#TBT : s-CRY-ed

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Un dessin animé dont les héros possèdent des pouvoirs surhumains désignés sous le nom d’Alter, ça vous dit quelque chose ? Non, on ne parle pas de MHA, mais de s-CRY-ed, qui fête ses vingt ans !

Tout a commencé vingt-deux ans plus tôt, quand un séisme d’une énergie surnaturelle a frappé la préfecture de Kanagawa. Un morceau de la région, d’une vingtaine de kilomètres de rayon et incluant la ville de Yokohama, a tout simplement été détaché du reste du Japon ! Sur ce « Lost Ground », les habitants ont hérité de pouvoirs leur permettant de détruire et reconstruire à l’envi la matière environnante, qu’ils ont appelés Alters. Au sein de l’organisation HOLD, la section HOLY est en charge de recenser tous les possesseurs d’Alter qui se retrouvent face à deux choix : intégrer l’organisation… ou être déportés vers le continent pour subir d’atroces expérimentations. Une faction rebelle s’est donc formée en retour, « les Natifs », qui souhaitent exploiter leurs pouvoirs pour écraser les humains. L’affrontement permanent entre les citoyens vivant au sein de la ville murée et les maquisards se cristallise dans le duel entre Kazuma Torisuna le Natif et Ryûhô Ryu le HOLY. Un duel qui va révéler bien des secrets sur la raison d’être du Lost Ground…

Mélange d’anglais et de japonais, le titre s-CRY-ed résume à lui seul les thématiques de la série. Le « s » fait référence au « su », terme japonais désignant quelque chose de naturel, non-artificiel. Le « ed » final représente une personne, et le « CRY » au milieu, en majuscule, évoque le cri et les pleurs en anglais. La série s’intéresse donc à comment réagissent et interagissent les personnes dans leur état naturel. L’idée était venue au réalisateur Gorô Taniguchi pendant qu’il travaillait sur Infinite Ryvius, dont on retrouve une bonne partie de l’équipe sur ce nouveau projet, à commencer par le chara-designer et directeur de l’animation Hisashi Hirai. Puisque le staff travaillait de longue date chez Sunrise (Taniguchi s’y est notamment fait la main sur beaucoup de titres Gundam à ses débuts en tant que storyboardeur, de G Gundam à Gundam X en passant par Gundam Wing), ils ont puisé dans les classiques du studio dédié à la science-fiction et aux robots géants les problématiques à développer dans s-CRY-ed. On est ainsi loin d’un affrontement manichéen entre des visions de la justice et de la société, d’autant plus que les personnages évoluent selon leur environnement !

Il est pourtant difficile pour les spectateurs occidentaux de ne pas trouver dans s-CRY-ed des éléments déjà présents dans plusieurs séries comics, notamment les X-Men avec l’opposition entre Charles Xavier et Magneto. On comprend donc mieux pourquoi la série, diffusée du 4 juillet au 26 décembre 2001 sur TV Tokyo a rapidement conquis l’international, et plus particulièrement les pays anglophones. En France, elle aura juste eu droit à une sortie DVD chez Beez en 2005, et une diffusion sur Nolife en 2008. C’est d’autant plus regrettable que, bien qu’elle réponde à certains impératifs du genre (notamment des duels épiques et des personnages au look improbable), la série se démarque par une structure scénaristique innovante, qui attend le 11e épisode pour dévoiler des informations cruciales, change radicalement de direction un peu plus tard… et ne fait pas du duel final sa conclusion ! Grâce à leur succès, les 26 épisodes seront complétés, dix ans plus tard, par deux longs métrages inédits en France, Alteration Tao (novembre 2011) et Alteration Quan (mars 2012). Mais le véritable héritage de s-CRY-ed se retrouvera dans une série suivante de Taniguchi, développant un peu plus cette relation ambiguë entre deux adversaires, Code Geass.

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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