Les manga culturels

20 sujets de 61 à 80 (sur un total de 312)

Posté dans : Manga & BD

  • Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #361787

    Bah je confirme à plein, mon bon Kuronoe !
    Le Chef de Nobunaga est un superbe titre “culturel” !!
    Bien sûr le pitch rappelle énormément Jin, ce chirurgien de l’an 2000 qui glisse par la presque banale “faille du continuum spatio-temporel” (il y en a une au pied de mon immeuble mais en la contournant je tombe dans l’égout, c’est ch…ant) jusqu’à l’an 1862, peu avant la guerre de Boshin et l’avènement de l’ère Meiji. Point commun aux deux héros : par leurs connaissances et compétences très au-dessus de leur environnement, vont-ils changer l’Histoire ?? Les deux séries sont très finement documentées sur des événements historiques le plus souvent résumés à grands traits dans les bouquins “grand public”, et les deux séries sont très éloignées de tomber dans des parti-pris politiques ou des sermons de morale, non : on analyse, on suspend le jugement.
    Notre cuisinier hors pair réussit en général à transmettre des messages symboliques aux puissants et dangereux seigneurs de la guerre qu’il est amené à servir. La série est aussi un formidable manuel culinaire, arrivé au tome 9 en français. Le personnage d’Oda Nobunaga me semble très réussi, mais Toyotomi Hideyoshi, un de ses lieutenants, paraît ici un peu sous-évalué, et l’on est surpris de rencontrer le 3ème “taïkun” après les deux précédents, Ieyasu Tokugawa, en homme “très gentil”, lui qui sut éliminer tout le monde petit à petit avant de lancer les bases d’une dictature, façon un peu Staline quoi…

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #369122

    Divçi Vàlka, ou “La guerre des pucelles” :

    Un manga culturel-historique d’un certain intérêt.
    Le récit est situé pendant les cruelles guerres de résistance menées par les Hussites de 1419 à 1436.
    C’était à la fois une guerre nationale d’un peuple slave (tchèque, en Bohême comme on disait à l’époque) contre les Allemands du Saint-Empire Romain Germanique soumettant les autres peuples, et une guerre religieuse-sociale, les partisans de Jan Hus refusant la rituelle suprématie du clergé sur la masse du peuple. A l’époque, seuls les prêtres communiaient “le pain et le vin” du Christ, et dictaient la religion, mais d’amples mouvements en Europe affirmaient que seul comptait que chacun lise la Bible, et que tout le monde pouvait communier. Enorme danger pour l’Eglise évidemment. Hus fut brûlé vif à Prague en 1416.
    Partant de là, le manga est bien documenté, en particulier sur les très efficaces nouveautés stratégiques des rebelles Hussites : colonnes de lourds chariots “cuirassés” se formant en barrière ou en cercle, abritant les tirs de bombardes, d’arbalètes ou de couleuvrines portatives légères (les ancêtres des arquebuses du siècle suivant) contre les charges des chevaliers en armures. Du coup les campagnes de l’armée populaire des Hussites furent brillantes, et en passant à l’offensive elle envahit la Silésie, la Saxe, la Bavière et au Nord le sinistre Ordre Teutonique, aidant les Polonais à écraser celui-ci.
    Notre mangaka, Ohnishi, prend le parti assez cru de ne rien cacher des horreurs de la guerre, en particulier les viols. Certes, comme disait déjà le père Freud, une des causes secrètes, jamais avouée, des guerres est l’espoir masculin de se livrer à des viols impunément, comme on le voit encore et pas seulement en Afrique loin s’en faut, mais ici la complaisance (??) autour de celui de l’héroïne (Sarka, une fillette) provoque une certaine gêne. J’aurais préféré voir le manga se centrer sur la jeune adulte guerrière, Vlasta, qui rappelle Jeanne d’Arc (laquelle au fait ne soutenait rien d’autre que les Hussites : que chacun peut très bien être aussi inspiré par le divin que le pape ou l’évêque, et ceci juste au moment des guerres hussites !!).
    Le dessin est juste convenable, sans plus ; le rusé chef rebelle Jan Ziska est habilement campé. Le pape Martin V est un “méchant”, et en effet c’était un plouc germanique et brutal, vendeur d'”indulgences” pour tous les massacreurs d'”hérétiques” et de juifs. Reste à voir si les enjeux religieux ont bien été saisis par l’auteur.

