de faire entrer le terme otomen dans le langage courant au Japon.

Suite à ce succès, Aya Kanno revient l’espace d’un volume relié à sa passion première, le Shinsengumi, avec l’inédit Makoto no kuni en 2013… pour mieux surprendre son lectorat par la suite. La mangaka va en effet puiser dans l’œuvre de Shakespeare Richard III, l’une des pièces les plus connues à travers le monde (« Un cheval, un cheval, mon royaume pour un cheval ! »), pour développer son nouveau titre, Le requiem du roi des roses (disponible aux éditions Ki-oon). Mêlant au drame historique de la Guerre des Roses des éléments ambigus propres au shôjo (l’androgynie de son héros, notamment), le manga est toujours en cours actuellement avec 15 volumes au compteur. Il aura fallu attendre presque dix ans avant qu’un studio d’animation, J.C. Staff en l’occurrence, ne l’adapte en série télévisée sous la direction de Kentarô Suzuki. Débutée il y a quelques semaines, cette adaptation disponible chez Wakanim devrait attirer un nouveau public autour de l’œuvre, entre les fans d’Otomen qui n’avaient pas reconnu Aya Kanno derrière ce ton plus sombre, et les lectrices trop jeunes pour avoir connu Otomen quinze ans plus tôt. Et moderniser une nouvelle fois l’œuvre de Shakespeare, tout comme l’avait fait Romeo+Juliet en son temps !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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