Personnalité de la semaine : Aka Akasaka

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Malgré le succès de Kaguya-sama : Love is war, Aka Akasaka vient d’annoncer son désir d’arrêter le dessin pour ne plus se consacrer qu’au scénario de mangas. Mais est-ce vraiment une surprise ?

Depuis son plus jeune âge, Aka Akasaka souhaite raconter des histoires. Le gamin né fin juillet 1988 à Niigata admire en effet son père, producteur de jeux vidéo tels que Terranigma ou Illusion of Gaia, et envisage, lui aussi, de faire rêver le public. Ce désir se confirme au lycée : il sera mangaka, ou rien ! L’adolescent plaque ses études, et multiplie les petits jobs dans une boutique à 100 yens ou dans un sushi-shop pour accumuler un léger pécule. Via Internet, il rencontre sur un forum un autre fan de School Rumble avec qui il se met en colocation. Durant cette époque, il gagne tout juste, avec son travail d’assistant mangaka, de quoi payer son loyer, ses courses alimentaires, et son matériel pour dessiner. Le jeune homme a néanmoins raison de persister puisqu’en 2011, à 23 ans, il obtient son premier contrat professionnel : l’adaptation en manga de la série de light novels Sayonara Piano Sonata dans le magazine Dengeki Maoh d’ASCII Media Works.

Suite à cet essai, Akasaka peut, deux ans plus tard, proposer une œuvre originale dans ce même magazine. Instant bullet est un titre qui lui tient à cœur, puisqu’il le peaufine depuis ses débuts en amateur dans le dôjin game, et qui aborde des thèmes particulièrement durs comme le viol, les sévices sur enfant, ou la drogue…  Est-ce à cause de son ambiance trop sombre ? Toujours est-il que la publication du manga est stoppée au bout de cinq volumes, ce qui frustre énormément Akasaka, qui est même prêt à laisser un autre artiste reprendre le titre afin de le conclure dignement. Alors qu’il a un rendez-vous chez Shûeisha, le mangaka interpelle au culot un éditeur du Young Jump à qui il résume l’idée de son prochain titre, Kaguya-sama, un pitch extrêmement sombre façon battle royale.

L’audace paye ! Le rédacteur en chef du Young Jump lui confie « un responsable éditorial, mais rien de plus », et Akasaka entame sa série dans la revue-sœur Miracle Jump. Il change son fusil d’épaule et abandonne son idée initiale pour se frotter à un genre absent de la ligne éditoriale des deux magazines et auquel il ne s’est jamais frotté : la comédie romantique. Dès son lancement en 2015, Kaguya-sama : Love is war (diponible chez Pika) est un succès, au point d’être transféré dans le Young Jump dès l’année suivante, puis d’être adapté en animation en 2019. Akasaka ne s’arrête pas là et, en 2020, collabore avec l’auteur de Scum’s Wish, Mengo Yokoyari, sur Oshi no Ko (disponible chez Kurokawa). Pour ce titre, le scénariste renoue avec les thèmes plus sombres de ses débuts, et gagne un nouveau lectorat (la chanteuse LiSA, par exemple, est une fan assumée). Il s’épanouit tellement à ce poste qu’il vient d’annoncer abandonner le dessin pour ne plus se consacrer qu’au scénario après avoir conclu Kaguya-sama ce 2 novembre. L’occasion d’enfin reprendre dignement Instant bullet ?

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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