Personnalité de la semaine : Osamu Kobayashi

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La nouvelle a surpris tout le monde : un cancer du rein a emporté Osamu Kobayashi ce samedi 17 avril. AnimeLand revient sur la carrière du réalisateur le plus cool de l’animation japonaise.

Né en 1964 à Tokyo, Osamu Kobayashi a grandi dans les seventies et connu, adolescent, l’âge d’or de l’animation japonaise. Il est ainsi marqué à vie par la découverte de Conan, le fils du futur en 1978, puis par la deuxième saison d’Ashita no Joe en 1980. Cependant, le véritable choc viendra en 1984, avec l’une des premières OAV jamais commercialisées, Birth. Il en use la K7 à force de visionnages et va jusqu’à créer des doujinshi consacrés à son réalisateur, le génie de l’animation Yoshinori Kanada. Alors âgé de 20 ans, Osamu Kobayashi essaye tant bien que mal de trouver sa place dans l’industrie du manga et vivote en tant que designer dans tous les domaines de l’entertainment. Il participe ainsi au mecha-design de Dragons Heaven en 1988.

Quand on l’interviewait sur ses influences, Kobayashi citait évidemment des œuvres animées, mais se définissait avant tout comme cinéphile, inspiré par les classiques hollywoodiens et plus particulièrement Mr Smith va au Sénat. Mais sa véritable passion était musicale, du reggae au punk en passant par le rock, qu’il pratiquait en amateur sur sa guitare. Ainsi, quand ce designer éclectique se retrouve au milieu des années 90 à travailler sur le jeu vidéo Grandia, il exhorte le compositeur Noriyuki Iwadare à intégrer plus d’instruments « world music » et se retrouve soutenu dans sa démarche par le réalisateur du jeu ! On comprend mieux pourquoi, deux ans à peine après sa première réalisation (un court métrage au studio 4°C, table and fishman), il est retenu pour diriger sa première série, BECK, qui adapte le manga dédié au rock’n’roll ! Il enfonce le clou l’an suivant, en 2005, avec Paradise Kiss, dont les génériques sont issus de la pop japonaise (Lonely in gorgeous de Tommy February6) et du rock international (Do you want to de Franz Ferdinand).

Désormais installé dans le sérail, Osamu Kobayashi se forge sur le devant de la scène une réputation d’électron libre dont l’animation limitée joue sur le dynamisme des poses-clef, et en coulisses comme un joyeux drille toujours prêt à accompagner ses camarades au bout de nuits blanches sur la planche à dessin ou dans un bar autour de bouteilles d’alcool. Hiroyuki Imaishi lui confie ainsi les épisodes 4 de Gurren Lagann et 5 de Panty & Stocking with Galterbelt qui tranchent résolument avec leurs univers graphiques (le premier sera vivement critiqué par les fans) et Masaaki Yuasa la réalisation de l’épisode 7 de Kemonozume dont Kobayashi crée tous les dessins ! Capable de traiter aussi bien de l’univers poético-romantico-fantastique de Someday’s Dreamers que de l’action débridée de Naruto Shippuden, Koabayashi avait travaillé en 2019 sur deux projets là encore radicalement opposés, la version modernisée de Dororo et l’expérimental Rinshi !! Edoka-chan. Depuis, il avait mis sa carrière en pause pour lutter contre le cancer du rein qui a fini par l’emporter le 17 avril 2021, à 57 ans, âge auquel son idole Yoshinori Kanada, avait disparu. Pourtant, son message d’adieu sur Twitter était signé de « l’éternel [jeune homme]de 23 ans », en phase avec son enthousiasme indécrottable.

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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