Coupe des quatre maisons – Jeu 10 –
Testons votre créativité, votre imagination et vos talents ! Cette semaine ce sera donc le dessin qui sera à l’honneur !
Règles : A partir du conte des frères Grimm « Les trois feuilles du serpent », vous réaliserez l’illustration d’un des moments qui vous a le plus plu ou marqué ou tout simplement celui que vous voulez. Figuratif ou abstrait, c’est vous qui voyez. Vous n’êtes pas obligé de commenter ou justifier votre dessin. Toutes les techniques sont acceptées, vous pouvez même faire votre dessin entièrement sur l’ordinateur, il n’y a pas de soucis. Petite précision : ce n’est pas de la BD, imaginez que vous devez illustrer un vrai livre.
Si vous n’avez pas de scanner, prenez en photo votre œuvre. N’oublier pas d’héberger l’image pour la poster ensuite.
Le jeu se finira vendredi à 23h59, vous voterez ensuite pour votre dessin préféré (évidemment vous ne pouvez pas voter pour le vôtre). Chacun m’enverra un MP ou mettra sous spoiler sa réponse. Je donnerais les résultats une fois tous les bulletins réunis, pour aller bien, dimanche prochain.
En ce qui concerne la répartition des points, le premier aura 6 points, le second 2 points et le troisième 2 points aussi ! Tous à vos crayons, pinceaux, encre, tablette graphique et autres ! Bonne chance !
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Les trois feuilles du serpent
Il était une fois, un homme pauvre qui ne parvenait plus à nourrir son fils unique. Celui-ci lui dit alors : « Mon cher père, vous vivez si misérablement et je suis un fardeau pour vous. Je préfère partir et voir comment je peux gagner mon pain moi-même. » Son père lui donna alors sa bénédiction et, plein de chagrin, il lui dit adieu.
En ce temps là, le roi d’un puissant royaume était en guerre. Le jeune homme entra à son service et le suivit en campagne. Quand il arriva en face de l’ennemi, on livra bataille ; le danger était grand et les balles pleuvaient, faisant tomber à terre ses camarades tout autour de lui. Et quand leur chef tomba, lui aussi, ceux qui restaient voulurent prendre la fuite, mais le jeune homme s’avança et s’écria, pour leur redonner du courage : « Nous ne laisserons pas périr notre patrie ! »
Les autres le suivirent, si bien qu’ils purent faire une percée et battre l’ennemi. Quand le roi apprit que c’est à lui seul qu’il devait la victoire, il l’éleva au-dessus de tous les autres, lui donna de grands trésors et fit de lui le premier homme de son royaume.
Le roi avait une fille qui était très belle, mais qui était aussi très étrange. Elle avait fait le serment de ne prendre pour époux et pour seigneur que celui qui promettrait de se faire enterrer vivant avec elle si elle mourait la première.
« S’il m’aime de tout son cœur, à quoi cela lui servirait-il alors de continuer à vivre ? »
De son côté, elle était prête à en faire autant et à le suivre dans la tombe s’il mourait le premier. Jusqu’à présent, cet étrange serment avait effrayé tous ses prétendants, mais le jeune homme fut si conquis par sa beauté qu’il ne prêta attention à rien et demanda sa main au roi.
– Sais-tu aussi ce que tu dois promettre ? lui demanda celui-ci.
– Je dois la suivre dans la tombe si je lui survis, mais mon amour est si fort que ce danger m’importe peu.
Le roi accepta alors de lui donner sa fille et leur mariage fut célébré dans la magnificence.
Ils vécurent pendant un certain temps dans la joie et le bonheur, puis il se trouva que la jeune reine tomba gravement malade et qu’aucun médecin ne pouvait plus rien pour elle. Et quand elle fut allongée là, morte, le jeune roi se souvint de la promesse qu’il avait du faire et l’idée de devoir se coucher vivant dans le tombeau l’effraya, mais il n’y avait aucune issue : le roi avait fait placer des gardes à toutes les portes du château si bien qu’il lui était impossible d’échapper à son destin.
Quand vint le jour où la dépouille de la reine devait être descendue dans le caveau royal, on fit descendre le jeune homme en même temps qu’elle, puis la porte fut verrouillée et fermée à clé.
Près du cercueil se trouvait une table avec quatre bougies, quatre miches de pain et quatre bouteilles de vin. Quand ces réserves seraient épuisées, il lui faudrait mourir de faim. Il resta assis là, en proie à la douleur et à la tristesse, en mangeant tous les jours qu’une bouchée de pain et ne buvant qu’une gorgée de vin, et il voyait cependant que la mort était de plus en plus proche. Tandis qu’il regardait fixement devant lui, il vit un serpent sortir d’un des coins de la crypte et s’approcher de la dépouille.
