Banquiselard
Amour perdu
Une nouvelle année commence…une de plus…et pendant que les élèves sont, pour la plupart, retournés chez eux pour célébrer en famille la promesse d'un renouveau et l'espérance du meilleur que suscite une telle période, je rumine.
C'est aujourd'hui…trente ans depuis ce jour…quelques mois après, je me suis, une fois de plus, réincarné.
– Entrez…Mlle Sinistra, je vous attendais.
– Vous m'avez faite demander, M. le Directeur?
– Cet après-midi, je vais m'absenter. Bien que nous soyons un samedi, je compte sur vous pour me suppléer pendant mon absence, puisque vous êtes la Directrice-adjointe.
– Si ce n'est pas trop indiscret, puis-je savoir où vous partez?
– Désolé, mais c'est personnel. Je sais que même si nous sommes en période de vacance, il nous faut rester prudents et vigilants, au vu des récents évènements, mais c'est une chose importante à mes yeux.
– Encore une fois, n'allez pas penser que je cherche à m'immiscer dans vos affaires personnelles, mais il me semble que vous avez fait la même chose l'année dernière, à la même période…vous comptez aller au même endroit?
-…Est-ce que je peux vous confier les rênes de Banquiselard pour cet après-midi, Mlle Sinistra?
-…Bien sûr M. le Directeur…
– Vous pouvez…disposer…enfin, comme on dit…bonne journée, Alba.
– Bon après-midi, M. le Directeur!
Bon après-midi, bon après-midi…ça dépendra de mon courage…
– Tinùviel! Aujourd'hui, amuse-toi! Tu as toute la journée de libre! Fais ce qu'il te plaît, va dormir, va chasser, va fricotter!…Fais comme d'habitude, en fait…
La voilà qui fonce en piqué vers la volière…peu importe.
Bon, pour transplaner, je dois quitter le château…il me faut aussi des habits de Moldu, si je veux passer inaperçu. Une fois les préparations finies, direction la France.
Nous y voilà. Un village du nord de la France. Des odeurs familières. Avant ma vie actuelle, j'étais un Moldu français. Une vie de repos, de tranquilité, une transition. C'est ici que je l'ai rencontrée pour la première fois, elle habitait dans ce village, j'avais vingt ans, elle dix-neuf. Je suis venu ici l'année dernière, dans ce bar anonyme où l'on avait l'habitude d'aller. J'étais venu ressasser des souvenirs mais jamais je n'aurais cru la revoir…je n'étais pas préparé…je suis resté assis dans un coin à la regarder…elle était toute seule, la tête baissée les trois quarts du temps, devant son verre de gyn qu'elle n'avait même pas entamé. Puis elle est repartie, en balayant son regard sur les quelques personnes présentes dans ce bar, moi y compris. Evidemment, elle ne m'a pas reconnu. Je n'ai rien dit. Elle a aujourd'hui un peu plus de cinquante ans, elle a changé, ses cheveux noir de jais cohabitent certes avec quelques cheveux blancs, mais ils ne font qu'accentuer leur splendeur. Elle est restée la même à mes yeux.
Cette année, si elle est encore là, je lui parlerai. Je ne désire qu'une chose, entendre sa voix une dernière fois. Rien d'autre…un caprice futile…ma complaisance totalement masochiste.
C'est un jour particulier. Cela fait exactement trente ans que le Moldu que j'étais alors est mort, à vingt-deux ans.
Me voici devant le bar anonyme, il est ouvert. J'hésite, je m'assieds sur le perron de l'église et son vieux clocher situés en face. Je suis immobilisé, ce décor me rend nostalgique, nous aurions dû nous marier dans cette église. Elle m'en parlait sur le ton de la plaisanterie, pourtant ses yeux brillaient…Elle adorait entendre sonner les cloches. Nous déjeunions souvent sur les marches de l'église, elle adorait entendre sonner les cloches…Pourquoi suis-je venu ici? Debout vieux débris! Maintenant! J'avance vers ce bar, toujours avec ce sentiment, terrible et chaleureux à la fois, de nostalgie qui m'accroche aux tripes…J'entre…elle est là! Toute seule…non, vraiment, elle n'a pas changé! Je la trouve toujours aussi belle. Un juke-box, une antiquité! Je tente le coup, peut-être que notre chanson s'y trouve toujours…c'est dingue…en trente ans, ce bar a dû changer de propriétaire une bonne demi-douzaine de fois, être ravalé tout autant, mais ce juke-box n'a pas bougé!
Elle est toujours là! Notre chanson! Un classique! My funny Valentine!
Elle prend son temps, mais elle réagit! Je vais m'asseoir au comptoir, à côté d'elle.
-…Jolie chanson, non?
