Personnalité de la semaine : Hiroyuki Asada

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Depuis la fin de Letter Bee, on n’avait plus de nouvelles de Hiroyuki Asada ! Puisque le mangaka signe l’affiche du long métrage Closet au Japon, c’est l’occasion rêvée de revenir sur son parcours.

Le saviez-vous ? Le prénom Hiroyuki est la contraction de « shiroi yuki » soit « neige blanche ». Si le mangaka porte ce prénom, c’est parce qu’il est né le 15 février 1968, à Yokohama, alors que la région du Kantô connaissait la plus importante chute de neige jamais relevée ! Dès la maternelle, Hiroyuki Asada montre des prédispositions pour le dessin, qu’encouragent ses grands-parents dont il est très proche. Enfant, il recopie ainsi les planches de Cyborg 007, Galaxy Express 999 ou Ashita no Joe avant de se tourner, à l’adolescence, vers les styles de Hisashi Eguchi, Katsuhiro Otomo et Atsushi Kamijo (dessinateur du manga SEX, paru chez Glénat sous le titre Next stop). Ses rêves de carrière sportive envolés à la fin de la puberté (il est trop petit pour devenir pro), Asada se tourne vers le manga. Il plaque son job d’appoint pour finir sa première nouvelle, Yukai e, qu’il propose à Shogakukan en 1986… et perd la compétition. Afin de rembourser la première mensualité du prêt pour une moto, le jeune homme de 18 ans le présente au magazine avec le concours le plus proche dans le temps… le Shônen Jump !

Après la publication de Yukai e et d’une deuxième histoire courte, Hades, le jeune débutant fait ses armes en tant qu’assistant auprès de l’auteur de Bastard !!, Kazushi Hiwagara. Fort de cette expérience, il entame en 1989 sa première série, Bad da ne Yoshio-kun !, qui narre l’ascension d’une pilote de moto dans un milieu macho pendant cinq tomes jusqu’en 1991. Asada enchaîne ensuite de courtes histoires, notamment Renka, mix entre steampunk et chambara, qu’il doit interrompre pour se consacrer à une nouvelle série, commandée par le Monthly Shônen Jump en 1995. La rédaction souhaite en effet surfer sur le succès de Slam Dunk avec un autre titre axé sur le basket-ball ! Ne connaissant rien à ce sport, le mangaka s’en sert avant tout comme toile de fond pour développer ses personnages, une optique différente de Takehiko Inoue. Cette décision sera couronnée de succès : alors qu’Asada pensait que I’ll (disponible chez Delcourt/Tonkam) ne durerait que six mois, la série s’étalera sur 14 tomes pendant neuf ans, jusqu’à juin 2004 !

Après le succès international de I’ll, le mangaka réduit la voilure. Il reprend Renka, et développe quelques projets avec Sho-u Tajima et Takeshi Obata (le nom du collectif, inspiré par leur signe astrologique commun : Mizugame 3, soit « les 3 Verseaux »). Pour la série de mooks Robot, il s’initie à la colorisation informatique sur le titre PEZ, brouillon de son futur long manga, qui débute en 2006 dans les pages du Monthly Shônen Jump. Suite à l’arrêt de ce dernier, Letter Bee fera une brève halte dans le Shônen Jump avant de s’installer définitivement fin 2007 dans le Jump SQ, jusqu’en 2015. Durant vingt tomes, le lecteur y suit le quotidien de Lag Seeing, un coursier devant affronter sur les routes les insectarmures afin de délivrer ses lettres et colis, dans une ambiance poétique et crépusculaire. Depuis, Asada a varié son champ créatif en tant que concept artist sur le projet multimedia The girl in twilight en 2018 (aux côtés de Masakazu Katsura pour la création de personnages) et en tant que chara designer sur Dororo en 2019. Cette diversification prend une dimension supplémentaire avec l’affiche qu’il signe pour le film Closet : et si le mangaka se tournait vers le cinéma ?

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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