Personnalité de la semaine : Sonny Chiba

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Il aura castagné des vilains pendant plus de 150 films, mais c’est finalement le coronavirus qui sera venu à bout de Sonny Chiba, légende du cinéma japonais.

Il a beau être né à Fukuoka, sur l’île de Kyushu, en 1939, Sadao Maeda prendra comme pseudonyme Chiba en hommage à la préfecture où son père, pilote de test pour l’aviation, est mobilisé pendant la seconde guerre mondiale. Ses jeunes années, le petit garçon les passe à rêver des J.O. de 1964 où il représenterait son pays en gymnastique, discipline dans laquelle il exerce et s’entraîne à corps perdu. Hélas, un accident le blesse irrémédiablement à la hanche sur le chantier où il exerce de petits boulots pour subsister dans le Japon d’après-guerre, et enterre définitivement ses espoirs d’une carrière sportive.

Il se tourne alors vers le karaté, sous la tutelle de Masutatsu Ôyama, et vers le cinéma, sous l’influence de James Dean dont il dévore les films. Contre l’avis de ses parents, il décroche son premier rôle en 1959, suite à un concours organisé par Tôei : le Japon des sixties a envie de divertissements, et les studios de cinéma recrutent à qui mieux mieux en espérant trouver la perle rare ! Pour l’occasion, il prend son premier pseudonyme, Shin’ichi Chiba, et enchaîne les acrobaties dans les séries et films tokusatsu. Trois années charnière sont à retenir dans sa carrière aux 150 longs métrages. En 1961, il rencontre Kinji Fukasaku, avec qui il collaborera pendant plus de quarante ans jusqu’à l’ultime film du réalisateur, Battle Royale II. En 1968, il apparaît dans la série fleuve Key Hunter, qui s’arrêtera cinq ans et 250 épisodes plus tard, lui donnant à jamais le surnom de Sonny Chiba. Enfin, en 1974, il tient le premier rôle de l’ultra-violent The Street Fighter, qui lui apporte une consécration internationale malgré la censure à l’étranger – c’est le premier film classé X aux USA non pour son érotisme mais pour sa violence !

Après Bruce Lee, il devient donc une icone pour les afficionados du cinéma bis. Outre Keanu Reeves, qui vénère l’expressivité de ses coups ou encore Quentin Tarantino, qui lui offrira le rôle de Hattori Hanzo dans Kill Bill. Mais il faudra plusieurs décennies avant que Sonny Chiba n’ait conscience de cette reconnaissance hollywoodienne. Pendant ce temps, il se consacre à former de futures stars dans son établissement fondé en 1969, le Japan Action Club, véritable écurie de comédiens/cascadeurs – citons notamment Kenji Ôba, alias X-Or, parmi tous ses diplômés ! Après un passage à vide au début des années 90, il rebondit grâce au cinéma hongkongais avec The Storm Riders d’Andy Lau. Adulé en Orient comme en Occident, sa disparition à 82 ans le 19 août 2021 est perçue comme un électrochoc à travers le monde… et incite certains réfractaires à la vaccination à franchir le pas, afin de se protéger du virus qui a terrassé la légende qu’on croyait immortelle !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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