#TBT : Dorohedoro

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Outre son adaptation animée qui vient de débuter, le manga de Q Hayashida célèbre son vingtième anniversaire ! De quoi replonger dans l’univers grand-guignolesque de Dorohedoro.

Il ne fait pas bon vivre dans la ville de Hole. Non seulement l’endroit lugubre est peuplé de malfrats, mais surtout, à tout moment, des Mages peuvent y débarquer depuis leur dimension, afin d’y capturer de nouveaux cobayes pour leurs expérimentations occultes. Parmi leurs victimes, un homme s’est réveillé amnésique, avec une tête de saurien ! Rebaptisé Caïman par la jolie Nikaidô qui l’avait recueilli, inconscient, dans une ruelle, il est bien décidé à retrouver le Mage qui l’a mis dans cet état pour comprendre ce qui s’est passé. Le duo commence donc sa traque à travers la ville, en éliminant les suspects les uns après les autres. Mais, à force d’exterminer les Mages, Caïman et Nikaidô attirent l’attention des plus puissants d’entre eux.

Repérée pour son adaptation lynchienne du jeu Maken X en manga en 1999, Q Hayashida est contactée par Shogakukan pour participer à son nouveau projet, Ikki, supplément au magazine Big Comics Spirits. Avec Dorohedoro, la jeune mangaka de 23 ans contribue au succès du fascicule, qui devient un mensuel à part entière trois ans plus tard. De par son inventivité sans limites et son style graphique craspec et gore, le titre synthétise la ligne éditoriale underground du magazine alternatif – les masques dont se revêtent les Mages en sont l’exemple le plus significatif. Derrière son aspect horrifique, Dorohedoro n’en reste pourtant pas moins teinté de poésie et d’humour, à la manière de la production de Tim Burton.

Au fil des pages, la mangaka étoffe ainsi la personnalité de ses personnages à travers des tics cocasses (l’obsession de Caïman pour les gyozas, l’insecte géant Jonson ne sachant que dire « Diantre »…), mais surtout leurs relations. Si le spectateur adhère instantanément à la paire Caïman/Nikaidô, il s’attachera peu à peu à leur duo d’adversaires côté Mages, Shin et Noi. Basculé en 2014 dans le magazine Hibana suite à l’arrêt d’Ikki, Dorohedoro verra ses ultimes chapitres publiés dans la version mensuelle du Shônen Sunday en 2018. Une consécration tardive pour un manga qui sera resté d’une qualité constante pendant dix-huit ans, y compris en France : l’éditeur Soleil, qui a toujours cru en Dorohedoro, l’a publié en intégralité malgré des ventes dérisoires. Puisse la version animée produite chez MAPPA lui offrir un nouveau public !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon

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