Personnalité de la semaine : Michiru Ôshima

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Sa récente invitation à intégrer l’Académie des Oscars est l’occasion rêvée de revenir sur le parcours d’une compositrice dont vous ne connaissez peut-être pas le nom, mais sûrement les mélodies.

La valeur n’attend pas le nombre des années ! Fille d’un journaliste d’une radio de Nagasaki, Michiru Ôshima intègre le Conservatoire de Kunitachi, à Tokyo, où elle apprend à composer. La jeune femme se montre particulièrement précoce puisqu’en 1977, à 16 ans, elle devient la plus jeune lauréate du concours international Electone organisé par Yamaha. En parallèle de ses études, elle compose un opéra symphonique avant sa remise de diplôme ! Dès les années 80, son nom apparaît au générique de productions pour le cinéma, la télévision ou le jeu vidéo, en tant que compositrice ou arrangeuse.

Artiste prolifique (elle a composé 1500 morceaux en une seule année), Michiru Ôshima est également polyvalente, créant aussi bien des œuvres pour synthétiseur que pour orchestre symphonique. Ainsi, on retrouve des instruments folkloriques comme le luth ou le bouzouki dans la bande originale de The weathering continent, qui la révèle aux otakus du monde entier en 1992,  notamment les Français – la compositrice nomade ne cache pas son affection pour Paris. Créant des liens forts avec certains réalisateurs, elle collabore à plusieurs de leurs projets tout au long de leur carrière. Citons ainsi Masahiro Andô (The civilization blaster, Shirayuki aux cheveux rouges) et surtout Masaaki Yuasa (The tatami galaxy, Night is short walk on girl, Lou et l’île aux sirènes). Pourtant, Seiji Mizushima, avec qui elle a travaillé en 2003 sur Full Metal Alchemist et le film Conqueror of Shamballa n’a pas (encore) fait appel à elle quand il a travaillé sur la licence Gundam, un rêve d’enfant pour la compositrice !

Outre ses participations au jeu vidéo en tant que compositrice (ICO) ou arrangeuse (The legend of Zelda : Twilight Princess), Michiru Ôshima est avant tout reconnue au Japon pour ses contributions cinématographiques. Par le public, qui fit un triomphe à la trilogie Godzilla de Masaaki Tezuka au début des années 2000, mais aussi par ses pairs. Elle a ainsi remporté pas moins de sept fois l’équivalent japonais du César de la meilleure bande originale entre 1998 et 2007 ! Ce palmarès est enfin consacré à l’échelle internationale par l’Académie des Oscars, qui vient d’intégrer Michiru Ôshima… avec du retard sur le monde de la musique classique ! Moins connus du grand public, ses travaux dans le domaine lui valent des commandes de la part des plus grands solistes actuels, qui la réclament pour des arrangements (Hilary Hahn) ou des compositions (Pierre Lénert). On n’a pas fini d’entendre parler de Michiru Ôshima, ni d’écouter ses mélodies !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon