
Astérix en Lusitanie
Scénario : Fabcaro
Dessins : Conrad
Le marchand d’épices Epidemaïs vient rendre visite à nos gaulois préférés et leur propose un lot de marchandises susceptibles de les intéresser.
Tout d’un coup, un Lusitanien sort du bateau et vient rendre visite à nos gaulois.
ll se prénomme Boulequiès et était jadis un esclave avant d’avoir pu être finalement affranchi (nous avions pu le voir dans l’album Astérix : le Domaine des Dieux ).
Il sollicite l’aide de nos héros car l’un de ses amis car son ami Mavubès a été victime d’une machination et est accusé d’un crime qu’il n’a pas commis et est condamné à mort pour cela.
Révolté par cette injustice, le chef Abraracourcix assure au Lusitanien qu’ils voleront au secours de son ami et charge Astérix et Obélix d’accomplir cette mission…
Voici donc le nouvel album des aventures de Astérix, Obélix et leur chien Idéfix.
Et bien qu’en ai je pensé ?
Ma foi, c’est plutôt un bon cru 🙂 .
Le style graphique de Fabcaro demeure très joli et expressif mais il me donne la sensation de vouloir se détacher du trait de Albert Uderzo : le visage de Jules César par exemple se démarque singulièrement de la stature que lui a conféré Uderzo : Conrad rend sa silhouette plus longiligne et il parait également plus jeune.
L’histoire est ma foi rondement menée et riche en humour et en jeux de mots caustiques :
J’ai été particulièrement hilare lors de la scène de course poursuite délirante entre une légion romaine et nos deux héros qui leur balançaient de la nourriture : les répliques des pauvres romains étaient vraiment tordantes ! 😆
Vous êtes la crème de la légion qu’y disaient !
Notre expérience nous dessert !
On aurait du tirer au flanc ! 😆
Il était amusant de voir Obélix passablement lassé de voir que les Lusitaniens lui proposent perpétuellement de la morue, c’est rare de le voir rechigner manger de la nourriture, la dernière fois que je l’ai vu autant édifié par des mets n’étant pas à son goût c’était les plats bretons dans Astérix chez les Bretons.
Fabcaro tourne aussi un peu en dérision les identifiants que l’on doit entrer pour aller sur des sites Internet sauf que là il s’agissait d’un temple dans lequel notre tandem devait mener son enquête.
On a aussi quelques références humoristiques à l’actualité française comme le recul de l’âge de la retraite ou bien l’immigration.
Il reste à savoir si ces clins d’oeil seront toujours compréhensibles par les lecteurs et lectrices dans 30 ou 40 ans.
J’ai remarqué aussi que Fabcaro tourna un peu en dérision certaines coutumes portugaises, comme semble-t-il une certaine mélancolie nonchalante des Portugais…
A ce sujet, on saluera le talent d’Obélix et sa faculté d’adaptation pour duper un légionnaire romain, et donner le change, bravo à notre livreur de menhirs favori ! 😀
On a toujours une bonne alchimie entre Astérix et Obélix, j’ai trouvé même que Astérix était assez cool et décontracté, comme si il savait en son for intérieur qu’ils réussiront avec brio leur aventure.
Un de mes seuls bémols étant le ravalement de la façade de Baba le vigie des pirates et la disparition de son accent Mauritanien. J’ai toujours trouvé le personnage drôle et amusant et jamais “choquant” et j’ai trouvé cette édulcoration du personnage bien inutile, il était très bien comme il était.
La résolution de l’histoire m’a paru aussi un peu simple et précipitée.
Mais globalement, j’ai passé un très bon moment.
Sans valoir l’excellent Le Papyrus de César qui reste selon moi encore la meilleure aventure de nos héros post Goscinny/Uderzo, j’ai trouvé ce nouvel album bien meilleur que l’anecdotique Astérix chez les Pictes et l’oubliable La fille de Vercingétorix.
A découvrir donc, l’histoire étant plaisante et certains gags et jeux de mots étant fort drôles ! 😀