Et comme il pensait que le serpent venait pour se nourrir de la défunte, il dégaina son épée en disant : « Tant que je suis vivant, tu ne la toucheras pas. »
Et il coupa le serpent en trois morceaux. Un peu plus tard, un second serpent sortit du coin de la pièce mais, voyant que le premier serpent était mort et coupé en morceaux, il repartit, pour revenir bientôt avec dans sa bouche trois feuilles vertes. Prenant ensuite les trois morceaux du serpent, il les replaça comme il faut et posa une feuille sur chaque plaie. Les fragments qui avaient été séparés se ressoudèrent aussitôt, le serpent se mit à bouger et revint à la vie, puis les deux serpents regagnèrent bien vite leur refuge.
Les feuilles restèrent sur le sol et le malheureux, qui avait observé tout cela, se demanda si le pourvoir merveilleux de ces feuilles, qui avait pu ressusciter le serpent, ne pourrait pas venir en aide de la même façon à un humain. Il ramassa donc les feuilles et en posa une sur la bouche et les deux autres sur les yeux de la défunte. Et à peine eut-il fait cela que le sang se remit à circuler dans ses veines, remonta vers son visages blême et lui rendit ses couleurs. La jeune reine expira alors, ouvrit les yeux et dit :
– Mon dieu, où suis-je ?
– Tu es près de moi, ma femme bien-aimée, lui répondit-il, puis il lui raconta tout ce qui s’était passé et comment il l’avait ramenée à la vie.
Il lui tendit alors un peu de pain et de vin, puis, quand elle eut repris des forces, elle se leva et ils s’approchèrent de la porte et ils frappèrent et crièrent si fort que les gardes l’entendirent et le signalèrent au roi. Celui-ci descendit en personne et ouvrit la porte ; il les trouva tout deux, frais et bien portants, et il se réjouit avec eux de voir qu’à présent, ils avaient surmonté tous les malheurs. Quant aux trois feuilles du serpent, le jeune roi les emporta, puis il les donna à un serviteur en disant : « Conserve-les précieusement, je t’en prie, et garde les toujours sur toi. Qui sait dans quel malheur elles pourront encore nous être utiles ? »
Cependant, depuis que la jeune reine était revenue à la vie, un changement était survenu en elle : c’était comme si tout amour pour son mari avait quitté son cœur. Quand, un peu plus tard, il voulut aller rendre visite à son vieux père, de l’autre côté de la mer, et qu’ils montèrent à bord d’un bateau, elle oublia l’amour et la fidélité immenses dont il avait fait preuve à son égard et par lesquels il l’avait sauvé de la mort, et elle conçut une mauvaise inclination pour le capitaine. Un jour que le jeune roi était allongé, endormi, elle appela le capitaine ; la reine prit le dormeur par la tête, le capitaine dût le prendre par les pieds, et ils le jetèrent ainsi par-dessus bord. Une fois leur méfait accompli, elle lui dit : « A présent, rentrons chez nous ; nous dirons qu’il est mort pendant le voyage. Je saurai bien te louer et tant vanter tes qualités auprès de mon père qu’il me mariera avec toi et qu’il fera de toi l’héritier de sa couronne. » Mais le fidèle serviteur, qui avait tout vu, détacha une chaloupe du bateau sans que personne ne s’en rende compte, et monta dedans pour aller retrouver son maître, laissant les traîtres poursuivre leur chemin. Il repêcha le noyé et, grâce aux trois feuilles du serpent qu’il portait toujours sur lui et qu’il lui posa sur les yeux et la bouche, il parvint à le ramener à la vie.
Ils ramèrent tous deux de toutes leurs forces, jour et nuit, et leur petite barque filait si vite sur les flots qu’ils arrivèrent chez le vieux roi avant l’autre bateau. Celui-ci s’étonna de les voir revenir seuls, et leur demanda ce qu’il leur était arrivé. Lorsqu’il apprit la perfidie de sa fille il dit : « Je n’arrive pas à croire qu’elle ait aussi mal agi, mais la vérité éclatera bientôt au grand jour. » Il ordonna aux deux hommes d’aller se cacher dans une pièce secrète et de ne révéler leur présence à personne. Peu de temps après, le grand bateau arriva et la femme impie se présenta chez son père, l’air affligée.
– Pourquoi rentres-tu seule ? Où est ton mari ? lui demanda le roi.
– Ah mon père, c’est en proie à une grande tristesse que je reviens chez vous, répondit-elle. Mon mari est tombé subitement malade pendant le voyage et il est mort, et si le bon capitaine que voilà ne m’avait pas prêté assistance, j’aurais connu un bien triste sort ; il était là au moment de sa mort et il peut tout vous raconter.
– Je vais ressusciter le mort, dit le roi, en ouvrant la pièce et en ordonnant aux deux hommes d’en sortir.
A la vue de son mari, la femme tomba à genoux, comme frappée par la foudre, et se mit à lui demander grâce. « Il n’y a pas de grâce qui tienne, dit le roi. Il était prêt à mourir avec toi et il t’a rendu la vie, mais toi, tu l’as tué pendant son sommeil et tu auras le salaire que tu as mérité. » Elle dût alors s’embarquer avec son complice dans un bateau percé que l’on fit partir au large, où ils périrent bientôt dans les flots.