#TBT : Reiko, the zombie shop

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Comment préférez-vous Halloween ? Plutôt sexy, plutôt gore, plutôt rigolo ? Quelles que soient vos préférences, Reiko the zombie shop répondra à vos attentes !

Il est courant pour les lycéens japonais d’avoir un petit boulot, un baito : vendeur au konbini, livreur de repas à domicile… Reiko, elle, a choisi un job bien particulier, celui de marchande de zombies. L’adolescente est en effet capable de ressusciter les morts sur commande (et contre une somme rondelette) mais attention : s’ils sont décédés le cœur chargé de remords, les revenants d’outre-tombe risquent de causer de gros dégâts. De même, jouer avec les forces occultes ne sera pas sans conséquence pour notre héroïne qui devra lutter avec des adversaires dans son entourage proche (sa sœur jumelle, son lycée…), avant que son combat ne prenne des dimensions titanesques.

Pour bien comprendre comment un titre comme Reiko the zombie shop a pu apparaître il y a vingt ans, il faut savoir qu’au Japon, c’est un public avant tout féminin qui est friand d’histoires d’horreur (en témoignent notamment les carrières de Junji Ito et Kazuo Umezu). De simple supplément à la revue shojo Manga Chareda en 1993, Horror Mystery devient un magazine mensuel en 1994, que l’éditeur Bunkasha doit alimenter face à la demande des Japonaises. Rei Mikamoto s’engouffre alors dans la brèche en 1999 grâce à un titre qui, en apparence, remplit le cahier des charges du josei, avec son héroïne au cœur d’une atmosphère malsaine – les motivations de certains de ses clients sont particulièrement perverses.

Rapidement, pourtant, le mangaka y apporte sa propre touche, avec des scènes extrêmement gore qu’il prend un malin plaisir à dessiner dans les moindres détails. Il y greffe également un humour noir ultra-référencé (notamment envers Jojo’s Bizarre Adventures) qui finit par faire mouche auprès d’un public plus masculin… d’autant plus attiré qu’au fil des tomes, les héroïnes ne cessent d’afficher des poitrines de plus en plus démesurées (un autre penchant du mangaka, passionné de catch féminin). Manquant de se noyer dans ce mélange des genres, Reiko the zombie shop s’offre un final épique pour son onzième et dernier tome en 2004, année de son adaptation en drama. S’il a trouvé une seconde vie en France via l’éditeur Doki-Doki, le manga n’aura su empêcher l’arrêt de son magazine de publication en 2010, une victime d’Internet de plus…

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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