-…
– Excusez-moi, mais j'ai surpris votre regard en venant m'asseoir…
– Oui, c'est une belle chanson…
-…
-…
– Pour tout vous dire -excusez-moi- oui, une bièraubeu…une bière, je veux dire…donc, je vous disais que j'ai choisi ce titre parce qu'il s'agissait d'une chanson que nous…que moi et une amie adorions!
– Votre petite amie?
– C'est ça…enfin…un amour perdu…
-…Elle est…décédée?
– Non, elle va très bien…elle est vivante, en tout cas…
– Ah…une séparation…
– Pas de la façon que vous pensez! En quelque sorte, c'est la vie qui nous a séparés.
– Ce sont des choses qui arrivent…mais bon! Vous êtes encore jeune! Ne désespérez pas!…Mais…je dois vous avouer que c'est aussi une de mes chansons préférées…en fait…c'est aussi pour moi le symbole d'un amour perdu…c'était notre chanson…
-…Je ne sais pas si on peut appeler cela une heureuse coïncidence…quoi qu'il en soit, je lève mon verre, aux amours perdues!
– Ha! Ha! Aux amours perdues!
-…
-…
– Et…sans vouloir paraître indiscret…vous êtes mariée?
– C'est une proposition?
– Ah! non! Je crois bien que c'est une question! Hé! Rassurez-vous! C'est juste histoire de discuter! Oui, je vous trouve très séduisante, mais c'est en tout honneur…
– Ha! Ha! Rattrapez-vous comme vous pouvez!…Oui, je suis mariée, j'ai une fille, qui elle-même sera mère dans quelques mois…
– Evidemment…si la fille ressemble à la mère…pardon, j'arrête!
– Ha! Ha! Arrêtez! Je pourrais être votre mère!
– Vous restez quand même très séduisante…aussi je me demande pourquoi vous êtes ici, toute seule…peut-être attendez-vous quelqu'un?
– Non…je n'attends personne…mon mari et ma fille ne savent même pas que je suis là…je viens ici une fois par an, ressasser de vieux souvenirs…vous n'étiez certainement même pas né!
– Vous savez…je ne suis pas aussi jeune que j'en ai l'air…et vous n'êtes pas aussi vieille que vous semblez le croire.
-…Merci…mais le temps…passe trop vite…les regrets…c'est tout ce qui reste au bout du compte…
-…Et la tristesse…la nostalgie…
-…Et les souvenirs…c'est pour ça que je suis là aujourd'hui…pour le souvenir d'un "amour perdu"…j'étais à peine adulte lorsque je l'ai rencontré…il passait dans ce village…je l'ai abordé, nous avons plaisanté…nous savions en quelques mots que nous étions faits l'un pour l'autre…vous entendez les cloches de l'église sonner? C'est exactement le même son qu'à l'époque…ou peut-être pas…mais être ici, entendre cette chanson…voilà que je nous revois trente ans avant……Pardonnez-moi, je…c'est idiot de pleurer comme ça…
– Pas du tout.
-…Vous savez, ce n'est pas simplement un amour perdu…il est mort dans mes bras…il y a trente ans aujourd'hui…
-…Je comprends…
– Comment le pourriez-vous? Moi-même, j'ai du mal…trente ans ont passé, et regardez-moi…j'ai une belle vie, j'aime mon mari, j'aime notre fille, je n'ai pas à me plaindre! Mais je suis là, presque tous les ans, à broyer du noir…
– C'est un endroit qui compte beaucoup à vos yeux, ce village.
– C'est un endroit où j'ai vécu quelque chose de fort, et quelque chose de complétement insensé. Aujourd'hui encore je n'arrive pas à m'expliquer ce qui lui est arrivé!
Toute la journée, il a été bizarre, je sentais que quelque chose n'allait pas. Il voulait qu'on quitte la région pendant un certain temps. Nous nous étions donné rendez-vous dans ce bar le soir. Lorsqu'il est entré, il semblait terrifié, pourchassé. Il m'a attrapée par le bras, nous sommes sortis en courant. Au détour d'une rue peu éclairée, nous les avons rencontrés…
-…
– Ils étaient trois, peut-être quatre. Ils restaient dans la pénombre, je n'arrivais pas à les distinguer. Nicolas m'a poussée dans un coin et m'a ordonné d'y rester cachée. C'est à ce moment précis qu'ils se sont précipités sur lui en criant dans une langue que je n'avais jamais entendue…j'étais pétrifiée! Je les voyais s'acharner sur lui avec une telle violence! Je…je n'arrivais pas à bouger le moindre muscle! Ces cris horribles!…
-…Vous…Ne vous sentez pas obligée de me racon…
– Et ces bruits! Comme s'ils étaient en train de…le dévorer…j'entends toujours ces bruits dans mes cauchemars…vous devez me prendre pour une folle!
– Pas du tout…
– J'ai gardé ça en moi depuis trop longtemps…pardonnez-moi, mais il faut que ça sorte!
– Ne croyez pas que je porte un quelconque jugement sur vous…continuez, si vous le souhaitez…
– Merci…Ils auraient continué leur horrible…méfait, si cet étrange vieillard n'était pas intervenu. Il est apparu si soudainement, on aurait cru qu'il venait de nulle part, comme s'il s'était…téléporté…croyez-moi, je n'arrive pas à croire moi-même ce que je vous dis. Il parlait dans une langue étrange lui aussi, mais son langage était doux, chaleureux, alors qu'il parlait bien plus fort que ces…monstres. Et soudain, il y a eu comme un éclair, les "autres" ont dû fuir après avoir hurlé de douleur, parce que je ne les ai plus revus. Il ne restait plus que mon Nicolas, couvert de sang, respirant à peine…je l'ai pris dans mes bras…et il est mort……Le vieil homme parlait tout bas, toujours dans un langage inconnu…puis il s'est approché de moi, il a posé sa main sur mon épaule, et m'a dit en français qu'il s'excusait de n'avoir pu arriver à temps. Que tout était de sa faute…puis il est parti…J'ai repris mes esprits, j'ai crié à l'aide, les gendarmes, les secours sont arrivés, mais…il était trop tard…je n'ai même pas su quoi dire, ils ont tous cru qu'il avait été attaqué par des chiens enragés..j'ai honte de moi…je n'ai pas pu décrire ses agresseurs…en fait, je ne voulais pas me souvenir de cette nuit! Le lendemain, j'ai fui le village, je n'ai même pas assisté à ses funérailles! Je l'ai abandonné…voilà l'histoire…
– C'est une histoire triste…
– Croyez-le ou non…tout est vrai…Je vis avec cette honte depuis trente ans…mais pourquoi vous en ai-je parlé?
-…Nous sommes des inconnus l'un pour l'autre…ceci ne vous engage à rien…et vous permet d'éviter d'être jugée…et puis ce n'est pas bon de garder ce genre de chose en soi…c'est un poids en moins…
– Peut-être…même mon mari et ma fille ne savent rien de cette histoire. Vous avez peut-être raison, mais je ne sais pas…en vous regardant…vous me rappelez quelqu'un…surtout votre regard…comment vous appelez-vous?
– Fëanor…Fëanor Curufinwë.
– Ce n'est pas un nom très commun! Vous êtes…suédois?
– Irlandais!
– C'est un nom courant en Irlande?
– Non!
– Ha! Ha! Vous vivez en France? Vous parlez très bien le français!
– Merci! Non, je vis en Irlande, enfin, plus souvent en Ecosse. Mais j'ai eu le temps d'apprendre le français, dans une autre vie!
– Et vous faites quoi dans la vie? Si ce n'est pas indiscret?
– Je suis directeur de…d'une école, en Ecosse.
– Et qu'est-ce qui vous amène ici, en France?
– Comme vous, je viens me souvenir…d'un amour perdu.
– Une française?
– On n'peut rien vous cacher!
– Et, pardonnez mon indiscrétion, mais je crois que vous me devez bien ça, après m'avoir délibérément saoulée pour me forcer à parler!
– Agressive, hein!
– Vous n'imaginez pas à quel point! Donc, pardonnez mon indiscrétion, mais comment s'appelait-elle?
-…Hélène…
– Ha! Ha! Alors ça c'est amusant! Figurez-vous que je m'appelle moi aussi Hélène!
– C'est vrai? Voilà une étonnante coïncidence!
– Et…comment était-elle? Aussi folle et aussi belle que moi? Ha! Ha!
-…Niveau beauté, vous n'avez rien à lui envier! Pour la folie, disons plutôt qu'elle était…passionnée…
– Par vos beaux yeux, j'espère!
– Hé! Hé! Elle ne faisait pas les choses à moitié. Quand elle me regardait, je me sentais totalement désarmé…je ne vivais alors que pour elle…Quand ça n'allait pas, quand je me laissais aller à la dérive, son grand sourire me ramenait sur les rails…Elle avait une façon de rire unique…d'une certaine manière, elle était mon Patronus…
-…Votre..?
– Un terme…irlandais…intraduisible…je veux dire en gros qu'elle était la source de mon bonheur absolu…On peut vivre une vie entière sans jamais connaître cet amour…j'ai eu de la chance…
– J'imagine que ce n'est pas vous qui avez voulu cette séparation?
– Elle non plus…notre amour, notre bonheur…on nous l'a arraché…Je bois à sa santé…à son bonheur…et au vôtre!
-…Ne soyez pas triste, Fëanor! Croyez-moi, le bonheur vient toujours à ceux qui le méritent!
– Pas toujours, Hélène…Enfin! Ne vous en faites pas! Ce sourire que vous me donnez vaut mieux que n'importe quel alcool!
– Charmeur…continuez comme ça et vous aurez une autre Hélène sur les bras! Je plaisante, hein!
– Hélène…le plus joli prénom au monde! Je bois à la santé de toutes les Hélène, où qu'elles soient!
– Et moi à tous les Fëanor! Ah bah non! Vous êtes le seul! Ha! Ha!
-…Ne vous reprochez pas la mort de votre ami, Hélène…ne vous reprochez pas de l'avoir abandonné…ce n'est pas le cas…il est mort dans vos bras…dans les bras de celle qu'il aime…rien n'avait plus d'importance que ça…le reste, c'est futile. Il voulait certainement vous protéger, et il a réussi, vous êtes toujours en vie!
– Vraiment? Vous le pensez vraiment? Mais je n'arrive pourtant pas à être soulagée…il est mort…
– Et pourtant, trente ans après, vous pensez encore à lui…vous ne l'avez pas abandonné…il vit encore…ici…
-…
– Les larmes ne sont pas un mal, vous avez du coeur, vous êtes quelqu'un de bien! Profitez de votre bonheur actuel, ne culpabilisez pas, ne vous sentez pas coupable d'être heureuse! Gardez le souvenir de votre ancien amour, c'est ainsi que vous lui rendrez hommage!
-…Je…vous êtes vous aussi quelqu'un de bien, Fëanor…On ne se connaît même pas, et vous réconfortez une vieille aigrie comme moi…je ne sais pas si je le mérite…
– Personne ne mérite de tels malheurs, Hélène…l'affliction ne touche que les gens biens. Les pourritures responsables du malheur de gens comme vous ne sont pas capables de comprendre ce genre de sentiment. Elles sont dénuées d'âme. Ce sont elles qui mériteraient de subir de tels tourments…
-…Ces monstres…vous pensez que c'était…de "vrais" monstres? Et ce vieillard…
-…Je pense qu'il y a dans ce monde beaucoup de choses qui restent…inexpliquées…
– Jolie esquive! Ha! Dites-le plus simplement, que vous ne savez pas, monsieur grandes phrases! Ha! Ha!
– Ah oui, alors, sous prétexte que madâââme est légèrement "pompette", elle se permet de juger!
– Parce que vous savez, peut-être?
-…Non! Mais je "pourrais" savoir! Et le mystère, alors, vous en faites quoi? Il faut toujours laisser une part d'inconnu, de rêve, lors d'une première rencontre…on sait jamais, peut-être qu'on ne se reverra plus!
– Ce serait dommage! Je vous trouve très sympathique!
– Mais moi aussi, figurez-vous, je me trouve très sympathique!
– Pff! Ha! Ha! Idiot!
– Oooh…Quel joli sourire vous avez!…Ouhlà! Regardez l'heure! Je vais devoir vous laisser! Plus de soucis, j'espère?
– Non…merci Fëanor! ça m'a fait un bien fou de discuter! Vraiment!
– Tant mieux! Je suis content pour vous…je suis heureux de vous voir en forme…A une prochaine fois, peut-être! Portez-vous bien! Soyez heureuse avec votre famille, vous le méritez!…Je suis sûr que Nicolas Dexter serait heureux de vous savoir si bien entourée…
– Merci…Mais! Comment connaissez-vous son n…Fëanor? Fëanor…
Si je reste plus longtemps, je risque de tout lui dire…ce n'est pas le but…
Le cimetière est derrière l'église…ma tombe est-elle toujours là?……Elle est là…mes anciens parents viennent toujours l'entretenir semble-t-il…drôle de sensation, se retrouver devant sa propre pierre tombale…je ne m'y ferai jamais…"Nicolas Dexter…Né le 5 décembre 1958…mort…le 1er janvier 1981"…enfoirés…
– ENFOIRES!! Je vous maudis, vous et votre sale engeance…pourritures..pourrit…
De retour à Banquiselard…Je suis resté trois heures devant cette tombe…
Au moins, elle est heureuse…quel soulagement…
– Tu es sûr que cela te suffit?
– Lâche-moi! Je t'ai déjà interdit de me parler…
– Arrête ton cinéma, tu veux? Nous sommes une seule et même personne! Arrête de te faire croire que tu es un chevalier blanc aux nobles pensées! Je suis en toi depuis ta toute première vie! Depuis ton premier meurtre!
– Ferme-la!
– Seulement quand tu le voudras vraiment!
-…
– Tu ne crois pas qu'il est temps de retrouver nos assassins? Tu ne crois pas qu'il est temps de nous venger? Temps de faire payer ceux qui nous ont retiré ce bonheur? Qui nous ont volé une vie humaine si tranquille et si heureuse?
-…
"With the first link, the chain is forged. The first speech censured, the first thought forbidden, the first freedom denied, chains us all irrevocably." -Jean-Luc Picard
Star Trek - The Next Generation / The Drumhead