Personnalité de la semaine : Naoki Urasawa

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La réédition de 20th Century Boys parachève une année manga à la gloire de Naoki Urasawa en France. Comment ? Vous ignorez encore qui est cet artiste incontournable ?

Né en 1960, Naoki Urasawa se découvre deux idoles dès sa prime enfance. Bob Dylan, qui développera son goût pour le rock, et Osamu Tezuka, dont il recopie les dessins auprès de sa grand-mère. Néanmoins, avec le temps, l’adolescent ne s’estime pas assez légitime pour faire carrière dans la musique comme dans le dessin. Ainsi, quand il postule à la fin de ses études universitaires chez Shogakukan, c’est dans l’optique d’incorporer la section édition ou ventes ! Il prend cependant avec lui les planches d’une histoire courte, Return, afin d’obtenir le refus catégorique qui lui ferait définitivement abandonner ses travaux en dilettante. L’inverse se produit, et on lui conseille de la proposer au concours des jeunes auteurs du Big Comic Original… qu’il remporte en 1982 !

Urasawa devient donc mangaka professionnel en 1983, sans pour autant avoir de grandes ambitions : si jamais sa carrière ne décolle pas, il prendra un emploi dans une société. Sa rencontre avec Takashi Nagasaki sera déterminante : à la fois responsable éditorial et scénariste, ce dernier aide le dessinateur débutant à structurer ses histoires et ses planches. Après sa première série longue en duo avec le scénariste Kazuya Kudô en 1986, PIneapple Army puis Master Keaton (éditions Kana) avec le soutien de Nagasaki, Urasawa se lance en solo avec Yawara ! (sorti cette année aux éditions Kana). Le succès public de cette comédie sportive sous le signe des J.O. (30 millions d’exemplaires !) l’incite à persister dans la voie du manga. Une sage décision, puisque le dessinateur enchaîne les réussites auprès des lecteurs comme des critiques alors qu’il dessine deux séries en parallèle ! Happy ! (éditions Panini) coïncide ainsi avec Monster (éditions Kana) durant les années 90, alors que 20th Century Boys (réédité en version deluxe cette année chez Panini) est publié en parallèle de Pluto (éditions Kana) durant la première décennie du 21e siècle.

Ce rythme acharné finit par user le dessinateur, qui se désarticule l’épaule sur sa planche à dessin (et à force de jouer de la guitare, passion qui ne l’a jamais quitté). Suite à cette blessure en 2006, Urasawa ne travaille désormais que sur une série à a fois : à Pluto (éditions Kana) succède Billy Bat (éditions Pika), puis Mujirushi développé pour le public français aux éditions Futuropolis. En outre, l’artiste abandonne son studio pour promouvoir le manga, art qu’il aime tant, au travers de conférences, d’expositions, de cours ou d’émissions TV (Naoki Urasawa no Manben, où il va à la rencontre de mangakas depuis 2014). Il profite également de ses invitations dans des festivals internationaux pour épancher sa passion pour le rock sixies : les spectateurs de Japan Expo en 2012 ou d’Angoulême en 2018 gardent un souvenir ému de ses interludes musicaux ! Depuis 2018, il rend hommage aux feuilletons matinaux de la chaîne NHK avec un manga reprenant leurs codes, Asadora, que l’on peut découvrir en France aux éditions Kana… tout comme Atchoum !, recueil de nouvelles dévoilant une autre facette de son talent de narrateur. De quoi occuper tout un confinement !

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A propos de l'auteur

Matthieu Pinon
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