#TBT : Je ne suis pas un ange

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Il y a trente ans sortait le premier volume de Je ne suis pas un ange, premier succès qui allait propulser Ai Yazawa sur le devant de la scène shôjo.

À la rentrée des vacances d’été, Midori Saejima découvre, stupéfaite, que ses camarades l’ont inscrite sans la prévenir aux élections du comité des élèves. Non seulement, elle ne peut refuser mais, en prime, son discours est prévu pour l’après-midi même ! En débarquant sur scène devant tous les élèves, Midori découvre que l’élu de son cœur, Akira Sudô, participe également aux élections. Nommés tous les deux à la tête du BDE, les adolescents se rapprochent… au point qu’Akira finit par avouer son attirance pour leur professeure d’art, Hiroko Maki, malheureuse en amour. Alors que gravitent autour d’eux des couples au caractère différent, Midori ne baisse pas les bras pour conquérir le cœur d’Akira…

Dans les années 90, les shôjo mettent en avant des héroïnes sûres d’elles, prêtes à tout affronter par amour avec une certaine maturité (Sailor Moon, Fruits Basket, Marmalade Boy…). Ai Yazawa choisit une voie différente avec Je ne suis pas un ange, qui se caractérise par l’apparente désinvolture, pour ne pas dire puérilité, de ses personnages. Nous avons affaire à des lycéens qui ont des préoccupations d’adolescents, avec ce désir de toujours s’amuser – ce que l’on retrouve dans leur design, qui évoque encore pour certain(e)s les traits de l’enfance. Mais c’est pour mieux cacher leur profonde mélancolie, beaucoup d’entre eux ayant déjà connu des peines de cœur dont ils subissent encore les séquelles. La recette fonctionne si bien qu’on retrouvera dans ses titres suivants, notamment Gokinjo, une vie de quartier et Paradise Kiss, qui multiplient les clins d’œil à Je ne suis pas un ange. À commencer par la peluche du Sudô-saure, qu’on verra même apparaître dans Nana !

C’est le 15 mai 1992 que sort le premier tome de Je ne suis pas un ange au Japon, qui sera suivi tous les cinq mois d’un nouveau volume, jusqu’au huitième et final à la fin de l’année 1994. Premier succès populaire d’Ai Yazawa, il pose le style de la mangaka : des histoires chorales gravitant autour d’un duo de personnages principaux, un subtil mélange entre optimisme et nostalgie, une passion pour la mode, et un trait clair et lumineux qui lui permettra de se distinguer encore plus pendant la seconde moitié des nineties où prédomine le courant emo/gothique. Le manga n’aura pourtant droit qu’à une maigre adaptation en une OAV de trente minutes dirigée par Hiroko Tokita, réalisatrice de Touch et Yawara. Trente ans plus tard, alors que le monde entier espère une reprise de Nana, ce serait peut-être l’occasion de remettre à l’honneur Je ne suis pas un ange, parfaitement adapté pour une série live !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon