#TBT : Blue Gender

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Si l’on aime l’animation japonaise pour ses chefs d’œuvre, rien n’empêche également d’apprécier ses séries B défouloir, à l’instar de Blue Gender, dont le long métrage récapitulatif est sorti il y a vingt ans.

2009, le futur. Atteint d’une maladie génétique, Yuji Kaido n’a qu’une seule chance pour survivre : se faire cryogéniser jusqu’à ce que la recherche ait suffisamment progressé pour le soigner. À son réveil, en 2031, il découvre avec horreur que la Terre a été colonisée par des insectes géants, les Blue. Depuis, l’humanité s’est retranchée sur une base orbitale, Second Earth, et place tous ses espoirts dans ces personnes cryogénisées, les Sleepers. À la tête d’une escouade de soldats, Marlène Angel est revenue sur Terre pour en dénicher, et repart avec Yuji (qui s’est réveillé seul, une exception !)  sur Second Earth. Seuls survivants de ce périple (ce qui développe une relation particulière), ils apprennent alors la décision des dirigeants de Second Earth : lancer une opération d’envergure contre les Blue, en s’attaquant directement à leurs nids.

En 1994, Masashi Abe et Koichi Ohata avaient collaboré à la réalisation de Geno Cyber, série d’OAV à la violence crue et explicite. Par conséquent, quand le duo se retrouve cinq ans plus tard afin de concrétiser un projet pour le studio AIC (Bubblegum Crisis, Armitage III), on se doute bien qu’il ne s’agira pas d’un titre rose bonbon. Et, effectivement, Blue Gender repousse les limites de l’acceptable pour une diffusion télévisuelle en termes de violence et de sexualité. Mais la démarche ne s’inscrit pas dans la gratuité ! Blue Gender présente une société déshumanisée, qui a dû sacrifier toute sensibilité pour survivre face à l’envahisseur insectoïde. Cette régression sur l’arbre de l’évolution se ressent ainsi dans le rapport qu’ont les citoyens de Second Earth à l’acte sexuel : comme pour les bonobos, il sert avant tout à se détendre en cas de stress, sans aucun lien intime/amoureux. De même, l’empathie semble avoir totalement disparu : tant pis s’il faut sacrifier le plus grand nombre pour conserver un espoir de survie !

Le personnage de Marlène est un parfait échantillon des fruits de cette société, guerrière élevée comme une militaire depuis son plus jeune âge. À l’inverse, Yuji, qui a grandi dans un monde humaniste, est complètement désemparé dans ce monde délétère dans lequel il s’est réveillé. Opposés, les deux héros de 17 ans vont peu à peu s’influencer, Yuji s’endurcissant et Marlène s’humanisant, au fil des 26 épisodes de la série. À travers leurs conceptions, Blue Gender aborde tour à tour des thèmes comme l’écologie, la place de l’homme sur Terre, ou encore la guerre… entre deux crânes explosés et des poitrines dénudées ! Malgré un rythme assez lent, la série a remporté un succès suffisant au Japon pour être déclinée en un long métrage avec une fin alternative le 20 novembre 2022. D’abord sortie en DVD (idéal pour des soirées pizza-bières entre otakus), la série fut ensuite diffusée en France sur NRJ 12 en 2006… et est aujourd’hui disponible en streaming légal grâce à nos confrères de Manga-News !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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