    Cyril
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    Cyril le #369689

    Notre mangaka, Ohnishi, prend le parti assez cru de ne rien cacher des horreurs de la guerre, en particulier les viols.

    J’ai le flyer et le manga s’ouvre effectivement sur 2 viols, dont celui d’une gamine. Je ne dis pas que ça n’est pas réaliste ou justifié dans le contexte d’une guerre mais ça ne m’a pas donné envie d’aller plus loins.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #370352

    En effet, Cyril, on en ressent de la gêne, même si tout n’en est pas montré. Je ne sais pas d’ailleurs si je vais aller plus loin que le volume 1 (pas fini de le lire, car je lis toujours plein de trucs à la fois).

    Veggie11
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    Veggie11 le #370354

    Je n’ai pas pensé à jeter un œil au manga hier à Tanigami, mais les premiers retours et même le concept ne m’emballent pas. Ça aurait pu m’intéresser étant d’origine tchèque côté maternel et intéressée par l’Histoire de ma deuxième patrie, mais c’est un peu comme pour Wolfsmund : si l’époque n’est finalement qu’un prétexte à étaler des scènes de violence, je m’en passerai volontiers !

    Côté manga culturel, je pense plutôt suivre le Chef de Nobunaga que Yupa recommande !

    Akiko_12
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    akiko_12 le #370385

    Sinon, je sais pas si vous allez considérer ça comme “culturel”, mais il y a l’excellent Requiem du Roi des Roses d’Aya Kanno.

    Le manga revisite l’histoire de Richard III sous un jour inédit. Nous suivons les divers événements qui vont construire sa personnalité : son lien fort avec son père, le rejet de sa mère, sa quête d’identité (il cache un lourd secret)… Et, bien sûr, le conflit politique entre les maisons d’York et Lancaster.

    Le manga est très bien ficelé, avec une ambiance assez sombre. Pour vous donner une idée, Richard III dans son enfance fait penser à Kitarô (Gegege no Kitarô). Il vit des situations assez dures, car sa mère le considère comme un monstre. C’est un personnage complexe et torturé, qui ne sait pas bien où se situer.
    Les portraits des autres protagonistes sont aussi très réussis, comme le fascinant Henry VI, ou l’infâme Marguerite.
    Tout l’aspect guerre/politique est bien amené. C’est prenant, rythmé, crédible. Sans en faire trois tonnes, l’auteure nous fait bien sentir qu’on n’est pas au pays des Bisounours.

    Comme Aya Kanno a aussi officié dans le shôjo, elle développe bien l’aspect psychologique et parvient à introduire des passages au parfum assez romantique. Richard est particulièrement passionnant à suivre avec son ambivalence, car il peut prendre toutes les directions qu’il souhaite.

    J’étais curieuse et en même temps assez circonspecte en ouvrant le tome 1. Je trouvais que la couverture faisait très Kuroshitsuji… Puis j’ai été happée par l’histoire, et j’étais hyper frustrée de n’avoir pas acheté le 2. 😆
    Au final, j’ai découvert un manga très proche de Versailles no Bara/Lady Oscar dans l’esprit, dans une version plus “adulte”, plus dark et plus violente.

    Le Requiem du Roi des Roses me parait assez peu mis en lumière, mais il vaut vraiment le coup !!

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #370428

    Ooooh, mais en effet, Akiko, ça me paraît attirant !
    A noter : la tradition (y compris son adaptation par le très mystérieux “Shakespeare”) fait de Richard III un salaud et un monstre, mais récemment les historiens l’ont plutôt réhabilité !
    On peut supposer que notre auteure en a entendu parler…
    Quant à 7 Shakespeare, justement il y a des hypothèses très intéressantes que l’auteur n’a peut-être pas utilisées. En fait deux surtout ressortent si l’on exclut le presque illettré de Stratford qui n’a pas laissé un seul bouquin à sa mort ni aucune allusion à son oeuvre. Il s’agit d’Edward De Vere, comte d’Oxford, ou… d’une femme, Ann de Pembroke, géniale mais obligée aussi bien que l’autre de prendre un prête-nom (pratique courante à l’époque, surtout pour le théâtre !).

