Personnalité de la semaine : Yuu Watase

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Après un long hiatus, Yuu Watase s’apprête à reprendre son manga Arata… En comblant l’attente de ses fans, la mangaka célèbre brillamment ses trente ans de carrière !

Elle n’aurait pas pu faire un autre métier ! Née à Osaka le 5 mars 1970, Yuu Watase montre dès l’âge de cinq ans des prédispositions pour le dessin. Toujours un crayon à la main, la petite fille trouve un soutien inépuisable auprès de sa mère, qui voit en elle une future mangaka. Malgré le décès de cette dernière alors qu’elle n’a que treize ans, l’adolescente ne baisse pas les bras ! Ainsi, à l’âge de 17 ans, elle s’inscrit au concours ouvert aux débutants par Shôgakukan en souhaitant participer dans la section shônen. Problème : les nouvelles soumises dans cette catégorie ne peuvent dépasser 16 pages, et la sienne en fait 32 ! Qu’importe, elle concourt dans le shôjo (limité à 32 pages), où elle écrase toute la concurrence !

Pourtant, la jeune fille vient tout juste d’intégrer, après le lycée, une école spécialisée dans le manga où, pour la première fois, elle reçoit des leçons dans un domaine où elle a toujours progressé en autodidacte. Mais, puisqu’elle vient de débuter sa carrière, à tout juste 19 ans, avec sa première nouvelle Pajama de ojama, elle doit quitter cet établissement. Trois ans plus tard, en 1992, Yuu Watase entame son premier succès public, Fushigi Yugi (éd. Delcourt/Tonkam) qui marquera toutes les adolescentes des nineties avec son harem inversé de sept beaux gosses gravitant autour de l’héroïne – les 18 tomes publiés entre 1992 et 1998 donneront ainsi naissance à une série TV de 52 épisodes conclue par 9 OAV. S’ensuivra un autre succès au long cours, Ayashi no Ceres (14 tomes, Delcourt/Tonkam), également adapté en anime de 24 épisodes, où Yuu Watase dévoile un aspect plus sombre de son art.

Avec le 21e siècle, la mangaka multiplie les genres dans des séries assez courtes telles qu’Imadoki (5 tomes, Delcourt/Tonkam) ou Alice 19th (7 tomes, Glénat). Mais surtout, consciente de ses erreurs de jeunesse, logiques pour quelqu’un qui a débuté sans aucune notion académique du manga, elle reprend, plus aguerrie, Fushigi Yugi avec La légende de Genbu (12 tomes, Delcourt/Tonkam) entre 2003 et 2013. Pendant sa publication, elle se diversifie encore plus en se frottant au yaoi avec Sakura-gari (3 tomes, Delcourt/Tonkam) entre 2007 et 2010 mais surtout au shônen, genre qu’elle souhaitait faire à ses débuts, avec Arata (Kurokawa) qu’elle entame en 2008. Arrivée au 24e tome en 2015, la série se met en pause, suite à la dépression que traverse la mangaka. Yuu Watase finit par s’en sortir en 2019, en se déclarant publiquement comme «  troisième genre » (ou X gender en anglais), ne se sentant ni femme ni homme. Suite à cette révélation, et avec le support de son éditeur, elle a pu retourner à ses planches, et annoncer la suite prochaine d’Arata sur son compte Twitter ! Ce cadeau pour ses fans tombe à pic pour célébrer ses trente ans de carrière : n’hésitez pas à lui rendre la pareille en lui apportant votre soutien sur les réseaux sociaux !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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