Personnalité de la semaine : Rintarô

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Honoré au festival des Utopiales à Nantes, Rintarô est une légende vivante de l’animation. Il suffit de regarder son parcours pour s’en convaincre !

À l’origine, Shigeyuki Hayashi ne se destinait à pas à l’animation ! Enfant de la guerre (il est né en 1941 à Tokyo), il découvre au milieu des années 50 le cinéma occidental (américain, italien et, cocorico, français !) grâce au boom des salles obscures au Japon. L’adolescent n’a plus qu’un rêve : travailler dans le milieu du septième art. Quand il obtient un travail chez Toei Doga (futur Toei Animation) en 1958, c’est avant tout pour se rapprocher des studios de production de Toei… mais il ne franchira jamais l’allée qui les sépare. Pour son premier poste dans l’animation, le jeune homme de 17 ans se retrouve coloriste sur Le serpent blanc, premier long métrage animé en couleurs de l’histoire du Japon !

Après avoir travaillé en tant qu’intervalliste sur les deux films suivants du studio, il s’estime trop mauvais dessinateur en comparaison avec les nombreux artistes qu’il côtoie, et souhaite s’orienter vers la mise en scène. C’est grâce à Osamu Tezuka qu’il parvient à cette responsabilité, en 1963, sur plusieurs épisodes d’Astro le petit robot, première série télévisée d’animation japonaise. Il supervise ensuite l’équipe de réalisateurs sur la production du Roi Léo, première série animée en couleurs. C’est en 1969, quand il réalise la série Les Moomin, qu’il prend le pseudonyme Rintarô. Durant son parcours au studio Mushi Pro, il sympathise avec Masao Maruyama qui fondera Madhouse quand la structure de Tezuka fera faillite au début des années 70. Bien que  membre actif de Madhouse, Rintarô pige en parallèle pour Toei Animation avec des séries comme Kum Kum (1975), Grand Prix (1977) ou Albator (1978), qui remportera un vif succès en Occident.

C’est néanmoins chez Madhouse que ses ambitions de réalisation prennent leur ampleur, à travers des films plus adultes tels Harmagedon (1983) ou L’épée de Kamui (1985). Il finit même, bien malgré lui, par découvrir le poste de scénariste sur la production de Manie Manie en 1987, qu’il co-réalise avec Yoshiaki Kawajiri et Katsuhiro Otomo – un poste qu’il reprendra sur X 1999 en 1996. Il retrouve ses compères de Manie Manie en 2002 pour produire Metropolis, film hommage à Osamu Tezuka, l’homme qui le fit débuter. Ayant bouclé la boucle, Rintarô envisage alors de prendre sa retraite, mais poursuit son travail sous l’impulsion de Maruyama. Ce sera l’opportunité pour lui, en 2009, de se frotter aux images de synthèse avec Yona, la légende de l’oiseau sans aile, son ultime long métrage. Heureux retraité, Rintarô témoigne depuis de son expérience dans des festivals comme Les Utopiales, ou dans une bande dessinée autobiographique à paraître aux éditions Kana !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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