Personnalité de la semaine : Junichi Sato

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De ses 35 ans de carrière, le réalisateur de 61 ans a consacré la majorité auprès d’un public jeune et féminin. De quoi justifier l’analyse de Junichi Sato sur la sous-représentation des femmes dans l’industrie de l’anime au Japon !

C’est en 1981 que Junichi Sato intègre Toei Animation, en même temps que d’autres futurs grands noms tels que Daisuke Nishio (Dragon Ball et Dragon Ball Z), Hiroki Shibata (Digimon) ou Atsutoshi Umezawa (Ghost sweeper Mikami). Issu de la campagne de Nagoya, le jeune homme de 20 ans qui sort tout juste de l’université Nihon y fait ses premières armes aux bureaux de production, avant de tâter de la planche à dessin. Il débute sur une série inconnue sous nos latitudes, Bemu Bemu Hunter Kotengumaru, qui rappelle Adrien, sauveur du monde avec son héros en SD devant affronter 108 monstres. Il assiste Hiroshi Shirada à la réalisation de Vas-y Julie ! en 1985, avant de découvrir les responsabilités de ce poste la même année, en dirigeant un film-compilation de 16 minutes de Crocus.

Sato devient donc en 1986 le plus jeune réalisateur de l’histoire de Toei Animation en s’occupant des Petits Malins, à tout juste 26 ans. Après plusieurs années consacrées aux dessins animés pour très jeunes (Moretsu Atarô, adapté du manga de Fujio Akatsuka, ou Akuma-kun de Shigeru Mizuki), il s’oriente vers les séries pour filles avec un premier coup de maître en 1992 : Sailor Moon ! La licence portera à jamais sa patte, que respecteront ses repreneurs comme Kunihiko Ikuhara, quand Sato part réaliser son premier long métrage, Junkers, come here ! en 1994. Il persiste ensuite dans son optique de séries intelligentes pour petites filles avec des titres comme Le Royaume des couleurs ou Magical DoReMi, qui marquent la fin de son contrat exclusif chez Toei Animation. En devenant freelance, Junichi Sato peut enfin s’orienter vers d’autres projets portés par des studios concurrents, comme Maho Tsukai Tai !, Pretear ou encore Princesse Tutu. En parallèle, le réalisateur aguerri développe également des séries pour un public plus âgé (Gate Keepers) et le plus souvent avec une sensibilité féminine (Strange Dawn, Kaleidostar).

Libre de travailler avec les studios qu’il veut (essentiellement Hal Film Maker, Gonzo et Sunrise), Sato multiplie les projets en entrant dans la quarantaine. Entre 2005 et 2011, il se partage ainsi majoritairement entre Sergent Keroro et ARIA, sans jamais oublier les petites filles avec Fushigiboshi no Futagohime et Shugo Chara. Après avoir tâté du suspense (Phi Brain) et de la science-fiction (M3 : The Dark Metal dont le scénario est signé Mari Okada et le mecha design Shoji Kawamori), Junichi Sato renoue, presque vingt ans après sa séparation, avec Toei Animation en 2018 pour Hugtto Precure. Il s’apprête d’ailleurs à y diriger une nouvelle adaptation d’une série qui l’a vu débuter, Akuma-kun… non sans avoir auparavant co-réalisé Loin de moi, près de toi avec le studio Colorido pour Netflix. Figure reconnue pour son parcours éclectique où les (petites) filles ont toujours eu priorité, Junichi Sato s’est exprimé durant le festival d’Annecy sur la place des femmes, comme créatrices et comme public, dans l’animation japonaise. Un appel à l’égalité à retrouver ci-dessous, et qui sera, on l’espère, entendu par ses pairs !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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