    Cyril
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    Cyril le #370560

    Je suis justement en train de lire la biographie de Richard III par Kendall. Avant cela, je ne connaissais pas grand chose du personnage : je n’ai pas lu la pièce de Shakespeare, même si, comme tout le monde, je connais la citation sur le cheval. Et effectivement, le personnage est plutôt réhabilité, notamment par sa fidélité à son frère jusqu’à la mort de celui-ci (contrairement à leur autre frère, Clarence). C’est après que ça commence à se gâter quand il renverse son neveu, même si des raisons autres que la simple soif de pouvoir (méfiance envers la famille maternelle, doute sur la légitimité des enfants) sont données par l’auteur.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #378396

    Divçi Vàlka, lecture volume 1 achevée :

    Finalement ce manga mérite un certain intérêt, même si comme Veggie je craignais fort une voyeuriste et lourde complaisance sur les horreurs de la guerre. C’est un peu le cas, mais d’un autre côté on ne fait pas la guerre en se jetant à la tête des bouquets de fleurs.
    Surtout, l’auteur s’est remarquablement documenté, et donne ses sources, très sérieuses, à la fin de ce volume. Il a le sens de la mise en scène “cinématographique”, et cherche à approfondir psychologiquement ses personnages.
    Je regrette pourtant un dessin plutôt faible, rigide, simpliste.
    Pour nous citoyens libres et modernes, le camp de la “juste cause” ne peut être que celui des Hussites, mais le début laisse tout de même une impression de parti-pris excessif. Toutefois ensuite, avec l’arrivée d’un chevalier teutonique pur et noble, et la mention pour la première fois des crimes hussites (populations chassées sur les routes, massacres des prêtres, viols des religieuses, iconoclasme de trésors culturels), ce manichéisme du début s’éloigne. De même Ziska par pur calcul tue un ami fidèle.
    Peut-être suivrais-je donc ce manga.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #384989

    Arte volume 4 vient de sortir.
    Ce manga montre de belles qualités. Il montre une jeune fille de Florence à la Renaissance qui tente désespérément de devenir une artiste-peintre, alors que ce n’est pas imaginable pour ses contemporains. Par chance elle finit par être acceptée comme apprentie par un peintre qui d’ordinaire n’en prend jamais, et l’on découvre petit à petit la vie des ateliers florentins du temps des Médicis, les concurrences plus ou moins loyales, la quête de mécènes nobles ou riches, les nécessités matérielles, ainsi que les costumes d’époque qui intéressent fort la mangaka Kei Ohkubo.
    Le prénom qu’elle a donné à sa volontaire et courageuse héroïne, “Arte”, se réfère évidemment à Artemisia Gentileschi, à ceci près que cette femme-peintre vivait nettement plus tard et que sa vie n’eut pas de similarité avec celle d’Arte. Avant elle, une autre est devenue célèbre, Sofonisba Anguissola. Le manga semble documenté avec grand soin.

    Cyril
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    Cyril le #390848

    Les misérables 5 : c’est toujours aussi bon, avec des métaphores animalières aussi nombreuses qu’efficaces (mention spéciale pour les mouches qui sortent du taudis des Thénardier). Cette fois, on a affaire à un volume vraiment détaillé, avec plusieurs petits aspects bien mise en valeur, par exemple lors de l’emménagement de Jean Valjean et de Cosette qui comporte des dialogues très touchants. Mais c’est surtout Eponine que je trouve très réussie : alors qu’elle était antipathique quand elle était enfant, la misère l’a vraiment changée : elle est touchante et provoque la pitié, aussi bien chez Marius (dont elle aimerait davantage que la pitié) que chez le lecteur : c’était déjà un très bon personnage chez Hugo, elle est tout aussi réussie chez Araï alors que sa soeur reste plus en retrait ; et les deux soeurs forment un contraste saisissant avec leurs deux parents qui, eux, n’ont pas changé – ou alors en mal, particulièrement pour le père dévoré par la haine.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #390872

    Comme je trouve toujours tes avis très sensés, Cyril, tu me donnes bien envie de me lancer dans ce manga. Hélas, j’aurai ensuite bien du mal à convaincre mes amis lettrés d’y jeter ne serait-ce qu’un coup d’oeil : tout se passe comme s’ils n’avaient pu construire leur niveau culturel qu’en censurant la BD, c’est frappant. Et le manga pour eux, encore pire dans leur hiérarchie très codée des genres culturels : le comble de la lobotomie. Ils n’imaginent pas un instant que ce n’est PAS un virus destructeur de leur intelligence, que cela la laissera intacte !
    J’ai eu autre manga “Les Misérables”, plus compressé et hâtif, et avec un Jean Valjean vraiment mal campé. Pas gardé…

