
Arte de Kei Ohkubo (tome 1)
Suite aux conseils avisés de Lord Yupa et Veggie11, je me suis acheté le tome 1 de Arte publié aux éditions Komiku.
Bien m’en a pris, le premier volume de ce manga m’a beaucoup plu ! 🙂
Nous sommes au début du XVI siècle. Arte est une adolescente de 16 ans qui est une passionnée de dessin et de peinture, deux domaines dans lesquels elle excelle et qui la passionnent au plus haut point.
C’est son père qui lui a permis de suivre des études d’art pour la plus grande joie de la jeune fille. Hélas, à la mort de celui ci, sa mère a décidé de faire brûler la quasi totalité des oeuvres de sa fille ! D’après elle, elle ne devrait pas se préoccuper d’une activité aussi futile et devrait plutôt s’intéresser à trouver un époux, d’autant plus que sa dot n’est guère faramineuse.
Furieuse que sa mère soit aussi obtus et qu’elle entrave son rêve, elle ne veut surtout pas l’écouter et part en quête d’un artiste peintre dont elle deviendrait l’assistante et qui lui permettrait de perfectionner son trait.
Hélas pour elle, Arte sera confronté à la misogynie et au mépris de nombreux artistes qui refusent catégoriquement de la prendre comme assistante…
Jusqu’à ce qu’un beau jour, Léo un peintre accepte de la prendre sous son aile.
J’ai trouvé ce premier tome très convaincant. Le point fort principal de cette série, c’est son héroïne Arte. Elle a un très fort tempérament, ne se laisse absolument pas marcher sur les pieds, et elle n’hésite pas à répondre du tac au tac aux imbéciles qui la dénigrent oui lui crachent dessus. Elle veut prouver à toutes et à tous de quoi elle est capable et que, OUI, elle deviendra une grande artiste !
Autre originalité, à chaque fois que l’émotion l’étreint, semble la submerger et qu’on pense qu’elle va pleurer de joie ou de tristesse, elle retient TOUJOURS ses larmes !
Sûrement pour ne pas qu’on croit qu’elle est trop émotive ou pleurnicharde.
C’est une passionnée, on sent que l’art lui permet de s’épanouir et de laisser libre cours à sa créativité.
Son “maître” Léo est aussi un personnage très intéressant. Au premier abord il apparaît bourru, peu loquace, il est très exigeant envers son apprentie… Mais on sent qu’il tient à elle et sait lui prodiguer de bons conseils afin qu’elle progresse.
Ce que Arte aime chez ce peintre, c’est qu’il la juge en tant que personne et apprentie, et ne la rejette pas sous prétexte qu’elle est une femme.
Comme vous pouvez vous en doutez, l’oeuvre est résolument féministe et c’est ce qui fait en partie son charme.
Le style graphique des personnages est classique mais efficace. Arte nous gratifie occasionnellement de grimaces super deformed de son cru, cependant, elles ne sont pas excessives, et, à défaut d’être hilarantes, elles sont amusantes.
Quant aux décors, ils sont splendides, Florence étant magnifiquement représenté. J’ai particulièrement aimé la case où nous voyons Arte de dos qui contemplait de la fenêtre de son atelier, sa ville natale.
De plus, la période de la Renaissance m’a toujours captivé, et, étant enfant, j’avais lu de nombreuses biographies passionnantes de Léonard de Vinci. Je regrette juste qu’il n’y ait pas de petits encarts historiques entre les chapitres comme dans Thermae Romae de Mari Yamazaki, dommage, cela aurait pu apporter un cachet supplémentaire à l’oeuvre ainsi qu’un élément instructif supplémentaire.
Quoi qu’il en soit, ce manga est très bon, joli, intelligent et prenant, et je lirai la suite avec plaisir !
Merci Yupa et Veggie de m’avoir convaincu ! 😉 😀