Personnalité de la semaine : Shinsuke Sato

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Une adaptation live de My Hero Academia produite à Hollywood ? Il y aurait de quoi s’inquiéter… si elle n’avait pas été confiée à un spécialiste du genre, Shinsuke Sato.

Né en 1970, Shinsuke Sato grandit dans la préfecture de Hiroshima, dans la petite ville de Hôjô. Si la municipalité est assez grande pour héberger un cinéma, celui-ci ne diffuse que les blockbusters hollywoodiens des années 80, majoritairement dans la catégorie science-fiction : Rencontres du troisième type fera ainsi une impression durable sur le jeune garçon qui squatte régulièrement sa salle obscure. À tel point que, durant ses études à la faculté d’art de Musashino, il saisit à son tour une caméra 16 mm pour se frotter à la conception d’un film, du scénario à la réalisation. L’expérience lui réussit puisqu’à 24 ans, en 1994, il propose son premier long métrage au Pia Film Festival de Tokyo, événement dédié aux nouveaux talents, et en décroche le Grand Prix.

Pendant environ une quinzaine d’années, Shinsuke Sato met en scène ses propres scripts, et rédige d’autres scénarios originaux pour différents réalisateurs. En 2009, il scénarise et réalise son premier film d’animation en images de synthèse, Oblivion Island : Haruka et le miroir magique qui commémore le cinquantième anniversaire de la chaîne Fuji Television. La bascule s’effectue deux ans plus tard avec Princess Blade, qui adapte le manga Lady Snowblood de Kazuo Koike et Kazuo Kamimura (qui avait lui-même inspiré Quentin Tarantino pour Kill Bill). À partir de là, le réalisateur se spécialise dans le portage sur grand écran des plus grands succès de librairie. Citons ainsi Gantz (2010) et sa suite Perfect Answer (2011), Library Wars (2013) et sa suite The last mission (2015) ou encore I am a hero (2015), qui lui permet de rendre hommage aux films de zombies, un genre qu’il apprécie particulièrement. Outre ces mangas, il adapte également le roman à suspense All round appraiser Q : The eyes of Mona Lisa.

Le stakhanoviste se voit donc confier le quatrième volet de Death Note : Light up the new world en 2016, avant de s’attaquer à nouveau à un manga de l’auteur de Gantz, Hiroya Oku, en 2018 : Inuyashiki. Mais, à l’approche de la cinquantaine, le réalisateur s’inspire de ses souvenirs d’enfance et des films hollywoodiens produits avec une approche globale. Il se tourne donc vers Netflix afin de toucher un public international en adaptant des licences au succès mondial en long métrage (Bleach en 2018) ou en drama (Alice in Borderland en 2020). Il n’oublie pas pour autant le marché local en transposant sur grand écran le souffle épique des batailles de Kingdom en 2019, succès désormais disponible sur Amazon Prime et Apple TV. Il franchira une nouvelle étape dans ce processus en partant à Hollywood pour adapter My Hero Academia en long métrage… tout en réalisant au Japon la suite de Kingdom ! Prophète en son pays, Shinsuke Sato saura-t-il conquérir le public occidental ? Réponse en 2022 !

Note : Un premier article avait été dédié à Shinsuke Satô en 2016, mais en cinq ans, le réalisateur a considérablement progressé, et ne semble pas avoir fini ! Peut-être faudra-t-il lui consacrer une V3 en 2026 ?

 

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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