    Arte volume 4 faiblit un peu. Alors qu’un richissime noble vénitien, Youri Fariel (quel nom ! où diable la mangaka a t-elle pêché ça ?) qui a eu un crush d’enfer sur Arte se livre à des manoeuvres machiavéliques pour la forcer à venir à Venise “comme peintre”, à aucun moment ni elle ni son maître Léo ne semble envisager que c’est juste un plan coucherie ! Il est vrai que, peut-être pour écarter cette hypothèse chez le lecteur, sur le bateau Arte tombée à l’eau à cause d’une insolation se réveille près de Fariel avec une autre robe que la sienne, donc elle a été dénudée par lui : alors il lui présente son joli page et lui dit qu’il n’est pas attiré par les jouvencelles. Tout cela ne s’imbrique pas très bien, à vrai dire, en dépit de l’honnêteté sur les fréquentes moeurs masculines de la Renaissance italienne.

    Veggie11
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    Veggie11 le #390875

    J’ai eu autre manga “Les Misérables”, plus compressé et hâtif, et avec un Jean Valjean vraiment mal campé. Pas gardé…

     

    J’ai également ce one-shot, à la différence qu’il est toujours présent dans ma bibliothèque. C’est aussi le seul manga de la collection ”Soleil classique” que j’ai acheté, par curiosité. Le format souffre du même problème que cette autre adaptation version franco-belge : trop condensé. La BD franco-belge était correctement dessinée et il y avait volonté de rester fidèle au roman tout en l’adaptant pour le jeune public. On passait par exemple du renvoi de Fantine à la scène dans la rue où le bourgeois l’humilie. Trop court, trop expédié… Même si l’adaptation contenait plusieurs albums de 48 pages (je n’ai lu que le premier), le script se concentrait sur les faits plus que sur le contexte et l’esprit du roman. La version Araï est encore la meilleure version en format BD que j’ai pu lire autour des Misérables, et tant pis pour les rageux littéraires 🙂

    Cyril
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    Cyril le #412042

    Les misérables 6 : un avis mitigé sur ce volume, notamment dû à quelques défauts qui relèvent certes un peu du pinaillage.
    Du côté de l’éditeur d’abord : Marius vouvoie Courfeyrac et surtout, Enjolras est écrit Anjolras. Bizarre alors que ces problèmes n’existaient pas dans le tome 5. J’ai pensé à un problème de changement de tradducteur mais ce n’est pas le cass et, sur un autre forum, on m’a expliqué que cela pourrait venir, pour Enjolras, d’un souci de correcteur automatique en bout de chaîne. Quoi qu’il en soit, l’erreur est là et j’espère qu’elle ne sera pas reproduite dans le volume suivant.

    Du côté de l’auteur ensuite : au niveau des dessins d’abord, on a pas mal de scènes avec des visages derrière des grilles ; et comme souvent (je me doute que ça ne doit pas être facile à dessiner), des barreaux sont effacés pour laisser voir les visages. Ensuite, on voit des billets (la fortune de Jean Valjean, chez M. Gillenormand) avec la mention “assignats” : ceux-ci ne valaient déjà plus grand chose sous la Révolution quelques mois après avoir été émis. Alors sous la monarchie de juillet…
    Enfin, dernière faille : dans le tome précédent, Araï avait zappé beaucoup (et beaucoup trop) de choses sur l’acariâtre Gillenormand : ça n’empêche pas ses retrouvailles avec Marius d’être intenses et très réussies. En revanche, les deux cadets des Thénardier semblent sortis de nulle part (et y retournent d’ailleurs encore plus vite que dans le roman).

    A côté de cela, le volume conserve (heureusement) ses grandes qualités : ses métaphores animalières (les bagnards, Montparnasse), le personnage d’Eponine, magnifique, à la fois dur et touchant. Araï s’écarte en revanche du roman sur le personnage de Montparnasse : assassin froid et sans scrupules, d’autant plus effrayant qu’il est jeune, il montre ici des remords après le discours de Jean Valjean, s’indigne du fait que Thénardier ne se soucie pas de ses enfants et drague Eponine (dans le roman, quand elle le gêne, il propose froidement à sa bande de la tuer). C’est un choix différent de Hugo mais plutôt intéressant au final : reste à voir s’il aboutira à quelque chose.

