
Batman Knightfall : Part 1
Réalisation : Jeff Wamester
Gotham City.
Des gangsters organisent un trafic d’être humains quand tout à coup, plusieurs d’entre eux se font assaillir par un justicier inconnu.
Ce dernier prénomme Azraël. Mais celui-ci ne fait pas dans la dentelle : il mutile, massacre et tue un par un les criminels. Batman arrive mais parvient trop tard à sauver la vie des bandits. Cependant, l’énigmatique justicier ôte son masque, réalise avec horreur ce qu’il vient de faire et se demande ce qui lui arrive ???
Batman réalise alors que l’homme n’était pas maitre de ses actes et consent à lui venir en aide.
Puis nous remontons dans le temps.
Nous nous retrouvons sur l’île de Santa Prisca où se trouve un pénitencier sinistre. Une pauvre femme enceinte purge la peine de son défunt mari qui a commis des crimes et doit hélas payer les pots cassés de son époux.
Elle donne naissance à son fils dans cet environnement sordide.
Il grandira au sein de cette prison lugubre et sa mère le galvanisera afin qu’il devienne plus fort, plus ambitieux et déterminé. Elle le réprimandera même quand il lui donnera un quignon de pain pour qu’elle puisse se sustenter, et lui affirme que “la pitié, c’est pour les faibles”.
Au cours de sa peine de prison, le jeune garçon s’entraînera d’arrache pied, se musclera de plus en plus et deviendra un véritable colosse.
C’est alors que le directeur a l’idée de lui administrer le “Venom” une drogue surpuissante qui octroiera une force prodigieuse à celui qui se fait injecter celle-ci.
C’est ainsi que nait véritablement “Bane” et qui est déterminé à devenir le maitre de Gotham City dès qu’il sortira de prison…
Voici donc le premier long métrage adaptant la célèbre saga Knightfall qui a été traduite en français chez l’éditeur Urban Comics au début des années 2010 et que nous avons vu pu lire Cyril, Feanor et moi (entre autres).
Alors au sujet du film, techniquement il est absolument irréprochable : le character design est magnifique et se rapproche par ailleurs nettement plus du superbe trait du dessinateur Doug Moench que celui plus classique de Jim Aparo qui avait illustré les premiers numéros.


Le character design est en tout cas magnifique et très expressif.
L’animation, confiée au prestigieux studio MIR (La Légende de Korra, My Adventures with Superman, X-Men 97 ) est absolument remarquable et d’une fluidité exemplaire et les décors sont très soignés.
Le début du film qui adapte le récit La revanche de Bane m’a laissé un goût un peu mitigé : si il adapte assez fidèlement le comic book d’origine, la violence est largement plus éprouvante et viscérale, presque insoutenable. Certaines scènes sont d’une brutalité inouïe, plus proches de Hokuto no Ken que de Batman.
Spoiler
On a même une scène d’assez mauvais goût avec un libraire pédophile qui a des gestes explicites et qui voulait clairement coucher avec Bane alors qu’il n’était qu’un enfant : heureusement, le pire n’arrive pas, Bane ayant vu clair dans le jeu de cette ordure et le tue sauvagement après qu’il ait posé sa main sur sa jambe. Ce passage là n’existait pas dans la BD d’origine et on aurait pu s’en passer
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Heureusement, le reste du film est largement plus enthousiasmant.
La caractérisation de Alfred Pennyworth est tout à fait remarquable : il se montre bienveillant, doux et attentionné envers Jean-Paul Valley ce qui rassure beaucoup ce dernier qui espère pouvoir échapper à l’endoctrinement dont il fut victime et pouvoir faire le bien.
Tim Drake alias Robin est lui aussi brillamment écrit : il est intelligent, astucieux, perspicace, malin et se comporte déjà comme un fin limier pour son jeune âge. Il travaille par ailleurs en partenariat avec Jean-Paul Valley et respecte ce dernier, les deux se soutenant et s’encourageant mutuellement. Jean-Paul Valley par ailleurs écoute toujours minutieusement les sages conseils que lui prodiguent Robin.
Batman en revanche se montre assez borné : il se plonge corps et âme dans sa mission et n’écoute hélas jamais Alfred ou le commissaire Gordon lui demandant de se reposer et prendre soin de lui et nous voyons peu à peu le chevalier noir s’affaiblir de plus en plus au fil du récit.
C’est là en tout cas que le stratagème de Bane est habile : il a fait évader les fous de l’asile d’Arkham afin que Batman et la police soient débordés. De cette manière, Bane attendra le moment propice pour attaquer Batman au moment où ce dernier s’y attend le moins.
Même certains de ses ennemis tels que le Chapelier Fou se rendent compte que Batman n’est pas dans son état normal, celui-ci s’étant fait blesser par un de ses “pantins” alors que si il allait bien, il aurait évité sans problèmes le coup de son assaillant.
On voit d’autres super vilains mémorables comme Mister Freeze, l’Epouvantail et le Riddler alias le Sphinx.

Bane est quant à lui, la véritable star du long métrage. Il est extrêmement intelligent, observateur, méthodique, calculateur ainsi qu’un fin stratège. De plus, sa force herculéenne et sa vitesse hors norme en font un combattant redoutable qu’il est difficile d’anticiper. En tout cas sa caractérisation est exemplaire.
Il faut noter cependant que ses acolytes du comic book original sont absents, il agit en solo. Et ce n’est pas plus mal : ses complices étaient assez fades comparés à lui et le fait qu’il ait mené à terme son projet seul le rend encore plus impressionnant.
Les scènes d’action et de combat sont véritablement excellentes et en mettent plein la vue et la tension monte crescendo au fil de l’histoire.
On aura en tout cas rarement vu Batman autant au bout du rouleau, dépassé par les évènements, fragile et en proie aux doutes…
Jean-Paul Valley lui est plein de bonne volonté et espère ne pas se laisser consumer par ses démons intérieurs.
Quant au commissaire Gordon et l’inspecteur Harvey Bullock, ils s’inquiètent sincèrement pour Batman tandis que l’inspectrice Renée Montoya s’en méfie.
J’ai aussi beaucoup aimé la psychanalyste de Bruce Wayne qui éprouve réellement de l’empathie envers son patient et on sent que le milliardaire est touché par la sollicitude de celle-ci.
En bref, j’ai énormément aimé Batman Knightfall Part 1 qui adapte fidèlement la BD originale sans être un copié collé pour autant de celle-ci. Le film est intense et passionnant de bout en bout, les rares défauts du début du film disparaissent vite face à ses nombreuses qualités.
Je vous le recommande 😀 .
Le film est sorti à l’achat hier en digital (c’est comme cela que je l’ai acheté) et il sort aujourd’hui en Blu-Ray chez Warner France.
Fait toutefois étonnant : seule la version originale sous titrée en français est disponible sur Apple TV, ce qui est étonnant, les films d’animation Batman bénéficient généralement toujours de doublages français. Heureusement, la VO est excellente !