    Cyril
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    Cyril le #413804

    null

    Le bateau-usine est l’adaptation d’un roman en manga, le bateau-usine raconte le périple de travailleurs embarqués sur un bateau de pêche, décrit la façon dont ils vivent et travaillent et finalement leur révolte contre des conditions et un traitement inhumain.

    C’est un manga très intéressant que nous offre encore une fois Akata, notamment la première partie (la plus longue) qui décrit les conditions de vie sur ce bateau, la façon dont les ouvriers sont exploités et maltraités, aussi bien physiquement que moralement, par le représentant de l’entreprise sur le bateau, seul maître à bord après Dieu (le capitaine même est relégué au troisième rang) et qui ne pense qu’au profit de l’entreprise, celle-ci ne devant pas être seulement pour ses employés un patron qui leur donne de quoi vivre en échange de leur travail mais aussi et surtout une entité pour laquelle ils doivent se dévouer et se sacrifier.

    Le dessinateur, je trouve, n’insiste pas trop sur les scènes de violence et de torture et a un style graphique clair. Du coup, ça rend le titre crédible et assez facilement lisible, sans donner l’impression d’une oeuvre idéologique. Paradoxalement, je trouve que ça le rend aussi moins fort qu’un Kamui-den (que j’avais pas mal critiqué) ou qu’un Germinal. Sentiment accentué par le fait que la plus grande partie du manga soit consacrée aux conditions de vie quotidienne et assez peu à la révolte elle-même (une trentaine de pages). Je trouve que le manga aurait gagné à avoir une dernière partie plus développée, mais c’était peut-être déjà le cas dans le roman.

    Côté édition, très bon boulot d’Akata avec un riche contenu éditorial sur l’auteur, le roman et ses conditions de parution. Je regretterais juste que le contexte historique (rivalité avec la Russie, vie politique japonaise de l’époque) ne soit pas un peu plus développé mais, même sans cela, avec les éléments présents, le manga est tout à fait compréhensible.

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #413872

    Une très bonne pioche sans doute d’après ce que tu en dis, Cyril ! Mais quelle est l’époque ? 1904 ? (guerre russo-japonaise proche) ? ou autre ?
    Arte volume 5 était paru en nouveauté au Japon quand j’y étais (Juillet et Août). Il faut savoir qu’au Japon – hors occasions chez les Book-Off – les manga sont sous cellophane, à l’exception des nouveautés, dont 1/3 est libre de lecture et le reste du volume sous cellophane. Donc j’ai pu constater sur ce tout récent volume 5 que la pétulante Arte est absolument éblouie par son premier débarquement et contact avec Venise ; gageons que quelques désillusions viendront…

    Feanor-Curufinwe
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    Feanor-Curufinwe le #413878

    Je ne sais pas si c’est vraiment dans ce topic qu’il a sa place, mais juste un petit mot sur un excellent manga que m’a conseillé une amie, et je l’en remercie de tout coeur, Golden Kamui de Satoru Noda !

    L’histoire se déroule au début du XXème siècle et se déroule sur Hokkaido, en pleine fin de la guerre contre la Russie. Le héros, Sugimoto, est surnommé l’immortel, parce qu’il a tendance à échapper à chaque fois de justesse à la mort sur le champ de bataille. Suite à une promesse faite à un ami mort, il décide de s’enrichir et part au nord chercher de l’or. Malheureusement, la ruée vers l’or est terminée et il lui est impossible de mettre la main sur des filons. Un compagnon de fortune lui révèle un soir, alors qu’il est très éméché, l’existence d’un trésor volé aux Ainous dont l’emplacement est indiqué à même la peau d’anciens détenus de prisons qui ont réussi à s’évader.
    C’est le début d’une histoire très instructive, puisqu’elle sert de prétexte à l’étude de la culture Ainou. Satoru Noda s’est extrêmement bien documenté sur le sujet, et pour cause, il semble que le héros de l’histoire Saichi Sugimoto partage le même nom que le grand-père de l’auteur. D’ailleurs, ce dernier est originaire d’Hokkaido, ce qui permet de comprendre à quel point il cherche la fidélité absolue envers tout ce qui rapporte à la culture Ainou.
    L’aspect culturel Ainou est donc fortement présent et important dans l’histoire, mais le côté aventure est tout autant prépondérant. Sugimoto doit survivre dans la nature, et lorsqu’il se trouve traqué par un ours en colère de s’être fait voler sa proie, on ressent tout le danger encouru !
    Bref, c’est un récit passionnant, instructif et également assez drôle sur certains points, comme lorsque Sugimoto pense qu’il pourra mettre KO son prédateur d’un coup de poing à la tête !
    Personnellement, je le trouve tout aussi passionnant que Vinland Saga, et ça veut tout dire !
    Une lecture que je conseille ardemment ! 😀

    "With the first link, the chain is forged. The first speech censured, the first thought forbidden, the first freedom denied, chains us all irrevocably." -Jean-Luc Picard
    Star Trek - The Next Generation / The Drumhead

    Cyril
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    Cyril le #413882

    Une très bonne pioche sans doute d’après ce que tu en dis, Cyril ! Mais quelle est l’époque ? 1904 ? (guerre russo-japonaise proche) ? ou autre ?

    Le début des années 20, après la révolution russe donc. Ce qui a son importance pour l’auteur, ses opinions et le contexte de l’époque mais pas tellement dans l’histoire du manga elle-même.

    J’ai aussi lu Golden kamui et je l’ai également beaucoup aimé : l’ambiance comme les dessins m’ont fait penser à Bride stories, même si Satoru Noda est un cran en dessous de Kaoru Mori. Plus que l’histoire, c’est la découverte de la nature locale et des différents aspects de la culture aïnou qui m’ont intéressé, même si les scènes d’action sont également très réussies (notamment la lutte contre les ours).

    Lord-Yupa
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    Lord Yupa le #413927

    OK, je vois, donc Le Bateau-Usine se situe au moment où le Japon devant l’avance irrésistible de l’Armée Rouge doit commencer à replier ses troupes de l’Extrême-Orient russe (par Vladivostok) après l’avoir occupé en 1918. Lénine ayant pactisé avec l’Allemagne était considéré comme ennemi par les Alliés, or le Japon était un des Alliés ayant combattu l’Allemagne dans le Pacifique. Donc il intervint par la Sibérie Orientale. Evidemment il s’y ajoutait un combat contre le communisme, et l’objectif de repousser la Russie des parages du Japon. Hugo Pratt s’est beaucoup intéressé au même contexte dans Corto Maltese en Sibérie, un de ses meilleurs albums. Dommage que le long métrage animé soit tellement fidèle à l’album qu’il n’y apporte rien et édulcore le dessin magnifique de Pratt…
    Golden Kamui me semble particulièrement intéressant, je crois que je vais me le procurer.

    Cyril
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    Cyril le #415984

    null

    La préview disponible gratuitement sur internet faisait craindre une hagiographie. Au final, même si l’auteur sympathise plutôt avec Marie-Antoinette, contrairement à ce que je craignais, ça n’est pas une hagiographie énervante… et ce n’est pas non plus gangnan (même si certains passages…).

    Non, en fait, c’est pire !

    C’est CHIANT, mais chiant… Pendant toute la durée du volume, il ne se passe rien et les quelques tensions qui naissent autour de la Du Barry, des tantes du dauphin ou d’un courtisan sont vite désamorcées en quelques lignes de dialogue. Du coup, pendant toute la lecture, je me suis ennuyé en admirant les dessins de Soryo : parce que, oui, c’est très beau : froid mais beau. Mais pas aussi beau que chiant : c’était un manga que je voulais lire, pas un artbook que je voulais admirer ! Au-delà de ça, je suis assez sceptique sur le design de statue grecque de Louis XVI (et en fait d’à peu près tous les personnages) qu’on n’a pas l’habitude de voir comme ça.

    Ha, et puis un autre truc qui m’a agacé à la fin du volume (comme pour Cesare) : il y a une bibliographie. Très bien : mais pourquoi que des titres en japonais (+ quelques-uns en anglais et en allemand) ? La biblio sur le personnage et l’époque en français est quand même colossale, et c’est un euphémisme. Quand on s’adresse à des lecteurs français, ce sont des titres français qu’il faut indiquer aux lecteurs.

    Bref, à part pour les admirateurs du dessin de Soryo, je déconseille fortement. Et conseillerais plutôt de lire ou de relire La rose de Versailles (ou, si on veut de superbes dessins, la version animée).
    _________________

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